Éoliennes et paysage :
la géomatique dans le vent !

Hélène DURAND

Atelier Languedocien d'Information Spatialisée (Alisé)

Résumé Article complet


Fig. 1 – Paysage de bocage dans l'unité paysagère « Thiérarche »

Introduction / Résumé :

Le développement de l'énergie éolienne dans les parcs régionaux doit s'effectuer en respectant des contraintes fortes : « Le parc souhaite contribuer au développement des énergies renouvelables, tout en assurant la préservation des paysages de l'environnement et de la qualité de vie des habitants. » Parc naturel de Lorraine. Face à ces contraintes de nombreux parcs régionaux français ont mis en place des schéma ou d'autres documents de planification de l'éolien et ont misé sur une forte concertation de la population.

A la demande du Parc Naturel régional de l'Avesnois, et en amont de toute construction sur leur territoire, nous avons été chargé de mettre en œuvre certaines analyses reposant sur la richesse de la géomatique pour anticiper, simuler et mesurer les impacts potentiels de ces éoliennes sur le paysage.

Le Syndicat Mixte du parc naturel régional de l'Avesnois, a décidé d'élaborer un schéma éolien territorial qui concernera les 129 communes adhérentes et les 5 communes associées. Les objectifs attendus d'un tel schéma sont les suivants :

  • Disposer d'une vision globale cohérente, intégrant notamment les potentialités territoriales éoliennes, les composantes environnementales, paysagères, de cadre de vie,…

  • Identifier et qualifier, «les secteurs géographiques qui paraissent le mieux adaptés» , ceux ou elles seront exclues et ceux où elles pourront être admises sous certaines conditions,

  • Aider les élus du bureau à formuler un avis pertinent sur les futurs projets éoliens,

  • Constituer un document d'aide à la décision pour les élus des communes et communautés de communes, qui souhaiteraient soutenir, porter des projets éoliens,

  • Informer les porteurs de projets pour l'élaboration de leurs projets.

Considérant que l'implantation d'éoliennes constitue un projet d'aménagement paysager, que l'enjeu pour le Parc est de conserver la diversité et les singularités des paysages de son territoire, l'analyse des effets sur les paysages est indispensable à la définition d'un schéma éolien territorial qui est un document de planification, d'information et d'aide à la décision.

L'approche paysagère a été menée par une approche sensible (par une paysagiste), afin de caractériser les enjeux paysagers de chaque unité paysagère dans sa globalité et a été complétée par une analyse spatiale détaillée au 1 : 25.000 (menée par Alisé géomatique) .Le développement d'un applicatif multicritère, exploitable sous ArcGis, utilisant l'extension spatial analyst aura permis d'accéder à  :

  • un outil d'aide à la décision, pour définir le zonage du schéma territorial éolien du territoire du Parc

  • un outil de porter à connaissance, interactif des données utiles la définition de futurs projets éoliens

  • d'un outil d'analyse de futurs projets qui faciliterait la consultation des élus du Parc lors des avis consultatifs émis sur les études d'impact.

Des méthodes originales ont été développées pour lancer, en temps réel, des hypothèses d'implantations et apprécier, les effets sur le paysage de ces éoliennes :

    1. les effets visuels et en particularité la sensibilité des différents paysages de l'Avesnois, ont été caractérisés par entité

    2. la perception des lieux de vie (zone d'habitat) en statique a été étudiée (surface concernée selon des cercles de distance défini en temps réel par l'utilisateur, angle de vision).

    3. la perception dynamique à partir des voies de circulation (routes, réseaux ferrés, itinéraires de grande randonnée) ont été calculées.


Fig. 2 – Parc éolien au soleil couchant en Languedoc Roussillon


1 - Le contexte

1.1 Contexte national

Les éoliennes sont des unités de production d'électricité qui s'inscrivent dans une démarche de développement durable (diversification énergétique, production décentralisée et sans rejet, réponse aux engagements pris par la France à Kyoto pour la réduction des gaz à effet de serre, etc.).

Alors que ces aménagements ne sont pas neutres sur l'espace visuel environnant, leur multiplication dans certaines régions peut être ressenti, par certains, comme une « intrusion » ou une « pollution visuelle » (au même titre d'ailleurs que d'autres projets d'aménagement ponctuels ou linéaires, susceptibles de faire évoluer un paysage tels que des tracés d'Autoroute, de TGV, des installations de Ligne à Haute tension, etc..). D'autres percevront au contraire cette nouvelle source d'énergie comme un changement positif qui exprime une nouvelle forme d'activité et apprécieront sa ligne élancée….

Indépendamment de chaque position individuelle, les enjeux paysagers dans l'aménagement éolien doivent donc être pris en compte en amont de tout projet, d'autant que ce critère d'insertion paysager peut être bloquant dans une phase finale au moment du permis de construire.

Le développement de l'énergie éolienne dans les parcs régionaux doit donc s'effectuer en respectant des contraintes fortes : « Le parc souhaite contribuer au développement des énergies renouvelables, tout en assurant la préservation des paysages de l'environnement et de la qualité de vie des habitants. » Parc naturel de Lorraine. Face à ces contraintes de nombreux parcs régionaux français ont mis en place des schéma ou d'autres documents de planification de l'éolien et ont misé sur une forte concertation de la population.

La législation récente évolue dans ce sens puisque qu'un nouveau document réglementaire, la loi d'orientation du 13 juillet 2005, introduit le principe de création de Zones de Développement de l'Eolien (Z.D.E.) «… définies en fonction de leur potentiel éolien, des possibilités de raccordement aux réseaux électriques et de la nécessaire protection des paysages et des monuments historiques, sites remarquables et protégés.». Ces ZDE permettent aux installations éoliennes qui y sont situées de bénéficier de l'obligation d'achat des Kilowatts produits par EDF.

1.2 Vocation du schéma éolien

Un schéma éolien s'inscrit dans la première phase d'analyse, sur un vaste territoire, permettant d'aboutir à la définition de sites éoliens propices, en amont de toute étude de faisabilité détaillée. Cette dernière étape s'appuie sur des documents plus précis et plus détaillés (étude d'impact, accord fonciers, conformité avec les documents d'urbanismes, etc..)

Le Syndicat Mixte du parc naturel régional de l'Avesnois, dans le cadre de son programme d'actions 2005, a décidé d'élaborer un schéma éolien territorial qui concernera les 129 communes adhérentes et les 5 communes associées.

Les objectifs attendus d'un tel schéma sont les suivants :

  • Disposer d'une vision globale cohérente, intégrant notamment les potentialités territoriales éoliennes, les composantes environnementales, paysagères, de cadre de vie,…

  • Identifier et qualifier, «les secteurs géographiques qui paraissent le mieux adaptés» à l'implantation d'éoliennes, les espaces au sein desquels les éoliennes doivent être exclues et ceux où elles pourront être admises sous certaines conditions,

  • Aider les élus du bureau à formuler un avis pertinent sur les futurs projets éoliens,

  • Constituer un document d'aide à la décision pour les élus des communes et communautés de communes, qui souhaiteraient soutenir, porter des projets éoliens,

  • Informer les porteurs de projets pour l'élaboration de leurs projets.

Le périmètre d'étude retenu est celui des communes adhérentes du PNR afin d'avoir une vision globale et de mener une réflexion territoriale.


Fig 3 – Territoire du PNR , zones échantillons éoliens et
observatoire photo géoéréférencé de ces ces zones retenues par le parc.

Une centaine de zones « échantillon » réparties sur tout le territoire (cf. Fig. 3), ont été retenues par le parc afin d'établir des scénarii de sensibilité et de perception dynamique sur celles-ci.

1.3 Un SIG existant

En s'engageant dans l'élaboration d'un SIG dès l'année de sa création, le Parc naturel régional de l'Avesnois dispose aujourd'hui d'un outil pluridisciplinaire de connaissance, d'analyse, d'expertise, de mise à disposition de l'information et d'évaluation de l'évolution du territoire au service des 130 communes du Parc. Les bases de données multi-thématiques qui enrichissent le SIG au gré des études menées, des acquisitions et des échanges de données constituent un outil d'aide à la décision notamment en matière d'aménagement du territoire.

La prise en compte sur le territoire de l'enjeu « bocage » (qui occupe une place importante dans la charte du Parc) nécessitait une connaissance approfondie, spatialisée et actualisable de l'occupation du sol et du maillage bocager sur l'ensemble des 124 000 hectares du territoire. La photo-interprétation d'une couverture d'orthophotoplans a ainsi été réalisée en 1998 et mise à jour sur les orthophotoplans de 2003. Cette donnée (parcelles fonctionnelles d'usage des sols et linéaire de haies), précieuse au quotidien pour l'équipe technique du Parc et pour tous les acteurs du territoire, permet notamment, couplée à un MNT, de réaliser un Modèle numérique d'élévation riche et éclairant pour les problématiques paysagères notamment.


Fig 3bis – Les étapes de constitution du Modèle numérique d'Elévation.

1.4 Les attentes vis à vis d'une application au service des paysages

Les élus du Parc ont souhaité que ce travail de planification au sein du schéma éolien soit conduit de manière concertée avec l'ensemble des acteurs concernés. Considérant que l'implantation d'éoliennes constitue un projet d'aménagement paysager, que l'enjeu pour le Parc est de conserver la diversité et les singularités des paysages de son territoire, l'analyse des effets sur les paysages est indispensable à la définition d'un schéma éolien territorial qui est un document de planification, d'information et d'aide à la décision. Le parc a donc accordé une importance prioritaire aux enjeux paysagers, en amont de toute contrainte économique ou de raccordement.

Les attentes de l'analyse des effets sur les paysages se sont focalisés sur :

  • les effets visuels et en particularité la sensibilité des différents paysages de l'Avesnois, caractérisés par unité paysagère

  • la perception des lieux de vie (zone d'habitat) et des voies de circulation (routes, réseaux ferrés, itinéraires de grande randonnée)

2 - Le volet paysager du schéma éolien

2.1 Notion de base : approche avancée de la visibilité

  • Calcul de plan de visibilité

L'identification des Zones d'influence visuelle des futures éoliennes repose sur le calcul de plusieurs « plan de visibilité ».

Comme l'indique le schéma ci-dessous, ce plan permet de calculer en tout point du territoire quelles sont les zones (en trait continu sur le plan résultant) qui voient le phare et quelles sont les zones qui ne le voient pas, en tenant compte du relief, mais également des écrans visuels ou « sursol » (bâtiments, écrans de végétation) cf Fig 3bis


Fig. 4 – Plan de visibilité (source JM Robbez Masson)

  • Angle de vision des éoliennes

Une notion clé dans la prise en compte de la perception des éoliennes est l'angle sous lequel elle est perçue par l'utilisateur.

Perçue sous un angle faible, l'éolienne se confond avec l'horizon. Elle ne vient pas introduire de changement d'échelle verticale majeur par rapport aux éléments significatifs du paysage environnant (haies d'arbre, patrimoine bâti, etc…).

A l'inverse, perçue sous un angle élevé (plus de 15 °) l'éolienne appelle le regard de l'observateur en introduisant éventuellement des phénomènes de surplomb, parfois dommageables pour les perspectives environnantes et introduisant un rapport d'échelle nouveau.


Fig. 5 – Illustration des classes d'angle de perception d'éoliennes sur des parcs existant
(de gauche à droite 18° - 6° - 2°)


Fig. 6 – Décroissance de l'angle de perception de l'éolienne selon la distance

L'angle décroît rapidement selon la distance. Il nous a donc semblé opportun de ramener les simulations d'insertion à cette notion d'angle de perception de la future éolienne (cf. fig. 7 qui illustre l'influence du modelé qui vient renforcer, ou, au contraire, atténuer la hauteur de l'éolienne), plutôt qu'a la distance, qui ne tient pas compte du relief. La distance est pourtant plus communément utilisée comme indicateur, car elle ne nécessite pas la puissance de calcul d'un SIG, ni l'accès à un Modèle numérique de terrain.


Fig. 7 – Calcul de l'angle de perception de l'éolienne prenant en compte le modelé du terrain

La carte résultat (Cf. fig. 8), illustre les classes d'angle sous lesquels seraient perçue une éolienne de 100 m de haut, implantée au point rose.


Fig. 8 – Simulation de l'angle de vision de 4 projets d'éoliennes (en rose) répartis dans 3 zones échantillon (en bleu)

  • Notion de permanence visuelle

La notion de permanence visuelle a été introduite pour apprécier le temps de permanence de la vision de l'éolienne dans le champ d'un observateur en mouvement. Les éoliennes sont en effet plus souvent perçues lors des déplacements dans un territoire (trajet domicile- travail, circuit touristiques, boucles de randonnées, etc) que depuis des points de vue fixes nécessairement assez éloignés des habitations.

Lors d'un colloque qui se tenait en Languedoc Roussillon sur le thème de l'éolien, un paysagiste, exprimait combien un touriste empruntant l'autoroute vers l'Espagne pouvait résumer sa perception à une séquence plage – éolienne – plage – éolienne. C'est l'accumulation dans le champ visuel qui peut entraîner une perception fausse et amplifiée de la présence de ces éoliennes, compte tenu de leur temps de perception élevé depuis cette autoroute (situé à proximité du couloir de vent).

Nous nous sommes attachés à évaluer ces temps de permanence visuelle en prenant en compte l'ensemble des axes de découvertes majeurs du parc (Routes principales, axes paysagers, G.R, voies ferrées), et en affectant des paramètres de vitesse et d'ouverture visuelle (latérale pour un train, frontale pour une voiture) propres à chaque mode de déplacement comme l'indique la figure 9 ci-dessous.


Fig 9 – Ouverture horizontale et verticale du champ de vision

2.2 Un rendu mêlant approche sensible et approche numérique

L'approche d'un territoire aussi vaste que celui d'un parc régional, nécessite la mise en œuvre de méthodes complémentaires. Une immersion sur le terrain (approche reposant largement sur la sensibilité de l'observateur) permettra de se familiariser avec les diverses ambiances de ce terroir largement agricole, où alternent plateaux ouverts de grandes cultures et valons plus boisés, et de créer un observatoire géoréférencé des paysages actuels, comme état de référence.


Fig. 10 – Croquis de l'unité paysagère « Thiérarche », © Nathalie Rolland


Fig. 11 – observatoire photographique des paysages rencontrés dans les zones échantillon.

Cette étape permettra d'envisager les mutations associées à l'insertion d'un ouvrage vertical dans ces paysages, en complément d'une approche générale, analysant les grandes caractéristiques physiques, morphologiques et paysagères du parc. Ce travail s'appuie largement sur l'ensemble des bases de données réunies par le parc (BD d'occupation du sol, MNT, réseau de voiries, ensemble des Haies du parc, etc) et abouti à la hiérarchisation globale de chacune des unités.

Enfin une deuxième approche, plus fine, menée au 1/25.000 permettra d'apprécier finement les zones de perception des éoliennes, selon différentes hypothèses de hauteur et d'implantation et permettra d'identifier les différentes contraintes (réglementaires, environnementales, etc..) existant en ces points.

2.3 Les résultats

A l'issue de cette étude chacune des 10 unités paysagères que constitue le parc a été analysée au regard de sa compatibilité avec l'éolien en retenant des critères tels que :

  • La structure du paysage

  • Les points de vue

  • Les points d'appel

  • Les perspectives visuelles

De manière plus détaillée l'ensemble des 100 zones échantillons ont été classées selon trois critères :

Défavorable, favorable ou favorable sous réserve, au regard des analyses paysagères menées à l'échelle des grandes unités du parc et complété des simulations numériques détaillées présentées dans le chapitre précédent (angle de vision depuis les lieux d'habitation et permanence visuelle depuis les axes de découvertes du parc).


Fig. 12 – Carte de synthèse des zones favorables à l'implantation d'éoliennes

Enfin une application multicritère présentée dans le chapitre suivant permet d'avoir accès en temps réel à une simulation plus fine en chaque point de ces zones échantillon. Elle permettra ainsi d'apprécier en tout point du territoire les risques de co-visibilité avec des éoliennes existantes (en appréciant la superposition ou non de zones de perception de ces deux éoliennes selon des angles de vision élevés), mais également de connaître toute contrainte réglementaire ou paysagère existant en un point.

L'objectif final a donc été atteint, à savoir :

  • Hiérarchiser les zones échantillon favorable afin de limiter un mitage de l'espace par de petits projets éoliens isolés.

  • Assurer une cohérence paysagère en limitant les problèmes de co-visibilité.

3- Une application multicritère au service de la concertation

3.1 Présentation de l'application

Les attentes du Parc

Au-delà du premier rendu sous la forme d'un rapport écrit, le PNR de l'Avesnois a souhaité se doter d'une application multicritère mettant à profit toutes les données réunies dans le cadre de cette étude et offrant des possibilités de simulation infinies et en temps réel. Cette application numérique, développée sous ArcGis et faisant appel à Spatial Analyst, valorise ainsi pleinement le travail préalable de définition de méthodes en offrant la possibilité à tous les chargés de mission, non experts en géomatique, d'accéder à ces résultats.

Interface de l'application

L'interface se présente sous la forme d'un document ArcGis, où toutes les données ont été organisées par grands thèmes, et sont ainsi rapidement consultables :


Fig. 13 – Groupe de données accessibles sous Arc Map

La notion de groupe permet rapidement d'afficher/désafficher certains groupes selon le mode de consultation et de garantir, malgré le nombre important de données, une bonne lisibilité de ces documents cartographiques, quelle que soit l'échelle. L'extrait ci-dessous illustre la consultation des temps de visibilité depuis les sentiers de Grande Randonnée uniquement.


Fig. 14 – Temps de vision du territoire depuis les chemins de randonnées

Deux nouveaux outils spécifiquement développés sont accessibles par de nouveau icônes :

Les nouvelles fonctionnalités accessibles

  • Outil 1- « Recherche multicritère »

Ce premier outil permet de connaître en chaque point du territoire toute une batterie d'indicateurs utiles à la compréhension de l'environnement dans lequel se ferait une implantation d'éolienne. Un click souris par l'utilisateur au point d'implantation envisagé de l'éolienne, entraîne automatiquement l'ouverture d'une large boite de dialogue, comme suit :


Fig 15 – Interrogation des contraintes existantes autour du losange rouge

Cette boite de dialogue renseigne précisément sur :

  • toutes les contraintes réglementaires et paysagères existantes (en donnant la possibilité de connaître la surface des ces entités)

  • sur les surfaces urbaines situées dans 3 rayons de distance depuis ce point (rayon dont la valeur peut être modifiée par l'utilisateur), cf. fig. 16

  • sur les temps de perception de ces éoliennes depuis les principaux axes de découverte du parc (axes paysagers, routes, voies ferrées, sentier de randonnées), selon des hypothèses de hauteur de l'éolienne (100 ou 150 m de haut)

Le résultat est immédiat car il repose sur une simple interrogation. Il permet de bien comprendre les contraintes environnantes dans un rayon de distance que l'utilisateur choisi. Il aidera le parc à identifier les grands secteurs les plus propices ou bien les plus sensibles, en complément de la description de la sensibilité paysagère des unités, déjà remise au parc.


Fig 16 – Détail des zones urbaines (entourées de bleu ciel),
situées à moins de 500 mètres du projet d'éolienne (point rose)

Cette application permettra en outre de moduler, si besoin la hauteur des éoliennes. Selon la topographie des secteurs, leur temps de perception peut varier du simple au quintuple entre éolienne de 100m et une de 150m. Les gestionnaires du parc pourront proposer des tailles d'éoliennes, adaptées à chaque zone.

Remarque : cette outil de recherche multicritère est ouvert, puisque l'ajout de toutes nouvelles contraintes sera pris en compte automatiquement et listé dans la boite de dialogue.

  • Outil 2- Simulation de l'implantation d'éolienne

Cet outil permet de simuler les zones de perception de l'éolienne implantée en un point précis.

Un clic souris par l'utilisateur permet de lancer un calcul d'angle de visibilité de cette future éolienne en tout point du territoire et selon la hauteur saisie par l'utilisateur.


Fig. 17 – Simulation de l'angle de vision d'une éolienne de 100m
de haut (point bleu ciel)

3.2 Usage et limite

Cette démarche prospective, a reçu un écho très favorable de la part des élus du bureau du Parc. La qualité des analyses et surtout l'exploitation de l'outil de simulation pour l'analyse des implantations futures, rendent ce travail d'étude opérationnel.

Les résultats du rapport d'étude, concernant les 10 unités paysagères ont permis de rendre compte précisément de la structure du paysage, des points de vue, des points d'appel, des perspectives visuelles, autant d'éléments de caractérisation d'un territoire, indispensables pour l'élaboration du schéma éolien de l'Avesnois. Ces données compléteront les informations réglementaires classiques (les servitudes aéronautiques, les sites protégées pour des motifs environnementaux, paysagers ou historiques,…).


Fig. 18 – Contraintes réglementaire sur le parc

Toutefois, le caractère subjectif de certains critères techniques retenus dans ce volet paysager, dont la permanence visuelle et les angles de perception visuelle, font débat. Par exemple, pour certains élus, la proximité d'un parc éolien de voirie structurantes est à considérer comme un facteur d'attractivité et non pas un facteur de banalisation du paysage par la longueur de la permanence visuelle. Il convient donc au parc d'émettre des avis, des partis pris sur la base des données objectives fournies par l'application.

Il n'en demeure pas moins que les élus ont souligné l'intérêt de l'outil de simulation qui leur permettra d'émettre des avis circonstanciés au fur et à mesure que les projets d'implantation leur seront présentés. De plus, l'outil de simulation pourrait servir lors des réunions de concertation et de négociation technique sur les sites d'implantation avec les opérateurs et investisseurs de Parcs éolien.

Par ailleurs, les analyses des effets sur le paysages et l'outil de recherche multicritère, pourront être proposées aux communautés de communes, et au communes qui souhaiteraient présenter au préfet la création de Zones de Développement de l'Eolien (ZDE). En effet, les 3 critères de définition des ZDE (le potentiel éolien de la zone, les possibilités de raccordement aux réseaux électriques, la protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables et protégés), pourront être renseignés dans l'outil de simulation ou identifiés par les analyses paysagères existantes.

Ainsi, des informations pertinentes pour la délimitation des ZDE et la constitution des dossiers d'instruction auprès des services de l'état seront aisément exploitables avec un avantage majeur, celui de proposer différents scénarii, avec l'outil de simulation.

3.3 Reproductibilité à d'autres contextes.

Il est évident que les territoires qui souhaiteraient établir un schéma territorial éolien trouveront dans l'approche paysagère présentée un intérêt à la hiérarchisation des zones favorables ou non au regard des analyses paysagères menées à l'échelle de grandes unités. Complété par les simulations numériques détaillées présentées (angle de vision depuis les lieux d'habitation et permanence visuelle depuis les axes de circulation) dans ce travail .

Depuis la parution de la circulaire ministérielle du 19 juillet 2006 (qui fixe les critères de création des zones de développement de l'éolien), ce travail d'analyse paysagère couplé à l'exploitation des deux outils développés (la recherche multicritère et la simulation d'implantation) trouve là une nouvelle dimension.

Le premier outil « la recherche multicritère » permet de connaître en chaque point d'un territoire donné toute une batterie d'indicateurs utiles à la compréhension de l'environnement dans lequel se ferait une implantation d'éolienne. Ainsi les critères relatifs au raccordement au réseau, à la localisation des mesures de protection des paysages, des monuments historiques et des sites remarquables, le potentiel éolien peuvent y être renseignés et ce pour toutes les zones potentielles de développement de l'éolien. Une analyse comparée des zones peut être alors être réalisée, dans une démarche d'aide à la décision opérationnelle.

Le second outil de simulation d'implantation d'éolienne qui permet de simuler les zones de perception de l'éolienne implantée en un point précis, constitue un moyen démonstratif et visuel par la cartographie. Il permettra aux élus qui proposeront des ZDE, d'identifier les conséquences visuelles de ces dernières et ce par des scénarii d'implantation avec comme variables, le nombre, les modes d'implantation et la hauteur des éoliennes. Ces scénarii permettront par ailleurs de quantifier le potentiel éolien de chaque zone suivant la variable hauteur des éoliennes qui conditionne actuellement la puissance des éoliennes implantées.

Dans un deuxième temps ces analyses peuvent être complétées, ponctuellement, sur des projets plus aboutis par des simulations photo-réalistes. Celle-ci , sous réserve d'être crées dans des conditions de respect des proportions horizontales (pour ne pas minimiser par exemple la hauteur réelle de l'éolienne dans le champ de vision) peuvent compléter utilement cette première rapproche, à l'occasion de campagne de communication auprès du grand public.


Fig 19 – Simulation de la vision d'un champ d'éolienne de 100m de haut, alignées.

Coordonnées :

Alisé  - 340 Allée du Terral – 34430 St Jean de Védas. Tél. :04.67.42.61.00. E-mail : Helene.durand@wanadoo.fr.

Site WEB : http://pro.wanadoo.fr/alise

Parc naturel régional de l'Avesnois – 4 cour de l'Abbaye

59550 Maroilles

Tel :03.27.77.51.60

E-mail : contact@parc-naturel.avesnois.com

Site WEB : http://www.parc-naturel-avesnois.fr

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