Le changement climatique :
Réalité ou Imposture ?
Quelle place pour la science ?

Jean Laherre

Géographe, Université Paris I

et

Martine Tabeaud

Géographe, Université Paris I

Compte rendu par Jean-Pierre Morillo

TZR PLP Lettres-Histoire de Charente

Compte-rendu

La conférence qui eut lieu sur le thème et le débat qui s'en suivit fut très animé car le contenu prenait à contre-pied un ensemble d'éléments semble-t-il acquis et cherchait à susciter une approche peu connue du grand public sur le thème du changement climatique. Volontiers provocatrice sur certains points ou déclarations, la conférence eut le mérite de soulever de nombreux aspects importants qui, tout en reconnaissant la réalité du changement climatique, contestent grandement le rôle de l'homme dans celui-ci, proposent plutôt l'idée d'un cycle naturel et surtout mettent en relief de nombreuses failles dans les relevés de mesures scientifiques sur lesquelles se basent les études scientifiques. Quel que soit l'opinion de l'auditeur sur le contenu de la question, il n'en demeure pas moins que cette conférence eut le mérite de rappeler l'importance de la rigueur scientifique en la matière.


Tout d'abord, les conférenciers rappelèrent que la science, pour le grand public, a une valeur intangible de refléter la réalité et dont les conclusions cartésiennes prouvées sont définitivement acquis. Alors que la science est avant tout basée sur le doute et la primordiale nécessité des remises en causes permanentes des théories les plus établies. Or, avec la diffusion très large vers le public de la question du réchauffement climatique, jamais on ne remis en cause un certain nombres de points importants :

  1. Les mesures qui quantifient l'évolution climatique n'ont jamais été remis en questions alors qu'ils comportent d'importantes marges d'erreurs et la cause officielle très discuté de l'effet de serre.

  2. L'établissement des modèles théoriques basés sur ces mesures qui ont souvent une valeur très discutables

  3. L'influence du GIEC dont l'influence est importante mais aux conclusions complexes trop souvent simplifiés pour le grand public

  4. L'enjeu majeur qui sous-tend cette peur du changement climatique.

Le problème des mesures

Je vais donc tâcher de résumer sans trahir la substance de ce qui a été évoqué lors de la première partie de la difficulté de prendre des mesures fiables pour quantifier l'évolution climatique. Tour d'abord, celle-ci se base sur le relevé régulier de température. Or, si l'on regarde avec attention ceux-ci, on constate que le thermomètre ne fut inventé qu'au XVI°s et dont la marge d'erreur pouvait être grande. Ce n'est qu'au XX°s que les mesures précises et correctes sont faites grâce à une technologie plus fiable. Ainsi, les registres de mesures de températures conservées qui servent d'étalon pour baser l'augmentation de la température n'ont, de fait, pas de grande précisions et ne peuvent être prises pour argent comptant. De plus, le relevé de température n'est pas aussi dense et régulier partout dans le monde. Si les registres couvrent relativement bien l'Europe de l'Ouest, celles de l'Est, de l'Afrique, de l'Asie, de l'Océanie et des Amériques n'existent presque pas. De fait, il y a une extrapolation des données du climat européen à l'échelle planétaire très discutable. Dans la réalité, la première station météo fut crée à Paris en 1850. En 2007, il n'existe dans le monde que 2732 stations. Or chacun sait que le climat est largement influé par les zones polaires et équatoriales qui n'ont eut de stations que très récemment. Si elles notent bien des températures qui s'élèvent, il est difficile de pouvoir comparer de manière fiable sur le long terme. Enfin, les registres des plus vielles stations européennes qui nous permettent de retracer sur plusieurs siècles l'évolution des T°c apparaissent comme les seules données fiables. Or, si jadis les stations avaient été établies en pleine campagne, elles sont désormais englobés dans les ceintures urbaines comme celle de Montsouris. De fait, la température relevée est nécessairement plus grande qu'auparavant. Ainsi, les comparaison sur le long terme ne peuvent être faites de manière scientifique. En conclusion, La hausse inéluctable des températures présentés depuis les registres des stations météo ne sont pas fiables. Elles n'indiquent qu'il n'y a une hausse de températures que là où se trouvent les stations et on ne devraient pas extrapoler aussi facilement sur le reste du monde.

De fait, les conférenciers se sont attachés à expliquer les différentes méthodes utilisées pour collecter des données complémentaires. Certains ont recherché des sources historiques et des marqueurs dans les annales et chroniques et des journaux. Mais les relevés n'ont jamais été fiables, et certaines mentions difficilement interprétable (comment interpréter les mentions de grand froid, gel fort gel, doux… ?)

C'est par des relevés géologiques que les données les plus pertinentes sont donc faits. Pour les géologues, il y eut de nombreuses variations climatiques avec des cycles long, moyen et court terme qui s'interposent. Les dernières ont été le moyen âge chaud du Moyen-âge, le petit âge glaciaire du XVI-XVIII°s notamment. Ainsi, le climat n'a jamais cessé de se modifier parfois sur un bref laps de temps et de manière souvent radicale. La terre a même été pendant très longtemps très chaude à l'époque jurassique et certains géologues évoquent une période où la terre fut totalement glacé dans les premiers temps de sa formation. Il s'avère, selon les géologues, que la Terre est actuellement dans une phase de période interglaciaire insérée dans un temps plus long d'ère glaciaire. En conclusion, le rôle de l'homme n'est pas aussi clairement déterminant que l'on le dit ; les accents catastrophiques n'ont pas lieu d'être –la terre ne deviendra pas un désert- ; et le réchauffement climatique de 0,6 à 1° depuis 1880 – fourchette à prendre avec prudence au vue des remarques précédentes sur la température – n'apparaît pas comme catastrophique sur le très long terme géologique.

Enfin, la plupart des mesures ne prennent que très récemment la température océanique bien plus déterminante sur le climat que celle continentale. Or, là, les mesures ne sont que très récentes avec les premiers relevés satellitales.

La Cause du réchauffement : L'effet de serre.

Le coupable trouvé est sans conteste pour tous l'Homme et son activité industrielle. La preuve en fut fournit par le relevé des gaz à effet de serre et notamment le C0². Là encore, les conférenciers ont eut le plaisir de dérouter leur auditoire qui agréaient de cette remarque. En fait, selon eux, le rôle du CO² comme effet de serre n'est pas prouvé. Selon les relevés les plus précises, la t°c a commencé à augmenter environ 800 ans avant que la courbe de CO² ne s'élève ensuite. De fait, cette fameuse corrélation n'a pas lieu d'être. Surtout, les conférenciers ont montré que le CO² n'est pas un gaz à effet de serre très puissant au contraire de la vapeur d'eau. C'est, en quantité, la vapeur d'eau qui a la capacité de jouer un rôle bien plus grand : le CO² est mille fois moins concentré en volume que la vapeur d'eau. De plus, les relevés qui attestent d'une augmentation de CO² se basent sur les carottes glaciaires extraites en antarctique et Groenland. Or, il est prouvé que la concentration de CO² est plus importante sous forme de glace que dans l'air. Il est bien plus pertinent de se référer aux données recueillis sur des plantes et arbres qui indiquent d'importantes fluctuations au cours du temps tandis que les mesures des carottes ne montrent que l'augmentation brutale de l'ère industrielle sans retracer les fluctuations précédentes. Enfin, on a pris l'habitude de dater les bulles de gaz selon la profondeur de celle-ci à l'intérieure de la carotte. Or, il faut opérer de complexes corrections pour bien dater cette bulle, ce qui n'est pas forcément fait.

En conséquence, les théories actuelles lient intrinsèquement le réchauffement des t°c avec l'augmentation du CO². Or, ce dernier n'est pas la cause mais la conséquence de la hausse des t°c.

Les modèles théoriques

Les scientifiques se sont attachés dès les années 70 à établir des modèles de projections pour estimer les évolutions futures du climat de la Terre. Depuis, le nombre de critère s'est considérablement étoffé mais ont tous pour constats :

  • Augmentation des températures

  • Augmentation des gaz à effet de serre

  • Fonte des glaciers

  • Augmentation du niveau marin

Mais tous les modèles ne peuvent résoudre d'importantes incertitudes qui en fragilisent d'autant leur portée :

  • Le rôle des nuages

  • Les courants océaniques

  • Les variations cycliques del Niño et de la Niña

  • Les cycles de froid tous les 30 ans

  • Le réchauffement irrégulier des t°c

Comme les postulats de départs sont trop différents, les résultats de ces modèles sont aussi très différents. Sans compter que les modèles ne sont plus purement géographiques ou climatiques mais intègrent une foule de critères spécieux économiques qui prévoit selon telle ou telle attitude de consommation d'énergie telle ou telle conséquences. A multiplier ainsi des critères socio-économiques et en faire des projections, la pertinence des modèles, loin de s'étoffer et de s'affiner finit par s'étioler.

Le GIEC

Le Giec fournit un rapport considérable fruit des travaux scientifiques de pointes et, à ce titre, a finit par devenir la référence sur la question du réchauffement. Ses projections intègrent des données démographiques, de la fécondité, économiques, sur le choix des énergies, et le poids des nouvelles technologies.

Mais en mêlant les modèles climatiques et les modèles de développement économiques, on aboutit à des scénarios planétaires de modes de vies, scénarios qui ne doivent être pris que comme tels et non comme des vérités ou des prévisions. Confondre projections et prévision serait une cruelle erreur. Le Giec a ainsi établit 6 grandes lignes de projections fictives plausibles relayés par les médias comme étant des prévisions depuis 1998. Ce ne sont finalement que des spéculations qui sont transformés en dogmes intangibles.

De plus, le Giec, crée en 1998, regroupe près de 2000 spécialistes et se réunit très régulièrement en trois commissions : Sciences, Impacts et Politiques. Il produit un rapport tous les 5-6 ans qui synthétisent les travaux des articles des chercheurs. Or, le Giec tend à subir d'énormes pressions politiques pour que ses conclusions soient plus acceptables, nombres d'articles relayées ont été plus ou moins censurés, de nombreux spécialistes qui doutaient légitimement d'une corrélation entre réchauffement climatique et actiond e l'homme ont été progressivement remerciés. Enfin, le rapport de 3000 pages est ensuite résumé par secteurs ou pays et chaque simplification induit un gommage des incertitudes présents dans ce rapport. Ainsi, cela donne une image faussement homogène pour le grand public.

Il y a une certain catastrophisme relayé par bons nombres d'ouvrages pseudo-scientifiques qui, pour satisfaire les critères marketing, développent des titres de plus en plus effrayants voire apocalyptique, où le virtuel et les scénarios plausibles se transforment en prédictions nostradamusiennes , où l'on oublie que l'homme n'est qu'un animal, que le réchauffement climatique l'affecte mais bien moins que l'immense autre majorité des espèces ; que l'homme n'est pas la Terre. Celle-ci continuera d'exister, sous une forme différente mais qui est le trait de l'évolution. Au crétacé, il n'y avait aucune glace nulle part.

Les Enjeux

Les enjeux du réchauffement climatiques sont considérable du point de vu géographique : périls des écosystèmes, montée du niveau de la mer, nouvelles maladies etc…

Mais l'impact ne sera forcément pas globale et nombres de vastes régions ne subiront que peu de transformation. Certes, les îles les moins peuplées risquent de disparaître mais cela ne menace en rien l'immense majorité de la population mondiale. Il n'y aura pas de scénarios « Tous perdants ». Les pays industrialisés, par leur technologies et leurs économies, seront capable de faire face et de pallier les nouvelles contraintes qu'induit le réchauffement climatique. En revanche, les pays pauvres auront de plus grandes difficultés. De plus, la fonte des glaces peut aussi être un avantage considérable pour les pays nordiques qui y voient une nouvelle route libre. De même, de nouvelles terres agricoles peuvent devenir exploitable.

En conclusion, les conférenciers ne niaient pas la réalité du réchauffement climatiques mais replaçaient les études du point de vue de la théorie et non de la certitude. L'imposture est, à leur yeux, de présenter les données scientifiques qui peuvent être contradictoires et contestées, en une prédiction absolue. Ils regrettaient aussi le manque de transparence des données, le catastrophisme ambiant, le caractère inéluctable du réchauffement.

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