De la grande Alaska à la petite Odessa

Alexandre Frish

Artiste

.Article complet

« Les guerres civiles ont secoué l'Histoire de beaucoup de pays. Elles se sont toujours terminées par l'apaisement des parties au conflit et une solution aux oppositions (…).

Seule la guerre civile en Russie s'est soldée de façon inhabituelle: ni accord de paix entre les parties, ni capitulation, ni a minima partage de territoires au sein du pays. En lieu et place de sorties de crise «classiques», nous avons assisté à la victoire sans partage de l'une des parties et la défaite tout aussi absolue de l'autre.

 

L'objectif bolchevique visant au retournement de la guerre impérialiste en guerre civile, s'est heurtée à l'énigme historique de la Russie, une Russie où cohabite un système à deux dominantes opposées : nationaliste et religieuse d'une part, et nihiliste et destructrice d'autre part. Cette cohabitation aurait dû immanquablement conduire à l'explosion de l'Etat russe au profit d'une sorte de «trou noir» menaçant d'engloutir le reste du monde.

En 1920, la Russie historique cesse d'exister. Pourtant il n'y aura ni réaction en chaîne sur le plan planétaire, ni cataclysme mondial. Le facteur qui a maintenu le monde civilisé au bord de la catastrophe n'a pas été transposé et s'est achevé par la fuite d'une part significative de la société cultivée russe vers d'autres horizons.

Le moyen âge a commencé avec les Barbares pillant Rome. L'époque bourgeoise – avec le pillage de Versailles par les sans culottes, l'époque socialiste - avec l'expropriation des populations de leur propre pays et la fuite des représentants de la culture nationale abandonnant le fruit de leur travail dans l'escarcelle des vainqueurs. Mais malgré leur défaite totale et la perte de la civilisation qu'ils avaient érigés, la culture russe n'a pas complètement disparu : les reliquats de l'armée blanche fuyant l'ancien Empire vers les profondeurs de l'Europe et de l'Asie ont emporté le suc de la Russie et l'essence de l'âme russe… le concept même de Russie.

L'acte final de ce drame grandiose s'est noué avec le départ en 1922 d'un bateau truffé de philosophes et de tout ce que la Russie comptait à l'époque d'intellectuels –dont les spécialistes des questions religieuses-, y compris des chercheurs neutres voire loyaux pour le nouveau pouvoir, expulsion organisée par Lénine. En nettoyant le territoire russe de ces derniers éléments russophiles, Lénine a préparé le terrain de la future révolution mondiale. C'est pourquoi le départ pour l'Europe du « paquebot des philosophes » est de la même nature que l'élimination de la famille du Tsar Nicolas II : un souhait d'éliminer la notion de Russie de la surface de la terre.

Mais cette Russie vouée à la disparition par le cours de l'Histoire et la volonté de Lénine réunis, cette Russie ne disparaîtra pas complètement mais formera deux éléments distincts et nouveaux : une partie constituée par la reconquête du peuple de son propre territoire, désormais sans nom, et une partie constituée par la population émigrée d'autre part. A peu de choses près, c'est dans l'émigration que l'on trouvera l'essentiel de l'intelligentsia russe : un potentiel colossal d'intellectuels se retrouve de Harbin à Shangaï. A travers toute l'Europe et jusqu'à New York, apparaissent des îlots de Russie, liés entre eux, visiblement ou non.

Pendant 20 ans et plus, avant la deuxième guerre mondiale, la Russie émigrée subsiste concrètement tel un continent invisible qui fait vivre en lui la nation russe et l'attente d'un retour au bercail. Ces deux nouvelles entités se disputent le droit de préemption sur la Russie: l'ancien «peuple russe», dépourvu des attributs culturels de la vie russe, et la Russie virtuelle, portant en elle tous ses symboles, mais privée de l'identité russe.

Laquelle des deux Russie peut-on qualifier d'authentique ? »

Extrait du livre intitulé « La Russie ou la quatrième question philosophique » d'Arcadi Raskine, traduction libre : V. Leydet-Frish.

La population russe en Amérique

Les Russes installés aux Etats-Unis constituent une population de 2.9 millions de personnes.

Sur 28.4 millions d'étrangers vivant aux Etats Unis, les Russes représentent plus de 10% et sont donc le deuxième groupe leader, juste après les Mexicains.

La population qui parle russe aux Etats Unis et au Canada est estimée à 6 millions de personnes.

Les Etats où la population russe est la mieux implantée sont : l'Etat de New York, la Californie, l'Illinois, la Pennsylvanie et le Massachusetts.

Les principales villes : New York, Los Angeles, Chicago, San Diego, San Francisco, Seattle et Detroit.

En pourcentage cela donne :

- 24% dans l'état de New York
- 16% en Californie
- 16% en Illinois
- 10% en Pennsylvanie
- 8% au Massachusetts
- 7% en Floride
- ...

A New York

New York accueille la plus forte concentration de Russes installés aux Etats-Unis avec 1.6 millions de personnes, dont 600.000 résident à New York même.

La population russe immigrée est en moyenne plus diplômée que les autres communautés d'origine étrangère vivant aux Etats-Unis et le niveau de vie moyen est plus élevé que celui de la communauté chinoise.

Cinq vagues d'immigration

La première vague est liée à la découverte de l'Alaska, le 15 juillet 1741, par l'expédition russe dirigée par Vitus Bering et Alexeï Tchirikov.

La première population d'environ 700 personnes était composée principalement d'industriels, de chasseurs et de religieux.

De l'Alaska, ces pionniers se sont aventurés jusqu'en Californie où ils ont installé une première base à Fort Ross.

Russe pendant 126 ans, l'Alaska a été vendue, en 1867, aux Etats Unis pour la somme de 7.2 millions de dollars en or.

La deuxième vague de 1918 à 1922 s'est produite juste après la 1ère guerre mondiale et la Révolution russe. Ce sont alors principalement les intellectuels et scientifiques russes qui immigrent. Georges Gershwin, Sergueï Rahmaninov, Yul Bryner et beaucoup d'autres s'installent ainsi aux Etats Unis.

La troisième vague a été provoquée par la 2ème guerre mondiale. Les Russes privilégient alors le Canada, par affinité climatique.

La quatrième vague de 1975 à 1990 a concerné davantage les juifs, les dissidents et réfugiés politiques. En effet, Leonid Brejnev ayant ratifié les accords d'Helsinski permettant l'immigration des Juifs vers Israël, beaucoup profitèrent de cette « ouverture » pour quitter le pays et finalement immigrer aux Etats-Unis. Leur port d'arrivée était Brighton Beach, ainsi naquit la « petite Odessa ». L'arrivée de ces intellectuels enrichit la vie culturelle américaine : Mikaël Barichnikov, Mikaël Chemiakin, Youssef Brodski…

A l'issue de la Perestroïka,de la chute du mur de Berlin et le lever du rideau de fer, la cinquième vague, la plus importante, de 1991, a concerné une population plus jeune et talentueuse.

Témoignage de Valérie, Française

Qui a vu le Snow Show à Hong Kong, Moscou, Marseille, Munich et New York-

« En préambule, je dirais qu'il faut définir de quoi on parle : la terminologie est très signifiante. On ne va pas voir le Snow Show, on va « au Snow Show » comme on irait à la messe.

C'est ma seule addiction connue et avouable. Je ne peux plus m'en passer.

Je n'ai jamais vu deux fois le même spectacle et pourtant je l'ai vu plus de dix fois maintenant.

Rien ne ressemble mois au Snow Show que le Snow Show … puisque c'est en fonction de votre tissu intérieur que les couleurs, du plus gai au plus triste, vont prendre. C'est comme une teinture des sens. Il y a évidemment autant de spectacles que de spectateurs.

A Hong Kong, j'ai assisté à une soirée fantastique, magique parce qu'initiatique. Le premier soir pour moi et sans doute pour l'ensemble de la salle. Ce soir-là je me suis sentie plus asiatique que prévu par mes gènes.

J'ai pleuré, comme tout le monde autour de moi.

A Marseille, j'y ai vu encore d'autres choses, des détails qui m'avaient échappé peut-être volontairement.

A Moscou, ce fut ma « saison préférée » : tous les sentiments, dans le désordre, à fond.

A New York, le Snow Show m'a rendu plus nostalgique de l'Européenne que je suis. Mais il m'a ouvert une porte de l'Amérique, celle qui dirait par exemple « pourquoi pleurer quand il suffit de rire ? »

N/B Et puis, j'ai oublié de vous dire le plus important des signes d'addiction : je ne peux plus téléphoner à mon mari sans rire intérieurement au moment même où je serais tentée d'embrasser le combiné…

Avant, je ne l'aurais jamais fait.

Vagues d'émigration et le Fort Ross

Au XVIIIème siècle l'Alaska et les îles Aléoutiennes portaient le nom officiel d'Amérique russe.


 

 

 

 

Les Russes, venus de la presqu'île du Kamtchatka, à l'extrémité nord du continent asiatique, mettent le pied en Amérique pour étendre leurs territoires de chasse et fondent en 1812 le Fort Ross, au nord de San Francisco, où ils laissent une petite colonie d'Inuits ou Esquimaux d'Alaska.

Ce sont eux qui créent la première colonie prénommée l'Amérique russe. Leurs descendants apportent aux Etats-Unis leur héritage : la religion orthodoxe, les traditions adoptées par la population locale, à savoir les aléoutes, les indiens et les créoles, les mots et les termes géographiques russes.

En Alaska, les îles, baies, détroits, montagnes et lacs portent les noms des explorateurs russes : Chelihov, Baranov, Lissianski, Kozeba, Vranguel, Vsevodskii, Kachevarov et beaucoup d'autres. Les deux lacs des îles Baranov portent le nom des enfants du premier administrateur de l'Amérique russe – Irina et Antipatra.

La deuxième grande vague culturelle de l'émigration russe est due à la révolution et à la première guerre mondiale qui ravageaient la Russie.
De nombreux scientifiques et professeurs d'universités reconnus ont émigré aux Etats-Unis.
Citons quelques noms des personnes qui ont participé à la vie culturelle du pays qui les accueille :
Igor Sikorski et son collègue Seveski, spécialistes de l'aéronautique
L'ichtyologique Galtsev
Le physicien Gamov
Le chimiste Ipatiev
Le zoologue Petrounkevitch
Les ingénieur Zvorikin et Timochenko
Les sociologue Sorokin et Timachev.
Et bien entendu, nous ne pouvons pas ne pas citer le nom de l'économiste Leontiev, lauréat du Prix Nobel.

La Californie russe déclina aussi vite qu'elle s'était développée, de sorte que le gouvernement russe imposa à la compagnie la vente de Fort Ross aux Etats-Unis.

L'année 1841 marqua le début du désengagement russe du continent américain au profit des Etats-Unis. En 1867, la Russie vendait l'Alaska aux Etats-Unis d'Amérique.

Nicolas Rezanov

Le Comte Nicolas Rezanov, ministre plénipotentiaire du tsar et artisan de la colonisation russe en Amérique arrive à Sitka en Alaska en 1805. L'hiver de 1805 à 1806 est terrible ! Les récoltes périssent et aucun navire ne vient apporter des vivres. Les gens meurent du scorbut et Rezanov souffre de la faim comme ses compatriotes. Dès que le temps le permet, il se procure un navire « Junona » et, le 6 février 1806, part dans la direction de la colonie espagnole dans la baie de San Francisco. Le 5 avril 1806, le Junona se présente devant le fort de San Francisco commandé par le capitaine Arguello. Le Russe demande des secours après un hivernage désastreux à Sitka (Alaska).

L'Espagne, pour s'assurer le monopole, interdit à ses colonies le commerce avec l'étranger. Rezanov doit convaincre, parlementer avec eux… le capitaine est touché par l'épuisement de ces hommes courageux et leur offre l' hospitalité.

A San Francisco, pendant son séjour, il se lie d'amitié avec la famille du gouverneur de la forteresse Arguello et tombe amoureux de sa fille de 15 ans prénommée Conception (Contchita). Les fiançailles sont célébrées, mais le mariage est retardé en attendant l'autorisation du pape et du roi d'Espagne (Rezanov est orthodoxe et Señorina Concepcion est catholique).

Après plusieurs semaines de négociation, le 19 juin 1806, il repart sur son navire « Junona » rempli de provisions. Il quitte la baie de San Francisco et arrive dans la Nouvelle Arkhangelsk. Les habitants de la colonie sont sauvés.

Sur son chemin de retour, Rezanov pense venir s'installer plus au nord de San Francisco pour exploiter les terres inoccupées et il soumet cette idée au comte Roumantsev, alors ministre du commerce.

Rezanov s'empresse de se rendre à Saint-Petersbourg pour rencontrer le tsar au sujet du mariage avec Contchita. Il passe Kamtchatka et entame la traversée difficile de la Sibérie. Pour aller plus vite, il préfère le cheval au carrosse. Durant son périlleux voyage, il tombe à plusieurs reprises de son cheval dans l'eau glaciale des rivières sibériennes, prend froid, mais continu son chemin malgré la maladie qui le guette.

Il arrive à Irkoutsk épuisé. Mais malgré son état, il continue son chemin et repart à Krasnoiarsk. Sur sa route, enfiévré par une pneumonie, Rezanov meurt à Krasnoiarsk, au beau milieu de la Sibérie le 1er mars 1807.

Sa fiancée n'eut aucune nouvelle de lui pendant plusieurs années. Elle refusa de nombreuses propositions de mariage. Seule, elle attendait son retour. Elle ne croyait pas les rumeurs sur la mort de son bien-aimé. Elle l'apprit quarante ans plus tard, en 1847, par le directeur de la compagnie de Goudzon-Bay qui lui confit qu'il s'était rendu sur la tombe de Rezanov en passant à Krasnoiarsk. Accablée de douleur, Contchita se fait none et passe le reste de sa vie au couvent à Bénichia, ville située sur le fleuve Sakramento. Le 3 décembre 1857 Doña Maria Dominga Conception de Arguello décède en solitaire.

Rezanov reste le seul à porter le rêve d'une colonisation russe en Amérique.

Le tsar Alexandre est trop occupé par la politique européenne, entre autre par les projets de Napoléon Bonaparte qui commence son invasion de l'Europe. Cinq ans après Napoléon fait irruption en Russie.

Après la mort de Rezanov, commence l'ascension vers l'honneur et la gloire de Krouzenchtern, installé confortablement à Saint-Petersbourg. Il est considéré comme le responsable de la première expédition russe autour du monde. Décoré et respecté, un monument est érigé en son honneur à Saint-Petersbourg. Quant à Rezanov, il n'a qu'une modeste sépulture inconnue à Krasnoiarsk. Telle est l'ironie du sort !

Piotr Dementiev

Piotr Dementiev, ce noble russe, officier de la garde du tsar émigre en Amérique en été 1881.
Son histoire prouve que toute la volonté est récompensée.
Malgré son appartenance aristocratique, il n'a pas peur de travailler d'arrache pied en arrivant aux Etats-Unis. Il s'installe avec sa famille à Longvood et change son nom de famille en Peter Demens.
Il a deux grands projets qui lui tiennent à cœur : il se lance tout d'abord dans la construction d'une voie ferrée. Puis il fonde un port et l'appelle Saint-Petersbourg en l'honneur de sa ville natale.
La voie ferrée est terminée le 30 avril 1888 et le premier train quitte Sanford pour arriver dans la baie de Mexique le 1 juillet 1888.

Pour que le nom du bâtisseur de la voie ferrée et fondateur de Saint-Petersbourg en Floride ne tombe pas dans l'oubli, le congrès des Américains d'origine russe a voulu rendre hommage à cet homme notaire.

En 1977, le parc municipal de Longvood est baptisé Demens Landing, où un monument a été érigé en son honneur.

L'église orthodoxe (Los Angeles) visitée par le compositeur Serguei Rahmaninov et les acteurs Yul Brunner Mikhaïl Tchekhov.

Mikhaïl Tchekhov fut le maître le plus marquant de la pédagogie russe de l'après stalinisme et formatrice de deux générations des plus importants artistes et metteurs en scène.
Mikhaïl Tchekhov a inspiré les pédagogues de l'Actor's Studio dont Brando a été considéré comme le maître étalon en portant à son plus haut degré l'implication psychique et charnelle de l'interprète dans la partition à assumer.



Brighton Beach

Brighton beach est située sur Coney Island dans la ville de Brooklyn à New York. Elle est rattachée à Coney Island du côté ouest, à Manhattan Beach à l'est, et à l'océan Atlantique au sud. Brighton beach s'est développée comme une zone de repos dès 1878 et son nom a été choisi à l'occasion d'un concours. Il évoque la station balnéaire de Brighton en Angleterre. Au centre de ce lieu de villégiature, se trouvait le grand hôtel Brighton posé au beau milieu de la plage.

Dans les années 20, cette banlieue résidentielle est devenue plus fréquentée grâce à la liaison directe avec le centre de New York par le métro souterrain.

Ce secteur est maintenant une grande communauté principalement constituée d'immigrés russes qui ont quitté l'Union Soviétique dans les années 80, 90. La majorité de cette communauté est de confession juive. Cependant, le fait d'avoir vécu sous le régime soviétique les a sensiblement éloignés culturellement de la vague d'immigration issue de la Russie tsariste quelques décennies plus tôt. Tandis que dans beaucoup de cas, au début du siècle, les origines juives jouaient en effet un rôle fondamental dans le

choix d'immigrer (fuir l'anti-sémitisme), avec l'URSS, l'assimilation forcée dans la culture soviétique a eu comme conséquence le fait que la plupart de ces émigrés des années 80 et 90 sont culturellement plus proches des immigrés russes et ukrainiens non Juifs que des premiers immigrés juifs venant de cette partie du monde.

Brighton beach a été surnommée par les Russes "la petite Odessa" et conserve la réputation d'abriter la "mafia" russe aux Etats-Unis. Actuellement, elle regorge de restaurants, magasins d'alimentation et traiteurs russes. Cette communauté, estimée à 150 000 personnes environ, est animée d'un sentiment d'appartenance ethnique au même titre que les émigrés chinois installés à Chinatown au sein de Manhattan. La proximité de Brighton beach avec les plages de la ville et le fait que la rue est située

exactement sous la station de métro « Brighton beach Avenue », en fait une destination populaire de week-end pour des milliers de résidants de New York.

Mikhaïl Baryshnikov

Mikhaïl Baryshnikov est né en 1948 à Riga, en Lettonie, dans une famille russe. Il débute le ballet à 9 ans. En 1963, il part pour Leningrad où il intègre l'école Voganova avant de rejoindre le ballet du Kirov où il deviendra célèbre.
En 1974, il demande l'asile politique au Canada à l'occasion d'une tournée avec le Kirov puis s'installe à New York. De 74 à 78, il est une étoile de l'American Ballet Theater, qu'il dirigera ensuite de 80 à 89. Très vite, il fait ses premiers pas dans le contemporain et se fascine pour le théâtre moderne. De 90 à 99, il monte en Floride le White Oak Dance Project et passe commande d'oeuvres nouvelles aux jeunes chorégraphes de talent.
Un changement de cap réussi qui le conduit à imaginer le Baryshnikov Arts Center (BAC), lieu interdisciplinaire et expérimental, ouvert en novembre 2005. Dédié à tous les arts -danse, théâtre, musique, cinéma, design, arts visuels-, ce lieu d'avant-garde a su attirer les plus grands noms de chacune des disciplines comme Pina Baush, Pedro Almodovar ou Gidon Kremer, pour ne citer qu'eux. Baryshnikov s'est totalement investi dans cette aventure. Il dit que ce projet vient peut-être trop tard dans sa vie mais qu'il en écrit ainsi le dernier grand chapitre.

Yul Bryner

De son vrai nom Juli Borisovitch Bryner, Yul Brynner est né le 7 juillet 1915 à Vladivostok, en Russie.
En 1927, lorsque Boris Bryner quitte le domicile conjugal et abandonne sa famille, Marousia emmène ses enfants Yul et Vera à Harbin, en Chine puis en 1934, tous les trois s'installent à Paris. Pour gagner sa vie, Yul Brynner joue de la guitare dans des nightclubs. Il rencontre des intellectuels tels que Jean Cocteau et devient apprenti au Théâtre des Mathurins. Puis, il travaille comme trapéziste au Cirque d'Hiver.
Dès 1941, il part pour les États-Unis afin d'étudier le théâtre avec Michael Tchekhov. Il commence alors à se produire à Broadway sous le nom de Yul Bryner. Il fait ses débuts au cinéma en 1949 dans « La Brigade des stupéfiants ». A partir de 1951, il se rend célèbre en interprétant le roi de Siam Mongkut dans l'opérette de Richard Rogers et Oscar Hammerstein : « Le Roi et moi ». Pour ce rôle, il reçut en 1952 le Tony Award du meilleur acteur de comédie musicale dans un second rôle. La pièce,
Qu'il joua près de trois mille fois et pour laquelle il se rasa le crâne, fut transposée au cinéma en 1956 et lui effrira un Oscar du meilleur acteur.
Yul Brynner eut quatre épouses et cinq enfants. Au milieu des années 1980, Yul Brynner apprend qu'il est atteint d'un cancer du poumon dû à sa consommation excessive de tabac. Il décède le 10 octobre 1985 à New York, à l'âge de soixante-dix ans. Il est enterré dans le cimetière du monastère de Saint-Michel-de-Bois-Aubry, près de Poitiers.

Zino Davidoff : le pape du cigare

La marque Davidoff s'est imposée dans le monde du grand cigare comme une référence éminente. Fidèle de bout en bout à sa passion et respectueux d'un produit qu'il identifiait volontiers à un prince, Zino Davidoff est né en Russie près de Kiev en 1906. Sa famille d'origine juive s'exile pour fuir l'antisémitisme avec l'idée de s'embarquer pour les Etats-Unis. Mais, une fois arrivé à Genève, en 1911, le père de Zino décide de s'y installer avec sa femme et ses cinq enfants. Ce mélangeur de tabacs d'Orient, qui roule des cigarettes à la main, ouvre une boutique pour vendre sa production artisanale. Et l'épopée de son fils démarrera de là.
Zino Davidoff s'éteint en janvier 1994, à l'âge de 88 ans et restera celui qui a sorti le havane du confinement des salons feutrés et a fait connaître et aimer le grand cigare au plus grand nombre.

Vladimir Horowitz

Horowitz disait qu'il était né à Kiev, en Ukraine mais selon certaines sources il serait né à Berdichev. Né en 1903, mais afin de le faire apparaître trop jeune pour le service militaire et ainsi de lui éviter d'abîmer ses mains, son père le déclara né en 1904. La mère d'Horowitz, elle-même une pianiste confirmée, lui enseigna dès son plus jeune âge le piano. En 1912, il entre au Conservatoire de Kiev qu'il quitte en 1919. Son premier récital eut lieu en 1920.
Devenu rapidement célèbre, il commence à tourner dans toute la Russie où il était souvent payé en pain, beurre et chocolat, au regard de la situation économique très difficile du pays.
Pendant la saison 1922-1923, il donnera 23 concerts de 11 programmes différents à Leningrad. En 1926, Horowitz fait sa première apparition à l'étranger. D'abord Berlin, ensuite paris, Londres et New-York. Il s'installe aux USA en 1940 pour devenir citoyen américain en 1944.
Il disait :  Il y a trois sortes de pianistes : des pianistes juifs, des pianistes homosexuels, et des mauvais pianistes ».

Yakov Smirnoff

Son vrai nom est Yakov Naumovich Pokhis. Il devient citoyen américain le 6 julliet 1986 et vit à Branson dans le Missouri
Professeur d'art à l'université pédagogique d'Odessa en Ukraine, il révèle ses talents de comédien en s'installant aux Etats-Unis.
Après l'attaque du 11 septembre 2001, il travailla sur la fresque commémorative de l'événement. Sur la bannière était écrit : « L'esprit de l'homme ne se mesure pas à la taille de son action, mais à la taille de son cœur ».

Je remercie de tout mon cœur tous ceux qui m'ont aidé à découvrir ces destins merveilleux.
Zoya Bryner
Liouba Bojor, Californie
Olga Godorogea, Canada
La famille de Tolmatchiev, Australie
Particia Robert, New-York
Andrei Soumiatin, Bronson
Arkadi Raskin, Russie

Et merci à mon équipe de design : Elena, Valérie et Carole.
Automne, Paris-Moscou-San Fransisco 2006

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