Méditerranée, Proche Orient et monde :
les jeux des réseaux invisibles

Adalberto Vallega

Président, Union Géographique Internationale
avec la collaboration de Mauro Spotorno
Université de Gênes, Italie

. Article complet
Réseaux invisibles
  • réseaux des connaissances scientifiques
  • visions du monde et de la transcendance
  • valeurs de l'existence humaine

Ces réseaux se sont consolidés dans le cours du temps et sous-tendent des réseaux visibles : transports, communication, échanges.

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La territorialisation de la Planète s'est développée le long d'un chemin tres articulé de création de réseaux. Si l'on accepte l'idée selon laquelle la territorialisation consiste en un processus d'occupation progressive de la surface de la Planète et de complication de plus en plus intensive et compliquée, et que ce processus avance à travers les phases de la symbolisation, de la réification et de la structuration, nous pouvons déduire que la mise en place de réseaux se concrétise dans la deuxième phase, celle de la réification, et elle produit deux filières de conséquences. Une filière se projette en avant parce que la mise en place de réseaux influence la structuration tandis qu'une filière se projette à l'arrière parce que les réseaux donnent de l'impulsion à la symbolisation des lieux et des espaces.

 
L'histoire des civilisations a été marquée par le développement de réseaux dans un cadre triadique. Ils se sont développés dans le cadre technologique, surtout après la Révolution Industrielle, dans le cadre spatial parce qu'ils ont ouvert des espaces de plus en plus vastes, surtout dès grandes découvertes géographiques et, enfin, dans le cadre fonctionnel, parce qu'ils ont été les vecteurs pas seulement de la circulation matérielle mais aussi de la circulation des informations et des idées.

Dans le dernier cadre on pourrait esquisser une hiérarchie de réseaux dont la base est occupée par les informations qui n'ont pas de l'influence dans la sphère intellectuelle et spirituelle et, au contraire, au sommet l'on trouve la circulation la plus noble, celle qui est concernée avec le développement et le progrès des communautés humaines.

Les réseaux qui participent à la construction de la connaissance scientifique, à la diffusion de la connaissance induite par les religions, aussi jusqu'à la dissémination des émotions et des valeurs des représentations de l'art, forment une structure ternaire à travers laquelle l'esprit et le potentiel intellectuel des communautés humaines a évolué. Dans les pages qui suivent l'attention va se concentrer sur cette structure.

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Un espace cœur du monde

Il y a un espace dans lequel, dès le néolithique, on a assisté à la naissance et au développement des réseaux invisibles qui ont nourrit la modernité, et qui sont à la base de la globalisation, qui en est la manifestation aujourd'hui la plus avancée.

Le sujet sera approché à l'échelle régionale en concentrant l'attention sur l'espace qui, dès temps où la civilisation néolithique —il y a environ cinq millénaires —a accueilli ses manifestations les plus hautes, notamment la création de la ville, des systèmes d'écriture et des visions monothéistes de la transcendance, en traçant un parcours de progressive développement intellectuel, qui a eu sa dernière étape dans la modernité. Il s'agit d'un parcours nous tracé le long d'une séquence de civilisations — néolithique, classique, chrétienne, moderne — dans lesquels les effets des réseaux se sont cumulés d'une façon progressive jusqu'à aboutir aux réseaux globaux des temps contemporains.

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Une espace inter-continental

Cette espace s'étend de Gibraltar au bassin du Tigre et de l'Euphrate entre Europe, Afrique et Asie. Il englobe :
      1. les régions riveraines
      2. des vastes régions à l'intérieur (Nil, Mésopotamie) jusqu'au Croissant Fertile
      3. les archipels et les îles

Cet espace s'étend de Gibraltar jusqu'au bassin du Tigre et de l'Euphrate, c'est-à-dire entre Europe, Afrique et Asie. Il englobe trois milieux : le milieu côtier, dans lequel il y a eu le développement de communautés qui ont contribué d'une façon essentielle aux relations entre cultures et entre civilisations ; le milieu de l'intérieur , qui a accueilli les cultures et les civilisations de la région qui du Nil et du Croissant Fertile s'étend jusqu'aux vastes espaces de la Perse ; enfin l'univers des iles méditerranéennes qui n'ont pas seulement fécondé et nourri les cultures mais il a été aussi le point d'appui pour les relations entre cultures.

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Réseaux multi- dimensionnels


Les réseaux invisibles qui connotent cet espace et qui sont à la base des réseaux globaux d'aujourd'hui, sont concernés avec :

  • les systèmes d'écriture

  • les valeurs des religions

  • les connotations symboliques des villes

  • les systèmes philosophiques

  • les systèmes de numération

  • les représentations du monde produites par les cultures

Dans cette espace une multitude de réseaux invisibles est surgie et a parcouru deux chemins parallèles, celui de la diffusion spatiale et celui de l'enrichissement des contenus. Cette multitude est concernée avec les systèmes d'écriture, les valeurs des religions, les connotations symboliques des villes, les systèmes philosophiques, les systèmes de numération,et enfin les représentations du monde produites par les cultures. En considérant ces chemins on comprend les termes avec lesquels la Méditerranée, avec le Croissant Fertile, va jouer un rôle central et crucial pas seulement pur le futur du monde mai aussi pour les piliers intellectuels et spirituels sur lesquelles processus sociaux et géopolitiques s'appuient.

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Systèmes d'écriture et religion

La première étape pour bâtir des réseaux culturels et, après, des réseaux de relations matérielles, voire commerciales, a été concernée avec les systèmes d'écriture. Ces systèmes, nés entre la Méditerranée et le Croissant Fertile, ont été profondément enracinés dans les représentations artistiques nourries par les religions.
 
La première étape pour mettre en place de la communication structurée soit sur de flux matériels, soir sur des imaginations et des idées, a été remise aux systèmes d'écriture, dont l'origine peut être placée il y a trois millénaires. Ces systèmes ont été les outils basilaires pour développer de la communication et de l'interaction entre cultures soit dans le cadre de la culture matérielle à travers le commerce, soit surtout dans le cadre de la culture pas matérielle. Les informations, les mythes, les narrations, et les réflexions philosophiques qui ont circulé dans l'espace compris entre la Méditerranée proprement dite et le Croissant Fertile peuvent être considérés comme la source qui a nourri la filière des civilisations qui se sont développées jusqu'à la civilisation occidentale d'aujourd'hui.

Si l'on considère qu'à l'origine les systèmes d'écriture ont été structurés et supportés par des inputs qui venaient da la religion et, plus largement, par des discours sur base mythologique, on peut comprendre combien la capacité d'atteindre à l'abstraction, qui est une prérogative fondamentale de la modernité, possède une base essentiellement spirituelle dès laquelle les systèmes d'écriture on eu leur décollage.

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De gauche à droite, et vice-versa

Aujourd'hui la plus grande partie du monde est caractérisée par l'emploie de systèmes d'écriture
  • de gauche à droite

et

  • de droite à gauche.


Ces systèmes sont nés dans l'espace méditerranéen :

  • pendant le néolithique urbain, il y a cinq millénaires, le système de gauche à droite

  • pendant le quatrième siècle de l'ère chrétienne, le système de droite à gauche.

La plus grande partie du monde contemporain utilise ces systèmes d'écriture, essentiellement le système classique, latin et grec, qui a été marqué par d'écriture de gauche à droite, et le système islamique, qui est marqué d'écriture de droite à gauche.

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Grèce et Rome

Les systèmes d'écriture grec et latin, enracinés dans le système phénicien, sont devenus la base de la civilisation occidentale.
 
Les systèmes de gauche à droite qui réfléchissent les deux bases, grecque et latine, ont joué leur rôle fondamental dans le développement de la communication, voire au niveau populaire voire au niveau de la réflexion philosophique et du développement scientifique.

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Le grec vers l'est

Le système d'écriture grec s'est répandu en direction de la péninsule balkanique et de la région russe

En particulier, le système grec s'est diffusé surtout en direction de la péninsule balkanique et de la région russe et, en même temps, a influencé la communication élitaire à l'échelle globale, à tel point que la plus part des termes qui sont aujourd'hui employés dans les sciences et dans la technologie utilisent cette base. En plus, quand de nouveaux termes doivent être créés on cherche souvent de se nourrir à la source grecque.


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Le latin rayonnant dans le monde


Le système d'écriture latin s'est répandu dans plusieurs parties du monde, de l'Europe occidentale à toute l'Amérique et, en plus, des régions africaines, dans le Sud-est de l'Asie, dans l'Australie et l'Océanie.

À; son tour, le système latin d'écriture, qui a ressenti beaucoup de l'influence grecque, a eu une diffusion bien plus large à tel point qu'aujourd'hui on trouve ses empreintes dans l'Europe occidentale, dans tout l'espace américain, dans une partie de l'Afrique et du Sud-Est de l'Asie, dans l'Australie et l'Océanie. En plus, ce système d'écriture est l'instrument de communication inter-culturelle utilisée par l'Église catholique et il empreinte toute communication sur base électronique de sorte qu'il supporte toute système de communication globale.

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L'arabe en expansion


Les systèmes d'écriture de gauche à droite appartient à la civilisation judaïque et islamique. Le système israélien est bien ancien et son usage est concentré en dans l'état d'Israel et, en outre, dans les nombreuses communautés judaïque s disséminées dans le monde.

Le système arabe s'est répandu dans une bande qui du Maghreb se tourne vers le Proche Orient, les régions méridionales et sud-orientales de l'Asie et dans le Pacifique occidentale, de sorte à souligner l'ampleur du processus de diffusion combiné de la religion et des systèmes culturels enracinés dans le Coran.

 
Les systèmes d'écriture de gauche à droite appartient aux civilisations judaïque et islamique.

Le système israélien est bien ancien et son usage est concentré dans l'état d'Israel et, en outre, dans les nombreuses communautés judaïques disséminées dans le monde.

Malgré que son origine date au quatrième siècle de l'ère chrétienne, c'est-à-dire bien plus tard par rapport à la naissance des systèmes d'écriture de gauche à droite, le système arabe d'écriture, qui est à la base de la civilisation islamique, s'est répandu dans une bande qui du Maghreb se tourne vers le Proche Orient, vers les régions méridionales et sud-orientales de l'Asie et dans le Pacifique occidentale, de sorte à souligner la vastitude du processus de diffusion combiné de la religion et des cultures régionales.

Les deux systèmes d'écriture de gauche à droite ont été marqués par une évolution bien différente par rapport aux systèmes classiques, grec et latin, et ils n'ont pas exercé une influence comparable à celle du système latin dans le monde d'aujourd'hui. Malgré tout, leur rôle est remarquable.

L'importance du système d'écriture judaïque est due au fait que, à cause des diasporas desquelles les communautés judaïques ont souffert, à l'époque contemporaine il est utilisé, du moins comme un instrument secondaire par rapports à des langues nationales, dans nombreuses parties du monde.

L'importance du système d'écriture arabe est bien plus large parce qu'il joue un rôle primaire dans une vaste partie du monde musulman qui regroupe à peu pres un sixième da la population mondiale.


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La transcendance dans les signes des lieux
Dans la Méditerranée et le bassin du Tigre et de l'Euphrate l'idée de la primauté de la transcendance dans la construction de nos visions et imaginations du monde a influencé les signes imprimés dans l'espace, en particulier dans les espaces urbains.

Ces signes sont caractérisés surtout par l'élan vers l'haut des bâtiments et des monuments, qui témoignent le désir de se rapporter à une réalité supérieure, spirituelle, de laquelle nos conditions existentielles dépendent.

Les formes les plus avancées de connaissance mythologique dans le monde sont surgie dans la Méditerranée et le bassin du Tigre et de l'Euphrate . La spéculation sur les conditions spirituelles de l'homme et sur le rôle de son existence ont conduit ici à construire les premières représentations de la transcendance sur une base monothéiste.

L'idée du rapport entre existence et transcendance a été aussi forte et pénétrante que ses signes ont été diffusément imprimés sur les lieux. L'élan vers l'haut et l'imagination du rôle de la vie dans la perspective de l'après mort se sont traduit dans des formes des bâtiments, des temples, des tombes et des églises de sorte à créer des symphonies de spiritualité et de poésie qui se sont matérialisées dans l'espace, surtout dans l'espace urbain.


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La vie après la mort

Les cultures de la région «Méditerranée—Croissant Fertile» ont accroché l'idée de la vie après la mort: une idée intensivement caractérisée par des représentations à la fois poétiques et spéculatives, et par des signes imprimés sur l'espace.

À; nos temps ce signes sont considérés des manifestations les plus fascinantes et les plus hautes de ce que l'esprit humain peut construire.

Dans ce cadre l'idée de la vie après la mort a profondément marqué les signes des lieux. L'imagination d'une existence après mort, qui a été nourrie dans les civilisations les plus anciennes, a été supportée par la conception cyclique du temps tandis que la conception chrétienne a été supportée par une vision linéaire du temps. Tous les deux visions du temps nous ont transmis un des patrimoines les plus riches de culture matérielle, constitué surtout par des styles de l'architecture, et des patrimoines pas matériels, constitués par la poésie, la littérature, la musique.


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Trois religions, une seule source

La région qui s'étend de la Méditerranée au Croissant Fertile a été la couche des trois religions monothéistes Judaïsme, Christianisme et Islam. Ces religions ont eu la même origine, enracinée dans l'existence et les expériences spirituelles d'Abraham, il y a quatre millénaires.
C'est dans ce cadre de profonde spiritualité que la Méditerranée et le Croissant Fertile ont acquis le rôle de couche pour les trois monothéismes qui ont caractérisé la démarche spirituelle de l'humanité. Leurs rôles sont autant plus significatifs si l'on considère qu'ils ont la même source dans le prophète Abraham, c'est-à-dire dans celui qui, il y a quatre millénaires, a construit les piliers de la conception de la transcendance sur base monothéiste .


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Itinéraires géographiques croisés


L'itinéraire qu'Abraham a parcouru dans sa vie englobe une grande partie des itinéraires qui ont été parcourus par Jésus Christ, Paul de Tarse et Muhammad. Il peut être considéré l'accueil géographique de la conception monothéiste.
Les itinéraires qui ont été parcourus dès Abraham tracent les limites géographiques d'un espace dans lequel la plus grand partie des itinéraires et des pèlerinages de Jésus Christ, Paul de Tarse et Muhammad a eu lieu. Par conséquent, l'espace de vie d'Abraham pourrait être considéré le partie spirituelle la plus noble de la Méditerranée et du Croissant Fertile, l'espace religieux le plus riche pour les expériences spirituelles de l'humanité.

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Itinéraires réels et métaphores

De leurs cotés, les voyages de Jésus Christ vers Jérusalem peuvent constituer la métaphore géographique de la coexistence et l'interaction des trois religions. Ils délimitent un noyau géographique qui en même temps accueille les conflits actuels et l'espoir de paix et de réconciliation, dans l'esprit authentique de la conception monothéiste.
Les voyages que ont conduit Jésus Christ vers Jérusalem pendant la phase la plus dramatique et plus riche en magistère spirituel de sa vie tracent à leur tour une sorte de noyau géographique à l'intérieur de l'espace de vie qui a marqué les déplacements d'Abraham.

Ce noyau a acquis une valeur symbolique extraordinaire parce qu'il exprime en même temps une sorte de conflit profond et de potentielle collaboration entre religions. Il s'agit donc d'une espace ambiguë, qui pourrait être rapprochée au visage de Janus, tourné dans des directions contraires, qui se proposent à l'humanité comme deux dimensions alternatives. Lorsque Jésus Christ a tracé cet espace avec ses voyages deux options basilaires pour le rôle des religions dans la construction de valeurs et imaginations universels sont donc surgie —c'est-à-dire conflit et collaboration — dans lesquelles le rôle et le destin de l'homme a été encadré. Dans le même espace ces choix alternatives sont surgie de nouveau à l'heure actuelle dans le cadre des rapports entre Israel et monde arabe et elles sont maintenant un terrain très fertile d'implications pour le futur du monde.


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Itinéraires alternatifs

De leur coté, les itinéraires de Muhammad tracent la couche géographique dans la quelle l'Islam s'est développé ils éclairent les places dans lesquelles la conception monothéiste alternative à celle du Christianisme s'est concrétisée.

Tandis que les itinéraires de Jésus Christ se sont déroulés dans la partie occidentale, méditerranéenne, de l'espace tracé par Abraham, les itinéraires de Muhammad se sont déroulés dans la partie orientale. Ce partage géographique réfléchit deux meta-narrations de la transcendance qui ont une même source dans Abraham et des autres prophètes mais qu'ils différent profondément en tant qu'imagination du rôle de l'existence humaine vis-à-vis des dimensions spirituelles supérieures.

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Le cœur des représentations de l'invisible

Si les itinéraires d'Abraham, de Jésus Christ et de Muhammad sont mis en relation avec la carte des lieux de naissance des grands prophètes, nous pouvons avoir une idée du cœur géographique dans lequel les conceptions de la transcendance les plus avancées et les plus influentes sur le monde ont eu leur naissance.
 
Mais la géographie de la spiritualité de la Méditerranée et du Croissant Fertile ne peut pas être encadrée dans une vision de déterminisme géographique. Les signes qui ont été imprimés dans cet espace par les trois religions sont ambigus : en même temps, il nous conduisent à l'idée de constructions spirituelles en conflit et à l'idée de racines communes. Si l'on considère les lieux de naissance des grand prophètes — les prophètes qui ont été reconnus par les trois religions — on délimite l'espace des valeurs communs et des perspectives de coexistence et de coopération.

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Trois triangles

En conclusion, le noyau géographique de la construction du monothéisme peut être représenté par trois triangles :
  1. le triangle du Judaïsme, entre Gebel Musa, Jérusalem et Bethléem

  2. le triangle du Christianisme, entre Bethléem, Jérusalem et Cafarne

  3. le triangle de l'Islam, entre La Mecque, Médina et Jérusalem

En conclusion, la géographie des signes imprimés par les religions monothéistes dans cette grande région de spiritualité du monde — qui est la Méditerranée et le Croissant Fertile — nous conduisent à identifier trois triangles :
 
  • le triangle du judaïsme, dont les sommets sont placés respectivement sur Gebel Musa, Mont Sinaï, ou l'alliance entre Dieu et les Juifs a été consacrée par les Table de la Loi, sur Jérusalem où le Mont Moria surgit à témoigner l'épisode du sacrifice d'Isaac et où l'arque de l'alliance a été installée, et enfin sur Bethlen où le prophète David a eu sa naissance ;

  • le triangle du christianisme, dont les sommets sont placés respectivement à Bethléem, où Jésus Christ a eu sa naissance, à Jérusalem, où le Saint Sépulcre témoigne son sacrifice pour le genre humain, et enfin à Cafarne, où le Discours des béatitudes a été prononcé ;

  • le triangle de l'Islam, dont les sommets sont placés respectivement à La Mecque, où Muhammad a eu sa révélation et où la Ka'ba a été installée, à Médina, où Muhammad a formulée les préceptes de l'Islam et la première mosquée a été construite, et enfin à Jérusalem, où le point de destination finale de la prière des musulmans et où Muhammad s'éleva au ciel.

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Diffusion, diasporas, holocauste

De ces centres les religions se sont diffusées dans le monde. Le Judaïsme a été marqué par le processus de diffusion le plus dramatique à cause des diasporas qui se sont dégagées dès les premiers siècles de l'ère chrétienne jusqu'à l'holocauste du XXème siècle.

L'espace de la Méditerranée et du Croissant Fertile peut être considéré comme le noyau des tels processus de diffusion qui n'ont pas eu des précédents dans l'histoire humaine.

 
Le premier processus de diffusion, dont les communautés judaïques ont été les protagonistes, a été marqué par une séquence de diasporas qui se sont déroulées dans les siècles, jusqu'à l'holocauste provoqué par le nazisme et les fascismes du vingtième siècle .

Il a été un processus spatial marqué par une grande tension dramatique et qui, dans ses manifestations les plus récentes, surtout dans le XXème siècle, a conduit pas seulement la culture judaïque à jouer un rôle central dans la civilisation occidentale, mais il a aussi encouragé tout le monde à réfléchir de plus en plus sur le rôle des religions dans la perspective de construire une civilisation universelle.

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Réseaux globalisants

Le Christianisme a eu son début avec la création du premier, véritable grand réseau régional d'idéologies et de narrations du monde. Ce réseau a été mis en place par Paul de Tarse et a été initialement marqué par les églises distribuées tout autour le bassin de la Méditerranée.
Tandis que le mot clé des processus de diffusion du judaïsme a été «dispersion», le mot clé de la diffusion du christianisme a été «réseaux». Dès leur début, les communautés chrétiennes ont partagé la tendance à réaliser des réseaux et elles ont mis en place des chaînes de solidarité. Le réseau des églises qui a été créé par Paul de Tarse peut être considéré comme un signe caractéristique de la civilisation chrétienne et qui a eu un rôle sans précédent dans la circulation de valeurs et d'imaginations qui, à l'heure actuelle, nourrissent la civilisation occidentale.

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Base de départ : Méditerranée

Un exemple de réseau à l'échelle régionale concerné avec la construction et la diffusion des idées, des valeurs, et des visions du monde et de l'après mort a été constitué par la création de nombreuses églises chrétiennes dans la Méditerranée et dans le Proche-Orient pendant les premières siècles.
 
En effet, le réseau initial des églises chrétiennes, qui dans la Méditerranée a eu un caractère strictement régional, a été suivi par la création d'un réseau meso-régional de circulation des idées et des valeurs, des croyances et des visions du rôle de l'existence humaine et de l'après mort. Ce réseau méso régional s'est étendu de Gibraltar jusqu'au Croissant Fertile et il a été marqué par le partage de visions et d'imaginations qui, malgré les conflits et des évènements qui semblaient jouer un rôle d'opposition et de frustration, se sont diffusés dans le monde à travers les siècles. Si nous employons le langage que Fernand Braudel a adopté au sujet de processus économiques et politiques, nous pourrions dire que cette meso-région a joué un véritable rôle de «culture-monde».

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Missions, églises, colonisation


Le premier réseau à l'échelle globale pour la circulation des valeurs et des visions de la religion. peut être identifié dans le réseau des missions et des églises catholiques qui à l'époque des grandes explorations géographiques ont été installées dans l'Amérique latine, l'Asie, le Pacifique et l'Afrique à la suite des navigateurs et des colonisateurs.
 
La deuxième étape du processus de diffusion du christianisme a eu sa matérialisation à l'age des grandes explorations géographiques et de la colonisation. La diffusion des missions, soit protestantes soit surtout catholiques, dans l'Amérique centrale et méridionale, dans des vastes régions de l'Asie et dans le Pacifique, a consisté pas seulement dans par des croyances concernées avec la religion, mais aussi par les systèmes d'écriture, les langues, les systèmes juridiques et les principes de territorialisation qui etaient surgi dans la région de la Méditerranée et du Croissant Fertile. Par conséquent, un processus de globalisation — le premier dans l'histoire — a matérialisé et, à mesure que les routes océaniques venaient se tracer et les missionnaires, malheureusement souvent à la suite des militaires, se dispersaient dans le monde.

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Valeurs, humanisme et violence

L'histoire nous montre qu'il n'y a pas de réseaux diffuseurs des valeurs, des connaissance et des idées sans des conséquences géopolitiques, y comprises des conséquences violentes. C'est le cas du processus de colonisation, qui a été développé en parallèle avec la diffusion du Christianisme, surtout avec celui des missions.
 
Un double processus de globalisation s'est déroulé. D'un coté, une globalisation de cultures pas matérielles, comme celle enracinée dans la langue et dans les croyances religieuses, qui dans peu de siècles aurait eu un rôle crucial pour la diffusion de la modernité. De l'autre coté, une globalisation des circuits de violence et d'intolérance dans lesquels l'esclavage a eu la place la plus dramatique. Ce paradoxe, par lequel la globalisation de la doctrine chrétienne — qui a été fondée sur le Discours des béatitudes — a été associée à la globalisation de la violence, constitue un des paradoxes les plus affreux et dramatiques de la transition vers la modernité.

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Réseaux visibles et réseaux invisibles


Le résultat final de l'expansion de deux religions aujourd'hui progressives, Christianisme et Islam, et d'une religion assujettie aux persécutions et aux diasporas, le Judaïsme, peut être mis en évidence par la carte des religions.

Cette carte pas seulement nous montre la distribution et la concentration des fidèles, mais elle porte aussi à réfléchir sur la diffusion de valeurs, de visions du monde, de croyances dans le future de l'humanité et nous fait construire des imaginations de réalités après la mort.

Lorsque l'Islam a eu son début, un autre processus de diffusion a commencé. Aussi dans ce cas, la diffusion a été marquée par des phases très différentes, enracinées à la fois sur des bases pacifiques et sur des bases de conflits violentes. Par conséquent, les trois religions monothéistes ont été caractérisées par des processus de diffusion profondément différentes : les diasporas et la diffusion capillaire de communautés juives ont été associées à la diffusion massive et souvent basée sur l'usage de la force des religions chrétienne et islamique. Le résultat final, que l'ont peut apercevoir à travers la carte de la distribution actuelle des trois religions, a été constituée par la globalisation du monothéisme, qui à l'heure actuelle est partagé presque la moitié de la population mondiale. La question se pose par rapport à l'évolution de longue durée, c'est-à-dire si cette globalisation puisse aider l'humanité à partager des principes universels, les mêmes principes sur lesquels la Carte de Droits de l'Homme des Nations Unies a été fondée.

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Christianisme et modernité : valeurs et connaissances

Le christianisme a eu des relations conflictuelles avec la modernité, mise en marche par l'illuminisme et le rationalisme, aussi que par le choc politique de la Révolution française et le choc social de la Révolution industrielle.

Néanmoins les valeurs du Christianisme se sont, du moins partiellement, transférés dans la société moderne, et ont contribué à bâtir des structures intellectuelles fondamentales. La confrontation de deux réseaux, celui des structures de la religion chrétienne et celui des philosophes rationalistes et de la philosophie des lumières, peut être considérée une manifestation géographique de la dialectique entre premodernité et modernité, entre deux systèmes de valeurs en même temps conflictuels et intégrés.

Les réflexions sur le rôle des religions monothéistes nous conduit à concentrer notre attention sur le christianisme parce qu'il a constitué la base sur laquelle la société moderne est surgie. Cette base est compliquée et ambiguë parce que, d'un coté, le christianisme a nourri la modernité tandis que, de l'autre coté, a eu des rapports conflictuels avec la modernité. Les conflits se sont déroulés sur un double niveau : sur le niveau ontologique, dans lequel les impacts de la Révolution française et de la Révolution industrielle ont provoqué des chocs sur les modèles sociaux du christianisme ; sur le niveau philosophique, à cause de l'impact de l'illuminisme et du rationalisme sur les schémas de représentation du monde qui etaient partagés par la civilisation chrétienne, surtout dans le cadre des systèmes de pensé catholiques .

Malgré ces conditions conflictuelles les valeurs du Christianisme se sont, du moins partiellement, transférés dans la société moderne, et ont contribué à bâtir des structures intellectuelles fondamentales. La confrontation de deux réseaux, celui des structures de la religion chrétienne et celui des philosophes rationalistes et de la philosophie des lumières, peut être considérée une manifestation géographique de la dialectique entre premodernité et modernité, entre deux systèmes de valeurs en même temps conflictuels et intégrés.
 
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Sources géosémiotiques de réseaux

Tournons notre attention sur un autre vaste processus de diffusion et de mise en place de réseaux à l'échelle planétaire, celui qui a été provoqué par l'Islam et qui va susciter beaucoup de réflexions sur les plans géopolitique, géostratégique et des rapports entre civilisations.

À; conclusion d'un processus compliqué et en quelque sorte dramatique, à la fin la civilisation moderne pas seulement a acquis des principes fondamentaux de la civilisation chrétienne mais aussi une intégration très étroite s'est déroulée entre des aspects fondamentaux de la modernité et du christianisme de sorte que, du moins de quelques points de vue, la modernité pourrait être considéré e l'étape finale d'un processus qui a commencé avec la civilisation classique et il est poursuivi avec la civilisation chrétienne. Les principes du christianisme, par exemple, se sont réfléchis sur la carte des Nations Unies et sur le cartes les plus avancées au sujet des droits de l'homme.

 
Un rapport tout à fait différent s'est déroulé entre la société créée par l'illuminisme et le rationalisme, d'un coté, et les réseaux qui sont nés dans le cadre de l'Islam de l'autre coté. Ce réseau est marqué par une couverture géographique uniforme, qui va s'élargire soit vers l'est, en direction de l'Extrême Orient e de l'Asie centrale, soit vers le sud, en direction de l'Afrique sub-saharienne, et aussi par une couverture géographique en peu de léopard qui s'est étendue dans plusieurs pays occidentaux.

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Le signe de La Mecque

Ce réseau a été nourri par le géosigne de La Mecque, qui avec celui de Saint Pierre, peut être considéré le signe le plus intensivement marqué par des valeurs spirituelles qui a été installé sur la surface de la Terre.

Les valeurs, les visions et les imaginations qui se sont diffusés à la suite de l'expansion de l'Islam ont leur source dans le géosigne de La Mecque, qui avec celui de Saint Pierre, peut être considéré le signe le plus intensivement marqué par des valeurs spirituels qui a été installé sur la surface de la Terre.

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Valeurs islamiques en réseaux

La mise en place de réseaux par l'Islam s'est développé le long d'un chemin qui pourrait être comparé à celui du Christianisme. La première étape s'est développée dans le Proche Orient et la Méditerranée pendant le Sixième et le Septième siècles après Christ.

 
La mise en place de réseaux par l'Islam s'est développé le long d'un chemin qui pourrait être comparé à celui du christianisme. Elle a été marquée par la diffusion de valeurs qui se sont solidement enracinées dans les communautés locales et ils ont influencé en profondeur les schémas de comportement social.

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Diffusion vaste, diffusion par niches

Au moment actuel, ce réseau englobe une bande qui s'étend de la Méditerranée jusqu'au Pacifique, et une bande en formation dans l'Afrique sous-saharienne. Il s'est remarquablement répandu aussi dans le monde occidental à travers la création de niches, soit à l'intérieur des villes soit dans les zones rurales.

Aujourd'hui, ce réseau englobe une bande qui s'étend de la Méditerranée jusqu'au Pacifique, et une bande en formation dans l'Afrique sous-saharienne. Il s'est remarquablement répandu aussi dans le monde occidental à travers la création de niches, soit à l'intérieur des villes soit dans les zones rurales. Ces niches constituent des points de contact pour la communication culturelle entre la civilisation occidentale et la civilisation islamique.

 
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Religions et conflits

Ce processus a contribué remarquablement à la diffusion des conflits sur base idéologique et ethnique

Aujourd'hui, à fur et à mesure que l'Islam a mis en place ces réseaux, il a acquis les caractères d'un véritable processus globalisant. En même temps, il a mis en évidence des aspects profondément différents par rapport à ceux qui ont marqué le développement des réseaux du christianisme. Surtout il a été marqué par une double démarche conflictuelle, soit à l'intérieur du monde islamique, soit vis-à-vis des secteurs de la civilisation occidentale.

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Ka'ba, Mecque, Monde

L'imagination du monde, de l'univers, de la vie, la mort et l'après mort, qui est le ciment de ce réseau globalisant de l'Islam, est constituée par la formidable vision holistique suscitée par la Ka'ba à l'intérieur de La Mecque.
 
La vigueur avec laquelle le monde islamique peut développer des processus de diffusion qui ont de plus en plus des caractères globalisants, est enracinée dans l'imagination du monde, de l'univers, de la vie, la mort et l'après mort, qui est le ciment de ce réseau globalisant de l'Islam. Cette vision holistique est fécondée par la Ka'ba à l'intérieur de La Mecque.

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Relations divergentes avec la modernité

La diffusion des valeurs et de l'idéologie islamique a été marquée par des rapports avec le monde occidental, dépositaire de la modernité. Ces rapports sont bien différents de ceux de la religion chrétienne. D'un coté, les valeurs chrétiennes ont été intégrées dans la modernité et sont devenues des piliers de l'approche moderne au monde et à l'existence humaine ontemporaine.

De l'autre coté, l'Islam a été partagé par deux tendances conflictuelles :

  • le fondamentalisme, qui considère les aspects de la modernité comme des expressions du monde des infidèles;

  • le modernisme, qui va explorer comment des liaisons pourraient être installées dans les sociétés musulmanes en respectant les visions du monde fournies par la religion.

En conclusion, la diffusion des valeurs et de l'idéologie islamique a été marquée par des rapports avec le monde occidental, dépositaire de la modernité. Ces rapports sont bien différents de ceux de la religion chrétienne a mis en place dans le cadre d'un rapport dialectique avec la modernité. Les valeurs chrétiennes ont été intégrées dans la modernité et sont devenues des piliers de l'approche moderne au monde et à l'existence humaine contemporaine. Au contraire, l'Islam a été troublé par deux tendances conflictuelles: le fondamentalisme, qui considère les aspects de la modernité comme des expressions du monde des infidèles; le modernisme, qui va explorer comment des liaisons avec la modernité pourraient être installées dans les sociétés musulmanes en respectant les visions du monde fournies par la religion.

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Ville et symbole

Dans la Méditerranée et le Croissant Fertile la civilisation néolithique n'a pas seulement créé les premières manifestations de la vie urbaine mais elle a mise aussi en place les premiers réseaux de villes. Les signes de ces réseaux sur l'espace, constituées par le dessin planimétrique de la ville, ont des connotations symboliques très poussées.

La plante urbaine carrée en est un exemple significatif, dominé par le rapport sémiotique entre quatre et trois 

  • le centre, qui signifie le centre de l'univers;

  • l'orientation, qui est souvent tournée vers l'est, c'est à dire vers la naissance et le début de la vie

  • les quatre portes, à signifier les quatre directions cardinales de la communication avec l'extérieur

  • les trois niveaux —niveau souterrain, surface et développement en hauteur — à signifier respectivement le lieu des valeurs négatifs, l'existence humaine et la transcendance.

Pour comprendre le rôle central que, dès le néolithique, la Méditerranée et le Croissant Fertile ont joué dans le cadre de processus qui ont conduit à la veille de la globalisation, il est bien de tourner l'attention dès réseaux des visions et des imaginations cultivées dans les religions aux processus d'urbanisation en considérant les villes par une perspective géosémiotique. Dans la Méditerranée et le Croissant Fertile la civilisation néolithique n'a pas seulement créé les premières manifestations de la vie urbaine mais elle a aussi mis en place les premiers réseaux de villes. Les signes de ces réseaux sur l'espace, constituées par le dessin planimétrique de la ville, ont des connotations symboliques très poussées.
La plante urbaine carrée en est un exemple significatif, dominé par le rapport sémiotique entre quatre et trois:
  • le centre, qui signifie le centre de l'univers ;
  • l'orientation, qui est souvent tournée vers l'est, c'est à dire vers la naissance et le début de la vie ;
  • les quatre portes, à signifier les quatre directions cardinales de la communication avec l'extérieur ;
  • les trois niveaux —niveau souterrain, surface et développement en hauteur — à signifier respectivement le lieu des valeurs négatifs, l'existence humaine et la transcendance.
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Réseaux urbains, réseaux de symboles

La concentration de symboles consacrés à la ville et au réseau urbain est très évidente dans le Croissant Fertile. La diffusion des villes, et les liaisons par lesquelles elles ont interagi, a été la base, une sorte de substrat, des idées, des valeurs et des cultures qui se sont déroulés du néolithique urbain jusqu'à l'ère de la globalisation.

L'intensité de la représentation du monde, de l'existence humaine et de son rôle face à la transcendance est bien évidente dans l'extraordinaire manteau symbolique qui a marqué la création de réseaux de villes dans la Méditerranée et dans le Croissant Fertile. La diffusion des villes, et des liaisons de plus en plus intenses, a été la base, une sorte de substrat, des idées, des valeurs et des cultures qui se sont déroulés du néolithique urbain jusqu'à l'ère de la globalisation.

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Droit, ciment de réseaux

Les réseaux des villes, intégrés avec les réseaux des routes — réseaux extrêmement significatifs du point de vue de la territorialisation à l'échelle interrégionale — qui ont été conçus et réalisés dans le monde romain peuvent être considérés des signes territoriales qui ont supporté les réseaux des idées : une correspondance profonde entre culture matérielle et immatérielle.

Dans ce contexte, le droit qui a été conçu et a été opéré par la civilisation romaine et qui constitue le noyau juridique du monde moderne, est une des manifestations immatérielles les plus influentes du réseau des villes et de voies de communication.

 
Les réseaux de villes, intégrés avec les réseaux des routes — réseaux extrêmement significatifs du point de vue de la territorialisation à l'échelle interrégionale — qui ont été conçus et réalisés dans le monde romain peuvent être considérés des signes territoriaux qui ont supporté les réseaux des idées: une correspondance profonde entre culture matérielle et immatérielle.

Dans ce contexte, le droit qui a été conçu et a été opéré par la civilisation romaine et qui constitue le noyau juridique du monde moderne, est une des manifestations immatérielles les plus influentes du réseau des villes et de voies de communication.

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Philosophie, réseaux des idées


Dès leur départ, dans la Grèce ancienne, les systèmes philosophiques — qui constituent la base de la connaissance scientifique et pas seulement nourrissent la construction de connaissance dans tout le monde — se sont développés à la suite de l'activation de réseaux de philosophes et à la suite d'un débat d'idées qui a croisé la Méditerranée et le Proche Orient.
 
La diffusion des villes et leur mise en réseau a été associée soit à la naissance des systèmes philosophiques soit à la naissance de réseaux de communication entre philosophes. Ce processus n'est pas seulement un caractère spécifique de l'espace qui englobe la Méditerranée et le Croissant Fertile, mais aussi la base la plus solide pour intégrer les valeurs du christianisme avec la civilisation classique et, plus tard, pour nourrir les contenus spéculatifs de la modernité.

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Systèmes de connaissance et colonisation

Dans l'interaction entre systèmes philosophiques il y a eu la séparation entre mythos et logos, intuition et imagination, émotion et raison, compréhension et explication. Cette séparation a croisé les siècles et dans notre temps elle constitue un des thèmes les plus discutés de nos cultures; un thème qui intéresse la géographie en profondeur car il est concerné avec la représentations des espaces et des lieux.
 

L'un des caractères les plus fertiles peut être identifié dans l'interaction entre systèmes philosophiques surtout dans les réflexions qui ont conduit à séparer mythos et logos, intuition et imagination, émotion et raison, compréhension et explication. Cette séparation a croisé les siècles et, dans notre époque, elle constitue un des thèmes les plus discutés; un thème qui intéresse la géographie en profondeur car il est concerné avec la représentations des espaces et des lieux.


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Routes physiques et réseaux invisibles

Dans la civilisation classique, dans laquelle les idées et les valeurs se sont diffusés le long des routes maritimes et des grands voies terrestres, la géographie a joué un rôle fondamental. À; ce temps là, les liaisons des géographes avec les philosophes etaient très étroites et la géographie etait un support essentiel pour construire des systèmes philosophiques.

C'est le cas de Eratoste qui, par une perspective géographique, a contribué à faire face à un problème philosophique central, tel que la construction d'une vision globale du monde.

 
Dans le cadre de la diffusion des idées et des valeurs de la civilisation classique, la géographie a joué un rôle fondamental. À; ce temps là, les liaisons des géographes avec les philosophes etaient très étroites et la géographie etait un support essentiel pour construire des systèmes philosophiques. C'est le cas de Eratoste qui, par une perspective géographique, a contribué à faire face à un problème philosophique central, tel qu'etait la construction d'une vision globale du monde.

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Systèmes de numération : le support de la globalisation

Notre civilisation utilise une conception de système de numération sur base décimale et fonctionnel à la logique binaire.

À; l'origine de cette approche, qui est en même temps une approche à la réalité et une voie pour construire de cyber-realités, il y a un des processus les plus stupéfiants d'interaction entre cultures.

Il y a un rapport tres étroit entre la construction mythique, dont la base est essentiellement se religieuse, de la connaissance, les systèmes philosophiques, les systèmes d'écriture et les systèmes numériques. Le concept même de numéro, l'ordre entre le numéros, le sens du zéro, autant que d'autres caractères, constituent la formidable contribution que la région de la Méditerranée et du Croissant Fertile a donné à l'humanité et dans laquelle les processus actuels de globalisation ont leurs racines.

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Inde, Croissant Fertile, Méditerranée : diffusion et réseaux

L'interaction culturelle au sujet des systèmes de numération s'est développé de l'Inde au bassin du Tigre et de l'Euphrate jusqu'à la Grèce. La conception du zéro, la numération sur base 10 et, enfin, l'algèbre avec son énorme potentiel d'abstraction ont été le résultat d'un réseau d'interaction scientifique dans lequel les liaisons entre le monde arabe, islamique, et le monde occidental, chrétien, ont été le cœur.

La région méditerranéenne et le Croissant Fertile ont été le noyau géographique sur lequel les systèmes de connaissance scientifique du monde entier sont maintenant appuyés .

 
L'interaction culturelle au sujet des systèmes de numération s'est développé de l'Inde au bassin du Tigre et de l'Euphrate jusqu'à la Grèce. La conception du zéro, la numération sur base 10 et, enfin, l'algèbre avec son énorme potentiel d'abstraction ont été le résultat d'un réseau d'interaction scientifique dans lequel les liaisons entre le monde arabe, islamique, et le monde occidental, chrétien, ont été le cœur. La région méditerranéenne et le Croissant Fertile ont été le noyau géographique sur lequel les systèmes de connaissance scientifique du monde entier sont maintenant appuyés .

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Géostratégies et globalisation : la naissance

La région Mediterranée-Mesopotamie a été l'espace géographique dans lequel les premières stratégies de globalisation ont été conçues et traduites dans des actions politiques, c'est-à-dire en géostratégies. Le protagoniste a été Alexandre le Grand, pendant le siècle troisième avant Jésus-Christ.

Enfin, il est bien de considérer que les éléments culturels et de civilisation, sur lesquels nous avons concentré notre attention, dès leur naissance ont convergé vers la conception même de globalisation et de stratégie globalisant. En effet, la Méditerranée et le Croissant Fertile ont été la couche ou les idées pas seulement sont surgie mais aussi elle ont été expérimentées à travers des actions politiques pertinentes, c'est-à-dire de véritable géostratégies. La première fois où ces stratégies ont été clairement conçues et ont été expérimentées a été grace au protagoniste a été Alexandre le Grand, pendant le siècle troisième avant Jésus-Christ.

 
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Le monde en réseaux : le monde dominé

De ce moment-là l'idée d'intégration des espaces à l'échelle globale a supporté la vision du monde dans le cadre de la civilisation romaine et s'est déplacée à travers les siècles.

De ce moment-là l'idée d'intégration des espaces à l'échelle globale a supporté la vision du monde dans le cadre de la civilisation romaine et s'est déplacée à travers les siècles.

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Universalisme et vision globaliste du monde

Elle a constitué la base spéculative sur laquelle les premières stratégies d'européisation du monde ont été conçues grâce à la Révolution Industrielle et à l'Illuminisme. Dans ce contexte, la conception universaliste de la civilisation moderne a été associée avec la vision globaliste du monde. Celui-ci a été un des facteurs qui ont influencés la modernité en profondeur.

 

Elle a constitué la base spéculative sur laquelle les premières stratégies d'européisation du monde ont été conçues grâce à la Révolution Industrielle et à l'Illuminisme. Dans ce contexte, la conception universaliste de la civilisation moderne a été associée avec la vision globaliste du monde. Celui-ci a été un des facteurs qui ont influencés la modernité en profondeur.


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Routes géographiques, routes dans le temps

L'idée du control global de la planète, sur laquelle la globalisation se base, est donc le résultat d'une longue route idéologique qui s'est développé du monde méditerranéen et du bassin mésopotamien et qui a croisé les siècles jusqu'à nos jours, où se concrétise dans la vision américaine du monde.
 
L'idée du control global de la planète, sur laquelle la globalisation se base, est donc le résultat d'une longue route idéologique qui s'est développée du monde méditerranéen et du bassin mésopotamien et qui a croisé les siècles jusqu'à nos jours, où se concrétise dans la vision américaine du monde.

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Idéologies globalisantes en conflit

Le conflit entre l'idéologie américaine de la globalisation et la vision islamique du monde, dans laquelle la Mecque est une sorte de terminal d'un système-Univers, est évident et il est nourri par des solides raisons culturelles.
Malheureusement dans ce contexte il y a des conflits profonds, essentiellement culturels, mais pas nécessairement violents, entre des composantes de la civilisation occidentale et le civilisation islamique . En particulier, Le conflit entre l'idéologie américaine de la globalisation et la vision islamique du monde, dans laquelle la Mecque est une sorte de terminal d'un système-Univers, est très évident et il est nourri par des solides raisons culturelles.

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Idéologie globalisante et idéologie écumenique

Les visions rationalistes, américaine et occidentale, et la vision mystique, musulmane, se différencient de la vision chrétienne, par rapport à laquelle le monde est une communauté de civilisations et de cultures qui parcourent une route salvatrice, qui peut être conçue comme une spirale tournée vers un centre d'unification.

 
Mais le panorama des rapports entre civilisations ne peut pas se réduire à ces différences et a ces facteurs conflictuels. Il faut aussi tenir en compte que les visions rationalistes, américaine et occidentale, et la vision mystique, musulmane, se différencient de la vision chrétienne, par rapport à laquelle le monde est une communauté de civilisations et de cultures qui parcourent une route salvatrice, qui peut être conçue comme une spirale tournée vers un centre d'unification.

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Le monde dans un tabernacle

La meta- narration du monde est imaginée comme une union indissoluble du monde matériel et du monde spirituel dont la métaphore est le tabernacle.

La meta- narration du monde qui s'est développé dans le contexte du christianisme, surtout dans les systèmes catholiques de pensée, conduit à des imaginations bien différentes soit par rapport à la conception sur base rationaliste, enracinée dans l'illuminisme, soit dans la conception islamique. La réalité et les conditions existentielles — le monde dans un seul mot — sont imaginées comme une union indissoluble du monde matériel et du monde spirituel dont la métaphore est le tabernacle.

 
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De la région Méditerranée — Mésopotamie aux systèmes continentaux et au mythe du système universel : ici se dégage la géographie des réseaux invisibles qui sont la base et la cause des réseaux matériels.

 
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