Conflits et pétrole, l'exemple du Darfour

Bruno ANGSTHELM

Chargé de mission Afrique au CCFD

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Le Darfour est la scène d'une des plus grandes opérations humanitaires du monde. Ce conflit a déjà provoqué 200 000 victimes, 2,2 millions de déplacés et l'aide internationale concerne au total 4,2 millions de personnes. Ceci rapporté à une population d'environ 6 millions. Le Darfour est à l'ordre du jour de l'agenda international et la communauté internationale s'est enfin engagée à intervenir massivement pour protéger les populations du Darfour et celles vivant à l'Est du Tchad.

Au-delà de la tragédie humanitaire, que s'est-il réellement passé dans cette province soudanaise ? Des personnalités aussi médiatiques que Georges Clooney et Bernard Kouchner parlent de génocide ethnique, d'autres de simples conflits agriculteurs-éleveurs qui auraient pris une ampleur jamais vue jusque là, d'autres encore de guerre pour le contrôle du pétrole. Quels sont les acteurs de ce conflit ? Quelles en sont les causes ? Quelle est la part du pétrole dans ce conflit ?

1ère partie : Comprendre le Darfour

Le Darfour, une région peu connue

Tout d'abord, il semble nécessaire de donner des éléments descriptifs de ce territoire très peu connu. Le Darfour est une région située à l'ouest du Soudan presque aussi vaste que la France. C'est l'une des zones les plus enclavées d'Afrique historiquement davantage orientée vers les royaumes sahéliens (Kanem, Bornou et Sokoto) que vers la vallée du Nil dont elle est séparée par la grande province du Kordofan.

Cette vaste région est traversée par trois lignes climatiques : une zone désertique au Nord de nomadisme chamelier, une zone centrale semi-fertile qui descend jusqu'au Djebel Mara et une zone plus humide au Sud / Sud-Ouest avec une agriculture déjà plus développée avec la culture de l'arachide, d'agrumes et de coton.

Le Darfour est composé d'un ensemble de tribus africaines et arabes enchevêtrées. Le groupe qui a donné son nom au Darfour est celui des Four. C'est le groupe natif. Plusieurs autres groupes de populations se sont progressivement installés au Darfour : les ancêtres des tribus Zaghawas et Bidayat en provenance du nord-ouest (actuel Tchad), des groupes arabes en provenance du nord-est, les ancêtres des actuelles populations Foulbés et Haoussa à partir des zones subsahariennes, puis plus tard des populations venues de la vallée du Nil.

Selon Gérard Prunier1, il est souvent difficile de distinguer l'appartenance tribale : tout le monde est « noir », est musulman, parle l'arabe ; il y a de nombreux mariages interethniques et une omniprésence de concubines esclaves venues du Sud. Selon lui, l'emploi du terme « arabe » est depuis toujours incroyablement ambigu dans cette région et, « lorsqu'on parle d'arabes et de noirs au Darfour, ces termes n'ont qu'une très vague pertinence biologique et à peine plus biologique ». La nationalité également.

Le Darfour a été l'un des plus vieux « pays »  indépendants d'Afrique. Le Sultanat du Darfour a en effet été créé à la fin du 14ème ou au début du 15ème siècle et a existé jusqu'au début du XXème siècle. Le Darfour a été toute cette période une entité politique relativement structurée, clairement identifiée comme telle dans l'ensemble de la région et par les autres centres de pouvoirs. Le sultanat fut créé par les Four mais le pouvoir fut toujours un exercice d'équilibre entre la mosaïque ethnique qui caractérise cette région. Vers les années 1880 apparut le courant mahdiste, mélange de réformisme islamique, de jacquerie anti-coloniale et de nationalisme, mouvement très puissant qui contrôla tout le Nord Soudan pendant plus d'une décennie, qui a vaincu les Anglo-Egyptiens en 1882, et qui a continué à jouer un rôle majeur dans la vie politique soudanaise.

La frustration démocratique : le centre contre la périphérie

Le Darfour n'a été définitivement conquis par le condominium anglo-égyptien qu'en 1916. Après la conquête, il devient une simple province d'un tout bien plus grand, loin du pouvoir et des centres de décisions.

Juste après l'indépendance, en 1956, un débat eu lieu sur le type de constitution appropriée au Soudan. Les Frères musulmans proposèrent une constitution islamique, les Sudistes et quelques arabes de gauche une constitution laïque, et les unionistes une constitution complexe à orientation islamique. On vit alors se dessiner une opposition commune entre sudistes, délégués du Darfour, délégués des monts Nouba et ceux de la mer rouge : « Bien qu'étant musulmans, ils considéraient que le projet de constitution islamique était en fait un truc pour consolider l'hégémonie du Soudan du Nord et du Soudan central qui s'avançait protégé par le bouclier de la culture arabo-musulmane mais qui visait en fait à perpétuer la marginalisation des populations de l'Ouest, du Sud et de l'Est ».

Face à un courant néo-mahdiste partisan d'une indépendance totale du Soudan, un courant proche de la bourgeoisie du fleuve et des tribus arabes de haute vallée du Nil préconisait « l'unité de la vallée du Nil » c'est-à-dire une union politique avec Le Caire. En 1958, un coup d'Etat militaire place d'ailleurs au pouvoir les cadres militaires de ce courant qui s'alignent sur la politique égyptienne : nationalisme arabe, alliance avec Moscou, mise au pas des communistes, persécution des Frères musulmans.

En 1963 est créé le Darfour Development Front (DDF) par un jeune Four fils d'une vieille famille du Sultanat. De nombreux militants issus de tribus arabes et africaines rejoignirent le DDF. Ce parti régionaliste cherchait déjà à attirer l'attention sur l'absence de politique régionale depuis l'indépendance en 1956. Le sentiment d'aliénation par rapport à Khartoum était général et transcendait la distinction Arabes – non Arabes.

On retrouve déjà en cette période de post-indépendance les grands courants de la vie politique qui vont marquer le conflit actuel du Darfour : les tribus arabes de la Vallée du Nil qui veulent garder le monopole des ressources et du pouvoir central, des mouvements revendicatifs qui réclament une plus juste répartition de la richesse nationale (à travers aujourd'hui le Soudan Liberation Mouvement /Army et le Mouvement for Equity and Justice) et rassemblant entre autres des nostalgiques du sultanat du Darfour, et les tribus arabes locales, instrumentalisées par Khartoum au nom d'un hypothétique Khalifat islamique arabe.

La carte des conflits aujourd'hui au Soudan illustre bien l'antagonisme entre le pouvoir central confisqué par la grande bourgeoisie du fleuve et les régions périphériques : le Sud, l'Est, le Darfour…

En ce sens, sur le long terme, une reprise de la guerre avec le Sud du pays n'est pas à exclure et une dissidence dans une autre région soudanaise est concevable. Le conflit du Darfour, qui s'inscrit dans cette logique, n'en constitue que le point de départ, le point annonciateur. Fin mars 2005, une nouvelle rébellion à l'Est, déclenchée à la suite de la fusion du Congrès Beja et des Lions Libres, est réprimée dans le sang dans la région de Port-Soudan. La province du Kordofan occidental risque de basculer à tout instant. L'imbroglio soudanais menace de s'effondrer sous l'impulsion de forces déstabilisatrices.

L'isolement du Darfour

Le Darfour n'a jamais bénéficié, comme d'ailleurs les autres régions périphériques du Soudan, d'une quelconque politique de développement aussi bien à l'époque anglo-égyptienne qu'après l'indépendance.

Jusque dans les années 50, il n'y avait qu'une école secondaire, aucune maternité, aucun ingénieur agricole dans l'administration, bref un sous-développement total caractéristique de la politique d' »indigénisme » propre à la colonisation anglaise. L'investissement en faveur du Darfour est estimé à seulement 5% de l'ensemble des investissements réalisés au Soudan durant toute la période coloniale.

Lorsque les premiers incidents graves apparaissent en 2002, le vice-président soudanais déclara en visite dans la province que le gouvernement allait construire 100 km de route et multiplier par trois le budget d'adduction d'eau. Le Darfour, province de 500 000 km2 ne possédait que 160 km de route bitumée financée par la Banque mondiale en 1970. Les darfouri gardaient en mémoire les nombreux détournements d'impôts locaux supposés avoir servis à financer des équipements dans leur région.

Les mouvements rebelles du Darfour ont commencé dans un premier temps par réclamer davantage de moyens pour leur région puis ensuite un rééquilibrage économique et politique global au niveau de la gouvernance du pays.

La tentation de l'arabisation du Darfour par Tripoli

Dans sa période révolutionnaire des années 1970-1980, Kadhafi fut « un panarabiste frénétique mais aussi un partisan convaincu de la suprématie culturelle arabe en Afrique ». Au début des années 1970, Tripoli était lourdement engagé dans une politique « arabe » au Sahel, orientation qui allait avoir de lourdes conséquences pour les relations inter-éthniques au Darfour. En 1972, Kadhafi créa la Faïlaka al-Islamiya (Légion islamique) « qui devait devenir dans son esprit l'instrument d'une unification révolutionnaire arabe du Sahel ». Il soutient également la Tajammu al-Arabi (Union arabe) une organisation arabe ouvertement raciste qui prêchait l'arabisation de la province et la réduction des tribus noires à un statut d'inférieur.

Parallèlement, la Libye a tenté, comme d'ailleurs avec bien d'autres pays arabes, de s'unir avec le Soudan puis, d'annexer directement le Darfour à la province de Koufra pour en faire un territoire libyen. Annexer le Darfour à la Libye nécessitait une prise de contrôle par les tribus « arabes » et de soumettre les tribus négro-africaines, les Four en particulier. En 1989, La Lettre du Continent décrivait ainsi la situation : « La monnaie libyenne circule au Darfour, des colonnes de camions libyens font la navette entre Koufra et El-Fashir, les gouverneurs soudanais du Darfour traitent directement avec Tripoli sans en référer à Khartoum, et la province est noyée par les armes libyennes qui sont distribuées aux nomades ».

Pendant la décennies 1980, la Libye a régulièrement appuyé en armes et financements la milice islamiste Faïlaka al-Islamiya ainsi que toutes les rébellion dirigées contre le Tchad à partir du Darfour : Habré contre le régime sudiste de Tombalbaye, puis les rebellions anti-Habré, notamment celle d'Idris Deby en 1990. Tout ceci se traduisant par l'introduction d'armes en grande quantité dans cette région et d'alliances multiples entre mouvements et tribus au gré des intérêts fluctuants des uns et des autres. La Libye continue aujourd'hui à soutenir différents mouvements armés dans la région.

Les conflits triangulaires tchado-libyo-darfouri durant la décennie 1980 en plus de la stratégie d'annexion menée par la Libye depuis 1970 ont eu des conséquences désastreuses sur les équilibres ethniques et sur la multiplication des armes et de la violence au Darfour. Cela a préparé un terrain propice à ce qui allait se passer aujourd'hui.

La sécheresse de 1984 

De nombreux conflits au Darfour ont été ou sont le fruit d'une compétition pour l'accès aux terres cultivables, aux pâturages et pour l'accès à l'eau ; les conflits d'autorité des tribus sur les ressources naturelles ont généré un enracinement de la vengeance entre celles-ci. La montée des mouvements rebelles tchado-libyen a entraîné un affaiblissement de l'autorité traditionnelle et de celui du mécanisme traditionnel de règlement des conflits. L'avancée inexorable du désert à réduit considérablement les champs et les pâturages. Tout cela a augmenté le nombre de conflits violents. En ce sens, le conflit au Darfour est un conflit pour le contrôle du territoire.

Le cas le plus important fut celui de 1984 lorsque la pluviométrie fut inférieure de presque 50% surtout dans la partie nord du Darfour rendant ainsi de grandes parties de ce territoire impropres à la culture. Les tribus semi-nomades ont ainsi été poussées à quitter les zones traditionnelles de pâturage pour descendre plus au Sud sur des terres cultivées par des paysans sédentaires. Cette famine a duré d'août 1984 à novembre 1985 et a causé la mort d'environ 100 000 personnes sur une population totale de 3 millions. Cette catastrophe était parfaitement évitable et tout le monde savait qu'elle n'était due qu'à l'incurie de Khartoum, ce qui n'a fait que renforcer le ressentiment des darfouri contre le régime central de Khartoum.

De plus, des milliers de Toubous et Zaghawas tchadiens, ignorés par leur gouvernement « sudiste chrétien » sont alors passés au Darfour pour chercher de la nourriture ; considérés comme des « Africains noirs » au Tchad, ils furent perçus comme des « Arabes » par les tribus noires du Darfour. Or, ceux-ci étaient affamés mais lourdement armés. Un mélange explosif dans cette région.

2ème partie : la crise du Darfour 

Les étapes de la crise actuelle : éléments de chronologie

Fin 1990, le pouvoir central et l'opinion publique du Nord Soudan étaient concentrés sur le conflit au Sud. Le Darfour était considéré comme un territoire marginal, violent mais éloigné de la conscience nationale. Pourtant, le ressentiment anti-Khartoum n'avait fait que croître au Darfour tandis que les antagonismes ethniques s'étaient renforcés accompagnés par la distribution massive d'armes, la multiplication de conflits entre groupes tchadiens, le développement d'une politique « arabe » libyenne et les tensions entre agriculteurs et éleveurs. Tout était prêt pour un conflit plus étendu.

En 1999, Hassan El-Bachir organise un coup d'Etat non violent au sein même du régime et rompt peu après avec Tourabi. Celui-ci créé en 2000 son propre parti, le FNI, qui maintien une influence et une capacité d'intervention forte au Darfour, notamment chez les Zaghawas, qui constitueront plus tard le MEJ.

En 2001, des contacts entre  les deux forces complètement opposées, le SPLA chrétien sudiste et le mouvement islamiste nordiste de Tourabi se traduisent par une alliance opportuniste contre le régime. En Juin 2001, le SPLA attaque le Sud Darfour pour soutenir l'insurrection en préparation. Le gouvernement prend peur et réagit déjà très brutalement avec une combinaison d'attaques aériennes et d'actions de milices au sol.

A partir de 2002, les choses s'accélèrent avec une succession d'incidents mineurs puis, à partir de janvier 2003, plusieurs attaques significatives dont en février le massacre de la garnison de 200 hommes à Gulu. En avril 2003, une opération sur la ville d'El Fashir s'est terminée par la destruction de 2 transporteurs bombardiers Antonov, de 3 hélicoptères Mi 24 et, bien que cela ne soit pas confirmé, par l'exécution de 200 soldats gouvernementaux.

La suite est connue : répression impitoyable, bombardements de populations civiles, déchaînement de milices à cheval, fuite dans des camps à l'intérieur du pays et au Tchad voisin.

Autre élément de la crise au Darfour : L'extension au Tchad.

Une partie des rebelles du SLA comme ceux du MEJ ont bénéficié du soutien militaire du Tchad en raison de solidarités ethniques et historiques. Bon nombre de chefs rebelles du Darfour sont des Zaghawas. Deby est leur débiteur car ce sont eux qui lui ont permis de prendre le pouvoir à Ndjaména en 1991 contre Habré. Lorsque la guerre civile éclate au Darfour en 2003, les solidarités claniques ont été réactivées. De nombreux officiers tchadiens dont des officiers de la Garde présidentielle tchadienne ont rejoint les mouvements rebelles pour parfois en prendre la direction.

A l'inverse, Mahamat Nour, un ex compagnon d'armes de Deby, chef d'un des nombreux mouvements armés rebelles, va s'allier au régime de Khartoum et combattre aux cotés des djanjawides contre les rebelles darfouri soutenus par le Tchad. Plus tard, Mahamat Nour va créer le FUCD et attaquer Ndjaména en avril 2006 largement soutenus et armés d'armes chinoises fournies par Khartoum. La France interviendra pour stopper l'avancée du FUCD sur la ville.

Depuis, c'est toute la zone Est du Tchad qui vit une répétition de la crise du Darfour avec de multiple acteurs croisés qui agitent les antagonismes ethniques traditionnels pour servir leurs intérêts politiques et économiques.

Les acteurs de la crise

  • Le Darfour Liberation Front qui allait rapidement prendre le nom de SLM/A (Soudan Liberation Mouvement / Army), mouvement issu des milices Four qui s'étaient organisées en 1988-89 pour lutter contre les milices arabes et islamiques (Faïlaka al-Islamiya). Le SLM développe une vision politique résolument laïque. Les Zaghawas sont très présents dans la direction du mouvement.

  • Le Mouvement pour l'Egalité et la Justice (MEJ), issu des efforts de Tourabi pour former une milice au Darfour, essentiellement composée de Zaghawas. Il sera plus tard instrumentalisé par Deby pour se défendre en 2006 contre les attaques des rebelles tchadiens.

  • Les djanjawides : Lorsque le régime a décidé en 2003 de résoudre la problème par la force, supposant qu'il parviendrait à éliminer suffisamment vite la rébellion, il s'est rendu compte que la plupart des recrues et sous-officiers étaient originaires du Darfour et donc peu enclins à réprimer les populations. C'est pour cela que le régime a commencé à appuyer des milices djanjawides existantes. Celles-ci ne sont pas des expressions populaires des tribus arabes du Darfour mais des groupes politisés, organisés et militarisés dont le recrutement est très divers : bandits de grands chemin, soldats démobilisés, membres d'ethnies arabes minoritaires, des criminels de droit commun, des fanatiques musulmans, des chômeurs et des étrangers de la sous région.

  • L'armée régulière et les forces de défense populaire qui sont actives aux côtés de l'armée soudanaise. Ce sont des unités entraînées et formées par l'armée et qui n'agissent que sur son ordre.

3ème partie : Le pétrole, quelle part dans le conflit du Darfour ?

Les enjeux pétroliers au Soudan et dans la sous-région

Le Golfe de Guinée est devenu ces dernières années le nouvel eldorado pétrolier avec environ 4,8% des réserves mondiales. Cela concerne les deux grands pays, le Nigeria (27,1% de la production sub-saharienne en 204) et l'Angola (10,7%) mais aussi le Congo Brazzaville (2,6%), le Gabon (2,5%), la Guinée Equatoriale (3,8%), le Cameroun…. Le Soudan représente à cette même période 3,8% de la production sub-saharienne et le Tchad voisin 1,8%. Toute la production journalière de la région atteint à peine 6,2% de la production mondiale avec 4,85 millions de barils / jours. Les chiffres pour toute l'Afrique, Maghreb compris, donnent une part de production de 11% de la production mondiale.

Le pétrole dans cette région a-il un intérêt stratégique particulier alors même qu'il ne représente qu'une fraction minime de la production mondiale ? Quelques éléments de réponses :

  • Au niveau mondial, l'équilibre du marché ainsi que les prix sont déterminés par les « barils marginaux ».

  • La région est largement ouverte aux investisseurs étrangers, à la différence de l'Arabie saoudite, du Venezuela, de l'Afrique du Nord ou de la Russie.

  • L'amélioration des techniques d'exploration et de production off-shore procure l'avantage de produire loin des conflits éventuels avec des populations à proximité. Par exemple en Angola et au Congo Brazzaville, la production n'a jamais été arrêtée même au plus fort des guerres civiles.

  • Une route directe pour les USA bien plus courte que celle du Golfe tout autour de l'Afrique

  • La qualité du pétrole produit dans la région : faible teneur en soufre qui répond parfaitement aux exigences des raffineries américaines.

  • Les découvertes de gisements très importants.

La montée inexorable des besoins en énergie de la Chine ainsi que la volonté des USA de diminuer leur dépendance pétrolière envers le Moyen-Orient après les attentats du 11 septembre 2001 font de cette région une zone stratégique pour le contrôle des ressources en pétrole.

La Chine : Un soutien ferme à Khartoum

La carte suivante présente les différents opérateurs engagés dans l'exploitation du pétrole au Soudan. Les compagnies pétrolières chinoises contrôlent la plupart des champs pétroliers à travers deux principaux consortiums. La CNPC possède 40% de la Greater Nile Petroleum Company (GNOPC) qui a développé la production dès 1997 dans les blocs 1, 2 et 4 et qui a construit un pipeline de 1600 km avec un e capacité de 200 000 barils / jours. La CNPC détient également 41% de la Petrodar Operating Company (PDOC) qui exploite depuis 2001 les blocs 3 et 7. SINOPEC, une autre compagnie chinoise possède 6% de Petrodar. La CNPC exploite seule presque 95% du bloc 6. Elle possède également des participations dans la Red Sea Petroleum Operating Company (RSPOC) qui exploite le bloc 15 et vient de signer avec le Gouvernement soudanais un contrat d'exploration du bloc 13.

La Chine est le principal bénéficiaire de la production pétrolière soudanaise. En 2007, 425 000 barils / jours sont exportés essentiellement vers la Chine sur une production quotidienne de 500 000 barils / jours. Le Soudan est le 3ème plus gros fournisseur de la Chine (Tableau). La CNPC est également le plus gros investisseur étranger au Soudan avec environ 5 milliards de dollars dans le développement des champs pétroliers. Depuis 1999, la Chine a investi au moins 15 milliards de dollars au Soudan.

L'intérêt de la Chine au Soudan est manifeste. Comment cela se traduit-il dans la crise du Darfour ?

Tout d'abord par un soutien militaire, par la livraison d'armes, munitions et autres équipements militaires, dont l'installation d'usines de production d'armes. Si dans les années 1990, les forces armées soudanaises s'étaient plaintes du manque de moyens financiers et matériels pour combattre la rébellion sudiste, les revenus issus du pétrole dès 1999 ont changé la situation. Entre 1999 et 2001, les revenus du pétrole ont augmenté de presque 900%, passant de 61 millions de à 596 millions de dollars. Il semble que presque 80% sont allés à l'achat et à la production d'armes.

Le tableau suivant montre la part et les montants des différents fournisseurs d'armes au Soudan. On note un très net accroissement des ventes d'armes au fur et à mesure de la mise en production des champs pétroliers.

La Chine a vendu au Soudan des hélicoptères, des transporteurs de troupes, des avions de chasse, des tanks, des mines anti-personnelles, et des armes légères en très grande quantité. La Chine a mis à la disposition du Soudan une équipe d'instructeurs pour former les pilotes des bombardiers (probablement ceux qui allaient plus tard bombarder les populations du Darfour). Les troupes rebelles tchadiennes du FUC étaient équipées de neuf en armes chinoises lors de leur attaque sur Ndjaména en avril 2006.

En plus de fournir des armes sur le marché international, la Chine a également assisté le Soudan dans la le développent d'une production nationale d'armes grâce à un transfert de technologie et une assistance technique. Ce soutien chinois est assez mal connu. Il semble certain que la Chine a aidé le Soudan dans la réalisation du complexe militaire de Khartoum-Medani qui produit des armes légères et des munitions.

Il apparaît bien que la Chine est le principal fournisseur militaire ces dernières années et notamment au moment de la crise du Darfour qu'elle ne pouvait ignorer. Il faut préciser que la résolution 1556 (2004) n'interdit que la vente d'armes à destination des belligérants au Darfour et non au gouvernement soudanais d'une manière générale, ce qui permet à la Chine de respecter cette résolution en affirmant ignorer la destination finale des armes vendues à ce gouvernement.

Puis par un soutien diplomatique au régime soudanais. La crise du Darfour a mis en évidence au niveau international les fortes relations politiques entre la Chine et le Soudan.

Historiquement, la Chine a toujours soutenu les mouvements révolutionnaires pour l'indépendance puis la souveraineté des pays contre toute sanction internationale. Depuis quelques années, pour faire face à ses immenses besoins en matières premières pour son industrie, la Chine s'est fortement engagée sur le continent africain et prend la plupart des marchés en échange de prêts à faible taux et d'une absence de toute conditionnalité politique dans ses relations bilatérales.

Dans le cas du Soudan, la Chine s'est efforcée depuis 2003 d'éviter un durcissement des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, même s'il faut reconnaître qu'elle n'a jamais fait usage de son veto. Elle en a pourtant fait la menace. Sa stratégie a été d'affaiblir les termes des résolutions. La Chine s'est abstenue sur 8 des 22 résolutions sur le Darfour depuis 2001

Pourtant, la Chine, tout en maintenant son appui au Soudan, ne peut plus ne pas tenir compte des pressions internationales qui s'exercent sur elles, particulièrement dans le cadre des prochains Jeux Olympiques de 2008. Elle a symboliquement offert une contribution de 3,5 millions de dollars à la force d'interposition africaine l'AMIS (en comparaison, le budget estimé de la future force internationale, l'UNAMID, est estimé à 2 milliards de dollars).

En 2006, pour la 1ère fois, la Chine a publiquement encouragé Khartoum à accepter une force de paix des Nations Unies au Darfour et a soutenu l'Accord de Paix au Darfour de mai 2006 ainsi que le plan « Anan » qui demande un rôle plus important des Nations Unies au Darfour. La Chine a voté en faveur de la résolution 1769 qui porte sur la création d'une force de 20 000 hommes dotée d'un mandat robuste.

Les USA en embuscade

Les majors pétrolières américaines connaissent bien le Soudan. Chevron avait dépensé 1,2 milliard de dollars pour la prospection et l'évaluation et a découvert de grandes réserves de pétrole dans le Sud du Soudan. Ce pétrole a déclenché la 2ème guerre civile en 1983 dans cette région. Chevron fut la cible d'attaques et d'assassinats répétés et suspendit le projet en 1984. En 1992, la société vendit ses parts au Soudan qui développa les champs avec la Chine à partir de 1999.

De nombreux auteurs estiment que les USA ont secrètement soutenu la guerre civile dans le Sud du pays à la fois pour bloquer le Sud du Nord islamique et pour retrouver un accès privilégié aux ressources pétrolière de cette région. Les USA auraient participé à la formation et fourni des armes au SPLA.

Tout en reconnaissent le rôle des pressions politiques des mouvements protestants américains dans l'implication des USA dans la négociation entre Khartoum et le SPLA pour la paix dans le Sud, puis dans le soutien à une action au Darfour, il semble clair pour de nombreux analystes que le véritable objectif des USA dans la crise du Darfour est de fragiliser le régime de Khartoum afin de prendre pied dans le marché pétrolier du Soudan, à l'exemple des accords de paix entre le N ord et le Sud qui reconnaissent une répartition égale des revenus du pétrole et le droit au gouvernement du Sud Soudan de contractualiser avec des compagnies pétrolières l'exploitation de champs pétroliers et donc une ouverture aux compagnies américaines.

Chevron est aujourd'hui implanté tout à coté au Tchad en consortium avec Exxon et Petronas. Ils ont investi 3,7 milliards US$ dans le pipeline Doba-Kribi avec l'appui de la Banque mondiale. L'achèvement du pipeline, qui va du Tchad à la côte camerounaise, fait probablement partie d'un projet plus vaste qui vise à contrôler les richesses pétrolières de l'Afrique centrale, depuis le Soudan jusqu'à l'ensemble du Golfe de Guinée.

Certains vont d'ailleurs jusqu'à accuser Washington et des ONG proches du gouvernement américain d'employer le terme « génocide » (qu'ils sont les seuls à utiliser !) pour favoriser une intervention radicale de l'OTAN afin de renverser le régime de Khartoum et mettre en place un régime démocratique. Le scénario irakien en miniature. Le Sénat américain a ainsi adopté en février 2006 une résolution demandant l'envoi de troupes de l'OTAN au Darfour ainsi qu'une force des Nations Unies de maintien de la paix. Le mois plus tard, le Président Bush demandait aussi des forces additionnelles au Darfour. Génocide ? Ou pétrole ?

Le gouvernement américain a mis en place un programme d'appui militaire au Tchad, qui fait partie du programme Pan Sahel qui vise à former les armées des pays sahéliens à la lutte contre le terrorisme. Globalement, le Soudan est en conflit avec le Tchad, l'Uganda et l'Erythrée, trois pays dans lesquels les USA développent des programmes militaires et entretiennent des forces armées.

Aujourd'hui, les USA se sont largement implantés dans l'ensemble du Golfe de Guinée et au Tchad qui devrait fournir jusqu'à 15% des importations de pétrole brut.

La France, discrète dans la crise du Darfour mais bien présente dans le conflit régional

La France s'était largement impliquée dans l'exploitation du pétrole tchadien mais s'est retirée du consortium pour se concentrer sur l'exploitation off-shore dans le Golfe de Guinée. Les entreprises françaises sont cependant très représentées dans la sous-traitance d'opérations du Consortium au Tchad.

La France s'est retrouvée impliquée dans le conflit du Darfour par son soutien à Deby. Paris a d'abord apporté une aide ponctuelle et indirecte, qualifiée « d'humanitaire », aux rebelles soudanais, notamment en évacuant en Transall des blessés du Darfour, rebelles de la SLA (plus tard ceux du MEJ en 2006) ou soldats tchadiens. Selon Le Monde du 5 mai 2006, « si l'implication française est restée anecdotique, elle a contribué à la dégradation des relations entre Paris et Khartoum excellentes quelques années plus tôt ». Paris est pris entre ses intérêts économiques au Soudan et géostratégiques au Tchad.

La France est un acteur central de la crise du Darfour en ces sens où elle soutient durablement le régime tchadien qui est lui-même très largement impliqué dans la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire au moins dans l'Est du Tchad, et selon certains auteurs, également largement responsable du déclanchement de la guerre civile en 2003 au Darfour.

Le Tchad : Un conflit croisé avec le Soudan

En juin 2000 la Banque Mondiale approuvait le financement du projet d'exploitation pétrolière et d'oléoduc Tchad – Cameroun en partenariat avec le consortium conduit par Exxon-Mobil. C'était la 1ère fois que la Banque mondiale finançait un projet privé. Face aux dénonciations des ONG tchadiennes et internationales qui craignaient une aggravation de la corruption et de la violence mais aussi des atteintes à l'environnement, la Banque s'était engagée à garantir le caractère d'utilité publique de ce projet. C'est ainsi que la Loi 001 garantissait la traçabilité et l'affectation des revenus du pétrole aux secteurs du développement : santé, éducation, infrastructures. Ce projet devait faire du Tchad l'exemple où l'or noir ne serait pas une malédiction pour le pays mais une ressource naturelle dont les revenus contribueraient de manière significative à la lutte contre la pauvreté dans un pays classé parmi les 5 plus pauvres au monde.

L'augmentation des revenus du pays est probablement une des raisons de la reprise en 2004 du cycle des rebellions suivies d'accords de paix concrétisés par des transferts financiers non négligeables. Par exemple, le ralliement fin décembre 2006 de Mahamat Nour, le leader du FUC qui avait attaqué la capitale au printemps, s'est soldé par une prime de ralliement de 13 milliards de CFA. Plusieurs mouvements armés sont en négociation avec le régime en ce moment à Tripoli, Libreville et Cotonou. Combien cela va-il coûter au budget de l'Etat ?

De plus, face aux multiples rebellions qui se sont succédées de 2004 à aujourd'hui, le Président Deby a utilisé les ressources de l'Etat pour organiser la défense de son régime si peu légitime. En janvier 2006, il décide unilatéralement de modifier l'affectation des revenus du pétrole en incluant le secteur de la sécurité dans les secteurs prioritaires. Il a ainsi acheté des hélicoptères de combat russe (MI..), des chars, des armes légères…Il a également utilisé les ressources pétrolières pour recruter des troupes. L'armée tchadienne est passée de 25 000 hommes en 2005 à 75 000 hommes mi-2006. Des mercenaires sont employés notamment dans le domaine de l'aviation.

Pour se défendre en mars-avril 2006, Deby a fait appel aux seules forces disponibles efficaces qu'étaient les forces du MEJ, le Mouvement pour l'Egalité et la Justice, mouvement soudanais d'inspiration islamique, en rébellion contre Khartoum. Il les a appuyés en armes et financements.

Au Tchad, on peut dire sans hésiter que l'argent du pétrole a, comme prévu par les ONG, aggravé la violence dans un pays et une région très fragile et en proie à des conflits militaires internes depuis plus de 30 ans. L'augmentation attendue des revenus publics a aggravé les tensions internes pour l'accès à cette nouvelle rente, a renforcé le cycle rebellions / ralliements et les allégeances au régime se sont achetées depuis à coups de milliards. La perspective du triplement des recettes pétrolières prévu entre 2007-2008 aiguise les appétits.

Les revenus du pétrole tchadien ont également financé en partie les mouvements rebelles soudanais en lutte au Darfour contre le Khartoum tandis que les revenus pétroliers soudanais ont permis de financer la répression par les djanjawides mais aussi les mouvements rebelles tchadiens en lutte contre Ndjaména.

Conclusion

La crise du Darfour n'est pas le simple résultat d'un affrontement entre ethnies en compétition pour la terre et l'eau. Cette crise est le fruit d'une succession d'événements et de manipulations qui ont fait de cette région une poudrière qui ne pouvait qu'exploser : politique arabe de la Libye, concentration des pouvoirs à Khartoum et exclusion des régions périphériques, guerres tchadiennes, sécheresse et délitement des modes de régulations traditionnels des conflits….

Selon G. Prunier, « la révolte contre Khartoum engagée en 2003 superpose deux phénomènes très différents : une révolte de la périphérie contre le centre d'une part, et une guerre civile à l'échelon local d'autre part, entre ceux qui percevaient désormais comme les ennemis des Arabes dirigeants ce centre depuis Khartoum et les Arabes du Darfour qui acceptaient de se fait l'instrument du centre lointain. »

Cette crise se déroule à partir de 2003 alors que, vue de l'étranger, la situation au Soudan semble se normaliser : début des négociations de paix en janvier 2000, arrestation de Tourabi, alignement du Soudan sur la politique de lutte contre le terrorisme, accord de paix et de partage des ressources issues du pétrole en 2002.

Le pétrole a été au cœur de la guerre au Sud Soudan en 1984 et participe aujourd'hui de multiples façons dans la crise du Darfour.

L'augmentation des revenus pétroliers due à la mise en exploitation des champs pétroliers dès 1999 au Soudan et en 2003 au Tchad est en effet au cœur des crises soudanaises et tchadiennes. Elle attise les convoitises des différents clans au pouvoir et légitime des négociations pour une plus juste répartition. Après l'accord 50/50 entre le Sud et le Nord Soudan, Khartoum n'a certainement pas voulu négocier avec une nouvelle région périphérique au risque de devoir partager encore un peu plus la part qui lui revient. D'un autre côté, l'argent du pétrole a servi et sert encore à acheter des armes qui alimentent aussi bien les actions gouvernementales que les rebellions dans les deux pays. On estime que 80% des revenus pétroliers ont servi à acheter et produire des armes au Soudan depuis 1999. Le Tchad a de son côté affirmé son droit d'utiliser les revenus du pétrole pour acheter des armes en contradiction avec ses engagements pris avec la Banque mondiale.

De manière beaucoup plus large, on assiste à une confrontation entre deux grands pays, les USA et la Chine, pour élargir et sécuriser leurs importations pétrolières dans une région stratégique sur le marché mondial. La Chine tire environ 30% de son pétrole brut de l'Afrique, et les USA visent à importer jusqu'à 15% de leur consommation.

Cette région d'Afrique est une priorité en terme de contrôle des ressources mondiales. La région Tchad / Soudan est une zone d'affrontement directe. Par exemple, en 2006, le Chine a repris ses relations diplomatiques avec le Tchad (en excluant Taiwan) et vise à investir directement dans les nouveaux champs du sud-est du pays non loin du Darfour. Elle empiète là directement sur une zone contrôlée par les américains.

Les chinois se sont lancés dans une série extraordinaire d'initiatives diplomatiques qui ont rendu les Américains furieux. La Chine se sert de crédits en dollars sans conditions pour obtenir l'accès aux vastes ressources en matières premières de l'Afrique tandis que de côté les Américains se servent de leurs relais habituels, le FMI et la Banque mondiale.

Cet affrontement pour les ressources pétrolières à travers des gouvernements et des mouvements rebelles armés fait dire à de nombreux auteurs qu'il s'agit là d'une nouvelle guerre froide entre les deux grands géants que sont les USA et la Chine.

Références Bibliographie

Ont été consultés entre autres :

« Le Darfour, un génocide ambigu », Gérard Prunier. Ed. La Table Ronde, Paris, 2005

Dossier « Le pétrole en Afrique ». Afrique Contemporaine, N°216, Ed. Agence Française de Développement, Paris, 2005.

Arms, oil and Darfour ». Sudan issue brief. Human Security Baseline Assessment. Number 7, July 2007

«Soudan, les armes continuent de favoriser des atteintes graves aux droits humains au Darfour ». Amnesty International, Mai 2007.

« La Chine, le pétrole et l'Afrique », Chung-lian Jiang, www.geopolitis.net

« Les conflits tchado-soudanais. Enjeux régionaux et globaux ». Jean Philippe Remy, Le Monde, Paris, 5 mai 2006.

« Oubliez le génocide, il y a du pétrole ». F. William Engdahl, Asia Times Onlines, 25 mai 2007.

« Force d'interposition au Darfour : les Etats-Unis et la France se disputent la direction des opérations au détriment de l'Union africaine ». Tony Busselen, 11 septembre 2007

« Divided They Fall : The Fragmentation of Darfur's Rebel Groups ». Victor Tanner et Jérôme Tubianna. Published by Small Arms Survuy, Geneva, July 2007.

« L'or noir, malédiction des Sud-Soudanais ». Patrick Saint-Paul, Le Figaro, Paris, 14 mai 2001.

1 Pour toute cette 1ère partie, les informations ont été très largement reprises du livre de Gérard Prunier (voir Bibliographie) sans indiquer systématiquement les parties reprises par des guillemets

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