Les dynamiques territoriales transfrontalières en Guyane : enjeux géopolitiques et géoéconomiques

Frédéric Piantoni

Géographe, Université de Reims

Résumé

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Dans l'ensemble sud-américain, comme dans celui de l'outre-mer français, la Guyane française se définit comme une périphérie singulière.

Sous-peuplée, elle se caractérise aussi par la permanence d'un lien exclusif monovalent avec le centre tutélaire métropolitain et par une structure territoriale en trois pôles ou économie régionale et jeux communautaires introduisent une impossible intégration régionale.

Ainsi, le bassin fluvial transfrontalier du Maroni s'est constitué comme un territoire spécifique fondé sur les logiques communautaires des groupes de marrons, résistant à l'appropriation nationale portée par l'idéologie assimilationniste. La mobilité est un facteur structurant l'espace et induit l'émergence d'un pouvoir local institutionnalisé. Ainsi, la notion de crise des territoires prévaut à la qualification de cette région monodépartementale.

A partir du milieu des années 1990, elle renvoie à une crise structurelle globale, révélée par la fonction miroir que constituent les migrations spontanées brésilienne, haïtienne et surinamaise. Le lien exclusif est remis en cause localement, puis entériné par la loi d'orientation (décembre 2000) et l'intégration à l'Union européenne. De fait, alors que la Guyane devient le support d'une économie internationale, elle reste, paradoxalement, en marge des dynamiques politico-économiques au sein de l'espace sud-américain.

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