Géohistoire du pétrole roumain

Corneliu Iacu et Ionel Muntele

(Université ,,Al.I.Cuza” Iasi - Roumanie)

Article complet

1. Courte esquisse des gisements de pétrole en pays roumains


L’étymologie du pétrole dérive de deux mots latins : petra(pierre) et oleum(huile). Formé il y a 100 millions ans, le pétrole n’est pas devenu un combustible que pendant la période moderne. L’Antiquité et le Moyen Age ont connu le pétrole plutôt en tant que remède (traitement des blessures, de l’asthme etc.) certains le voyant comme un sorte de panacée universel. L’industrialisation offrira au pétrole, à partir du XIXe siècle, une large palette d’utilisations devenant la principale matière première de l’industrie chimique et un des combustibles essentiel de l’énergétique. Malgré son histoire assez courte, seulement 150 ans si l’on considérait seulement son utilisation industrielle, le pétrole à marqué définitivement la société moderne surtout par ses implications économiques et politiques.

Par sa configuration géologique, la Roumanie a été l’un des pays favorisés par la présence de cette ressource. Ce n’est pas surprenant d’y trouver des nombreuses informations qui font références à l’utilisation du pétrole depuis le Moyen Age.

Les gisements de pétrole de Roumanie se sont constitués dans les grands bassins sédimentaires péricarpatiques où il y avait des conditions favorables à la genèse du bitume en étroite liaison avec les mouvements tectoniques de l’orogenèse alpine. Dans les Subcarpates (figure 1), ces gisements sont liés aux dépôts lagunaires de sel. La matière première de ces gisements primaires furent les algues marines riches en substances graisses. Ces gisements se sont localisés surtout dans les ménilites schisteux de l’Oligocène d’où ils ont migré dans les autres couches géologiques engendrant les gisements secondaires.


On peut parler d’une concentration des principaux gisements dans la région subcarpatique et dans son voisinage, avec des extensions dans la Plaine Danubienne. Moins importants sont ceux de l’ouest du pays, dans le Banat et dans le Crişana et depuis la fin des années 1970 un poids toujours plus grand est détenu par la plateforme continentale de la Mer Noire. Selon l’origine et la localisation des gisements on peut distinguer six régions (figure 2) :



1) le bassin moyen de Trotuş, en Moldavie dont les gisements sont localisés soit dans les structures du flysch carpatiques, dans des formations oligocènes, éocènes et sarmatiennes soit dans la molasse miocène péricarpatique. Ce bassin présente des extensions d’une moindre importance dans la partie méridionale du Plateau Moldave dans des structures encore plus récentes ;

2) la région subcarpatique de la Munténie, entre les vallées de Dâmboviţa et de Buzău, la plus productive dans le passé. Les gisements sont localisés dans les formations sarmatiennes et méotiennes ;

3) les Subcarpates et le Plateau Gétiques, zone plus vaste dont les gisements ont été mis en valeur plus récemment dans des formations géologiques semblables ;

4) la Plaine du Danube Inférieur, avec des gisements encore plus récemment mises en évidence, suite aux nouveaux techniques de prospection et de forage. Ces gisements sont cantonnés dans les dépôts mésosoïques et néogènes à des profondeurs dépassant souvent 800 m ;

5) l’ouest du pays, avec des gisements dans les dépôts néogènes, soit dans la région collinaire de Bihor soit dans la Plaine de la Tisza, dont la particularité principale réside dans les conditions plus difficiles d’exploitation, le pétrole local étant plus visqueux ;

6) la plateforme continentale de la Mer Noire, avec des gisements partiellement prospectés dans des dépôts néogènes et quaternaires.

Le type principal de pétrole de Roumanie est celui mixte : formèniques - naphtènique –aromatique, généralement de bonne qualité.

Les réserves roumaines de pétrole sont en grande partie exploitées. Les estimations arrivent à quelque 800 millions tonnes exploités depuis 1857 par rapport aux réserves encore exploitables qui ne dépassent pas 200 millions tonnes dans les conditions où le facteur de récupération ne dépassait pas souvent 40%. La majeure partie de ces réserves ont été exploitées pendant la période communiste quand on a enregistré aussi la production maximale (quelque 15 millions tonnes en 1976, à comparer avec 5-6 millions tonnes des dernières années). Au rythme actuel d’exploitation les réserves connues vont s’épuiser vers 2037, peu avant le moment prévu de l’épuisement des réserves mondiaux, estimé à 142,1 milliards tonnes (épuisement prévu en 2042).


2 .Préhistoire de l’exploitation pétrolière dans les Pays Roumains


Les premières informations de cette ressource remontent à l’époque romaine, visant la présence des émanations de gaz dans l’actuelle contrée de Buzău. Les archéologues ont mis en évidence la présence de l’utilisation du bitume dans l’oppidum dace de Poiana (Moldavie méridionale), dans celui de Sucidava, sur le Danube (I av.J.Ch.- II ap. J.Ch.), dans les cités pontiques Tomis et Histria et aux alentours de la ville moderne de Ploieşti (Târgşoru Vechi). Souvent, ce bitume, trouvé dans des divers sites archéologique pendant le premier millénaire de notre ère, ne peut pas indiquer la provenance mais, sans doute, il s’agissait plutôt d’une source locale ou régionale. Un argument en ce sens, d’ordre linguistique, est le fait que le terme roumain pour désigner ce bitume est păcură (mazout), apparenté au terme latin homonyme picula, avec une riche et ancienne toponymie dérivée dans les régions subcarpatiques, notamment dans les Subcarpates Moldaves et ceux de Prahova (Păcurile, Păcureţ, Păcuriţa etc.).

Les mentions documentaires du pétrole en Pays Roumains se multiplient pendant le Moyen Age et au début de l’époque moderne, y compris dans la cartographie (par exemple dans la célèbre carte de Claudius Tolomeo, à la fin de XVIe) ou dans les traités scientifiques (tel le traité de chimie de J.J.Becher, 1680). Ces mentions était fréquentes parce que les sources et les trous d’où l’on exploitait le pétrole étaient quelque chose inhabituel mais soulignaient aussi l’importance économique locale. L’utilisation de cette ressource s’est diversifiée, étant recommandé pour ses qualités en tant que lubrifiant des essieux.

La première information officielle est celle de 4 octobre 1440, en Moldavie, dans un document confirmant la possession d’un puits (“fântâna neagră a păcurii”) dans le village de Lucăceşti (contrée de Bacău) par la monastère de Bistriţa. C’est ainsi qu’on considère ce village (banlieue de la ville de Moineşti de nos jours) comme le berceau de l’industrie pétrolière roumaine. En Valachie, un document de 1517 atteste la présence des „fontaines“ à mazout à Ţintea, près de Ploieşti mais on peut estimer une exploitation plus ancienne. C’est en Valachie qu’on mentionne la première fois l’existence d’un métier lié à l’exploitation du pétrole (puţar) et de la vente organisé du mazout, depuis 1550, c’est vrai, dans un document de 1676. Les citations attestant l’exploitation des gisements pétroliers aussi que leur transformation et leur exportation vont se multiplier ensuite, aussi en Moldavie qu’en Valachie ou en Transylvanie, surtout dans lés récits des voyageurs étrangers : en 1523, Francesco Massaro, le secrétaire de l’Oratoire de Vénice à Buda mentionne dans une lettre „les montagnes de sel noir“ (bitume); en 1534, le padouan Francesco Della Vale mentionne les „mines“ de pétrole autour de la ville transylvaine de Braşov ; au XVIIe siècle, la plus importante mention est celle de Marcus Bandinus (administrateur de l’Eglise catholique de Moldavie) qui décrit les sources avec une „ébullition curieuse“de la région de Moineşti; le missionnaire croate Bacsici, pendant le même siècle, mentionne le mazout noir ; le prince moldave Cantemir dans sa Descriptio Moldaviaede 1716 décrit les sources de pétrole de la vallée de Tazlăul Sărat et son utilisation dans le graissage des essieux, cartographiant toutes les villages où l’on exploitait le mazout, etc.

Avec le XVIIIe siècle, l’importance économique et même stratégique du pétrole augmente, les mentions des voyageurs étrangers, le plus souvent des diplomates, faisant désormais référence à l’importance de cette ressource dans l’économie locale (les français Roche, Nagny, Saint-Cyr, Gaudin, Ledoun, Hacquet ou l’autrichien Raicevich).

Au début du XIXe siècle, le consul anglais Wilkinson va publier à Londres un livre sur les richesses du sous-sol roumain, un rôle important étant accordé au mazout. L’effet de cette „publicité“ a déterminé les grands pouvoirs voisines (Russie, Autriche) s’y intéresser. Autres étrangers (Salaberry, Pertusier) font référence au goudron qui était exporté en quantités importantes. Le français Vaillant décrit les puits de Câmpina, Telega, Băicoi et Păcureţ (district de Prahova) et le géologue Coquand présentait déjà Ploieşti comme le plus important centre pétrolier valaque affirmant, d’une manière évidemment exagérée, que le pétrole roumain pouvait satisfaire les nécessités de toute l’Europe!

L’importance du pétrole est soulignée à l’époque par les fréquentes donations des bagnes de mazout. L’exploitation engendrait souvent des litiges entre les grands propriétaires (monastères, boyards) et les paysans libres qui dominaient les régions subcarpatiques et impliquait un intérêt toujours croissant de la part des princes jusqu’à l’instauration du monopole d’état (explicite dans les codes de Caragea et de Callimachi au début du XIXe). L’utilisation de cette matière première se diversifie aussi : tannerie, construction navale, éclairage – depuis la fin de XVIIIe, bâtiment etc. Ceci implique un intérêt croissant de la Sublime Porte, pouvoir suzeraine où l’on exportait en quantités importantes cette marchandise par les ports danubiens. L’extension de l’exploitation se manifeste aussi par la diversification des méthodes : des mines, des bagnes, des puits, des trous etc.

Les méthodes d’exploitation, primitives d’abord, se modernisent à partir de 1800 quand les puits d‘extraction se sont multipliés. L’exploitation fut réglementée d’une manière plus claire seulement en 1831, sous l’administration russe, antérieurement dans les codes de lois des principautés il n’y avait pas des dispositions explicites concernant le droit et les conditions d’utilisation de cette ressource. Ceci stipulait le droit des propriétaires de terrain à exploiter le sous-sol en échange d’une redevance et assurait l’exemption de celle-ci pour les traditionnels păcurarides villages libres (les meilleurs étaient ceux de Păcureţi –Prahova).

Le Règlement Organique de 1831 élimine ainsi le monopole princier et restitue aux propriétaires le droit d’exploitation et de commercialisation du pétrole ouvrant la voie de l’exploitation de type capitaliste. Le commerce organisé de cette matière première débute dans la deuxième moitié du XVIIIe, d’abord sur le marché interne, de facture informelle. Le traité d’Andrinople de 1829 élimine le monopole ottoman et permet l’exportation dans les autres pays voisins. L’intérêt spéculatif déterminait une concurrence entre les deux principautés (Moldavie et Valachie), le trafic illicite étant signalé sur le marché valaque suite de la pression exercée par les douanes internes. Les intermédiaires (marchands, douaniers, métayers) étaient les principaux gagnants par rapport aux petits propriétaires.

L’introduction des techniques de distillation et l’utilisation du pétrole lampant dans l’éclairage des villes permettent, après 1850, une augmentation de l’intérêt pour l’exploitation de la part des grands propriétaires par le biais des intermédiaires disposant d’un certain capital et d’esprit d’entreprise (figure 3). Il faut mentionner qu’avant 1860 les principaux producteurs étaient les petits propriétaires (moşneniou răzeşi). Un certain esprit associatif se fait sentir à la même époque et la concurrence conduira à l’apparition d’une tendance de concentration de la production, les créanciers y jouant un rôle capital. C’est ainsi qu’on passe dans une nouvelle phase de l’exploitation du pétrole dans les Pays Roumains.


3. La Roumanie moderne – pays pionnier dans l’exploitation industrielle du pétrole

L’intérêt suscité par l’exploitation du pétrole détermine l’état d’y intervenir d’une manière plus efficace, très tôt après l’union des principautés en 1859. Le prince Cuza ordonne en 1860 une enquête dans le village de Păcureţi, le plus important centre d’extraction de la Valachie, dont le but était d’établir avec précision le niveau de la production et la correspondance avec les collectes fiscales. La dominance de l’évasion conduit aux mesures visant le contrôle de l’exploitation de cette ressource. C’est aussi un résultat de l’extension de l’extraction et surtout de l’industrialisation primaire, après la première installation moderne mise en fonction à Ploieşti en 1857 (plus exactement dans le village de Râfov, à 15km, grâce aux efforts de Teodor Mehedinţeanu, considéré le vrai fondateur de l’industrie pétrolière roumaine). Cette expansion était déterminée surtout par l’utilisation du gaz distillé (pétrole lampant) dans l’éclairage, d’abord dans les capitales (premières essais à Iaşi en 1844 mais d’une manière permanente depuis 1857 et à Bucarest en 1851).

Cette nouvelle phase dans l’histoire de l’exploitation pétrolière en Roumanie commence ainsi en 1857 avec une priorité mondiale : le premier enregistrement statistique d’une production de pétrole (275 t), devançant les Etats-Unis qui ont suivi l’exemple en 1859 avec 274 t, Italie en 1860, Canada en 1863, ou la Russie et le Mexique à peine en 1901.

La production de pétrole de 1857 était réalisée principalement en trois zones : Subcarpates de Prahova (Colibaşi, Valea Lungă, Drăgăneasa, Filipeştii de Pădure, Păcureţi, Buştenari, Măgureni, Matiţa, Ţintea, Băicoi et Câmpina) ; vallée de Tazlău, en Moldavie (Solonţ, Lucăceşti, Teţcani, Zemeş, Câmpeni, Moineşti) et Subcarpates de Buzău (Arbănaşi, Lopătari, Fundul Sărăţii).

Une deuxième première mondiale, déjà mentionnée, liée aussi à l’année 1857 est le début du raffinage dans l’établissement implanté à Râfov par l’homme d’affaires Theodor Mehedinţeanu lequel, ayant gagné une licitation publique pour l’éclairage de Bucarest avec du pétrole lampant, il fallut trouver une solution pour assurer la quantité nécessaire. Suite à un voyage de documentation en Allemagne il a commandé la construction d’une installation de distillation de grande capacité (pour l’époque) dans les usines Moltrecht. Prête à fonctionner en 1857, la raffinerie commence à produire assurant ainsi le nécessaire des 1000 lampes utilisant le pétrole lampant pour l’éclairage de Bucarest. Cette troisième première mondiale enregistra une diffusion rapide. L’année suivante seront les villes de Iaşi et Roman, en Moldavie, qui auront bénéficier de cette innovation, ensuite la ville de Buzău (1859), Ploieşti, Craiova et Brăila (1860), Turnu Severin, Zimnicea, Olteniţa, Târgu-Jiu, Horezu, Baia de Aramă (1861), Târgovişte (1862), Târgu Ocna, Bârlad, Focşani, Vaslui, Piatra Neamţ (1862), Tecuci, Odobeşti (1863), Constanţa (1878) etc.

On assiste ainsi à une véritable diffusion des « fabriques de gaz » dans les Subcarpates mais aussi dans les grands ports danubiens (Brăila, Galaţi) ou dans la capitale, dont l’établissement situé dans la banlieue de Satu Nou (Militari) est considérée la première véritable raffinerie (1860, voire fig. 4 et 5).

Estimer la production de pétrole au milieu du XIXe siècle est assez difficile, les informations sont partielles et contradictoires. Pourtant, la Roumanie (la Valachie plus exactement) est le premier pays du monde à avoir enregistré d’une manière régulière, depuis 1857, la production de pétrole. Il faut mentionner la rapide expansion de cette production enregistrée (220 t en 1857 et 3226 t en 1862) explicable par l’apparition de nouveaux centres d’extraction mais aussi par l’union des Principautés (en 1862 seulement le département de Bacău produisait 1576 t). On peut supposer une production encore plus grande parce que les capacités des installations de distillation étaient nettement supérieure (5172 t en Moldavie en 1860 par exemple, année où dans la ville de Ploieşti existait une capacité de 2710 t).

L’exportation du pétrole brut et des produits pétroliers devienne, déjà à l’époque, très importante, les principales destinations étant la Turquie, pays qui exerçait encore la suzeraineté, l’Autriche, la Grande Bretagne et la France (7900 t brut et 3087 t distillé en 1862). C’est ainsi qu’on peut affirmer que l’exploitation du pétrole est la base de l’industrialisation des principautés danubiennes et elle avait sortie la Roumanie moderne de l’anonymat.

L’Union des Principautés en 1859 reste une borne importante dans l’histoire du pétrole roumain. Les mutations politiques et sociales, notamment dans le domaine de la propriété (par exemple en Moldavie les meilleurs gisements se trouvaient sur les domaines des monastères) ont permis l’apparition d’une couche d’entrepreneurs concentrant la production, éliminant les petits producteurs et accaparant les gisements situés sur les domaines de l’Etat, malgré les efforts de centralisation entreprises sous le règne de Cuza. Cette bourgeoisie naissante, dont la famille mentionné, Mehedinţeanu, reste emblématique utilisait tous les moyens possibles pour obtenir des droits d’extraction mais très tôt, elle ne pourra faire face à une exploitation vraiment industrielle. L’insuffisance du capital, les techniques rudimentaires, l’absence des routes modernes et des chemins de fer conduiront à l’insertion du capital étranger. La première société étrangère fut Valachia Petroleum Company en 1864 qui investit le capital anglais dans la région subcarpatique de Prahova (Moreni, Ţintea). Son fondateur, Jackson Braun, a acheté ensuite les plus riches gisements de cette région et son succès a attiré d’autres investisseurs anglais, notamment après l’indépendance survenue en 1878. Le capital français apparaît en 1865, celui autrichien en 1879, celui américain en 1883 et celui belge en 1890, sans avoir une importance notable. Ce n’est pas le cas du capital allemand, pénétré depuis 1880 qui arrive à dépasser en importance le capital anglais. Malgré cet intérêt, les techniques d’extraction restent primitives. En 1897 par exemple, on utilisait seulement 134 sondes (dont 71 productives, les premières étant mises en fonction a Mosoare – Bacău en 1873) mais 1893 puits traditionnels (dont 1215 productifs). La production était nettement concentrée dans les quatre départements subcarpatiques : Prahova, Bacău, Dâmboviţa et Buzău. La production était cependant en augmentation rapide aussi que le nombre de distilleries. Il y avait déjà quelques raffineries modernes à capital étranger ou d’état (la compagnie « Steaua Română », constituée en 1895) dont la capacité arrivait à 342 000 t en 1894 (en augmentation rapide par rapport à 1890 quand on enregistrait une capacité de seulement 53 300 t. Le pays disposait de 87 raffineries, pour une production annuelle totale estimée à 762 000 t (voire figure 6).

Il faut mentionner que tous ces chiffres sont rapportés au territoire roumain de l’époque. Au nord-ouest de la Roumanie contemporaine il y avait aussi des capacités de raffinage, souvent avec un outillage plus moderne, à Oradea et à Orşova par exemple, ce dernière utilisant les roches bitumineux de Anina, dans les Monts de Banat.

L’approbation de la loi des mines en 1895 constitue un autre moment important, ouvrant la voie du capital étranger et surtout, des techniques modernes d’extraction. La fin du XIXe siècle connaît ainsi une tendance de centralisation de la production et du raffinage notamment dans la vallée de la Prahova où étaient localisés les plus riches gisements mais sa position favorable, dans la proximité de la capitale jouait aussi son rôle. L’exportation se dirigeait maintenant vers l’Autriche et secondairement dans les pays voisins. C’est ce qui explique la localisation d’anciennes capacités de raffinage en Transylvanie, dans le voisinage de la frontière, à Braşov (en 1866) et à Târgu Mureş (en 1871).

Le pays occupait à la fin du XIXe siècle la 3eplace en Europe (après la Russie et l’Autriche Hongrie) et le 6edans le monde (les Etats-Unis, Russie, le Canada et les Indes Hollandaises le devançant encore).


4. Le pétrole roumain à l’heure du moteur à combustion interne et des enjeux géopolitiques


Le XXe siècle apporte d’autres transformations avec l’invention du moteur à combustion interne dont le principal effet était une nouvelle attitude face à cette nouvelle ressource. C’est ainsi qu’on explique l’augmentation de l’intérêt des monopoles étrangers pour les terrains pétroliers de Roumanie. En conséquence, 91,9% du capital investi en 1914, avant la première guerre mondiale, était étranger. L’intérêt géopolitique de cette ressource était déjà très visible, notamment de la part des Pouvoirs Centraux, l’occupation de la Valachie en 1917 étant stratégique. Pendant l’entre deux guerres, le capital roumain est favorisé et regagne du terrain, jusqu’à 26,3% en 1936 dans les conditions d’une production en croissance qui assurait au pays le 4erang au monde (8,7 millions tonnes). L’origine du capital étranger s’est modifiée aussi, le capital autrichien et allemand faisant place au capital anglo-hollandais (40,2% au même date). Cet intérêt était nettement localisé dans les Subcarpates de Prahova, les autres périmètres pétroliers, connus depuis longtemps, étant souvent négligés.Avant 1944, seulement 2 départements (Prahova et Dâmboviţa) cumulaient 98,6% de la production du pétrole. Les départements de Bacău et Buzău avaient chacun un poids de 0,7% malgré l’ouverture de nouveaux puits d’extraction.Cette production était en grande partie exportée, à de prix défavorables, seulement 22,5% étant consommée dans le pays. Pourtant, la région de Prahova a beaucoup bénéficiée, une industrialisation complexe étant mise en route, ayant pour conséquence une urbanisation rapide, favorisée aussi par la proximité de la capitale, en pleine expansion (celle-ci était dans sa phase de croissance maximale) et par l’utilisation du potentiel touristique dans la haute vallée de la rivière homonyme, principale axe de pénétration vers la Transylvanie intégré en 1918 (voir figure 7).

Le développement de l’industrie pétrolière roumaine pendant la première partie du XXe siècle a été favorisé par un cadre législatif permissif. La loi des mines de 1895 fut révisée à plusieurs reprises (les Règlements d’application de 1895, 1900, 1910, 1913) stipulant d’une manière explicite que le pétrole n’était pas le monopole de l’Etat. Entre 1895 et 1903, le capital étranger est limité mais après 1903 et jusqu’à la première guerre mondiale la vitesse d’infusion de ce capital devient beaucoup plus grande. Les conséquences seront immédiates : augmentation de la capacité de raffinage, nouvelles technologies d’extraction, augmentation visible de la production.

Entre 1911-1920, le pays occupait la 2eplace en Europe (après la Russie) et la 5eau monde (après encore les Etats-Unis, le Mexique et les Indes Hollandaises).

La première guerre mondiale constitue un moment important de cette industrie, avec une forte tendance géopolitique. Par son industrie pétrolière, la Roumanie assurait une partie importante des nécessités spécifiques de l’Allemagne. La sortie de la neutralité en 1916 et la décision de lutter contre les Pouvoirs Centraux ont déterminé l’Allemagne de concentrer ses efforts de guerre dans le but déclaré de maîtriser ces ressources. L’autodestruction des capacités pétrolières opérée selon la suggestion des alliés n’a pas arrêté l’intérêt allemand, une partie des capacités étant rapidement refaites et les investissements dirigés vers les zones d’extraction les plus profitables. C’est ainsi surprenant que la production de pétrole à la fin de la guerre enregistre une augmentation (en 1918 par rapport à 1917).

Affaiblie par la première guerre mondiale, l’industrie pétrolière roumaine sera reconstruite y compris à l’aide des compensations de guerre. Cette reconstruction est relancée par une nouvelle loi des mines en 1924 et les principales raffineries (« Astra Română » et « Româno-Americană ») vont produire à leur capacité maximale dans un contexte favorisant une croissance rapide de la production jusqu’à ériger la Roumanie dans la 4eposition au monde après 1930 (voir figure 8).

La loi des mines de 1924 était dominée par l’importance accordée au pétrole. Le capital autochtone serait favorisé par rapport à d’autres réglementations antérieures. Malheureusement, une autre loi des mines (1929) change les articles en faveur du capital étranger, dans le contexte de la grande crise. La loi de 1924 limitait à 400 ha la concession des périmètres exploitables et la loi de 1929 à 1000 ha. Le gouvernement libéral va essayer de réintroduire les paragraphes qui favorisaient le capital roumain, en 1937. Cette instabilité législative est aussi l’expression de l’incapacité du pays de maîtriser l’exploitation de cette ressource dans l’absence d’une industrie d’équipement et d’outillage pétrolier. L’effet de ces mesures s’est manifesté par une légère diminution de la production. L’ouverture vers le capital étranger était ainsi essentielle pour avoir accès aux nouvelles technologies dans le domaine notamment en ce qui concerne les prospections et les forages etc. L’intérêt des grandes compagnies étrangères de pétrole s’est manifesté à l’époque par l’achat des compagnies autochtones de sorte que la production était contrôlée vers 1940 par le Royal Dutch-Shell Oil (par sa filiale « Steaua Română ») et le Standard Oil (par ses deux filiales « Astra Română » et « Societatea Româno-Americană »). Cette participation du capital étranger peut expliquer la hausse de la production pendant la crise économique de 1929-1932 et le poids important dans l’exportation mondiale de pétrole (12 % du total en 1935, la 3eplace mondiale, voir aussi figure 7). Ceci démontre l’importance vitale de cette industrie pour la Roumanie de l’époque, le pétrole étant son principal atout. On peut affirmer même que le mythe de la Roumanie de l’entre deux-guerres, sorte de paradis perdu, encore invoqué de nos jours est à l’origine une illusion issue de la prospérité conjoncturelle induite par le succès pétrolier dont le bénéficiaire était la bourgeoisie naissante du pays.


5. Le temps sombre de l’or noir roumain


La deuxième guerre mondiale avait provoquée un effondrement de la production (3,5 millions tonnes en 1944) et des destructions massives, suite des bombardements successifs des armées alliés et du Reich en retraite.Entre 1940 et 1944, le pays dût alimenter la machine de guerre de l’Axe avec des produits pétroliers, les exploitations et les raffineries passant sous contrôle allemand. Les efforts de guerre de la Roumanie et les destructions produites dans ce domaine ont été considérables. Les estimations parlent de 700.000.000 dolars américains (plus d’un tiers du PIB roumain de 1938). Dans cette somme ne sont pas comptabilisées les réquisitions des biens faites par larmée soviétique.

Les pourparlers de Yalta ont visé aussi le problème de l’industrie pétrolière roumaine mais malgré l’intérêt des britanniques aucune décision n’a été prise et c’est l’Accord de Potsdam de juillet – août 1945 qui donnera à l’Union Soviétique le droit de disposer de tout l’équipement pétrolier de Roumanie appartenant aux compagnies étrangères. La Convention d’Armistice de septembre 1944 stipule l’obligation de la Roumanie de payer des compensations de guerre. Doublée par la Convention soviéto -roumaine de janvier 1945cet armistice permettait aux Soviétiques, qui ne l’ont jamais respecté, de se comporter comme une armée d’occupation. L’industrie pétrolière fut très touchée par les réquisitions de locomotives, citernes, véhicules diverses et même installations ou outillages de raffinage, envoyées dans le paradis du bolchevisme.

L’occupation de l’Armée Rouge en Roumanie (1945-1956) fut accompagné d’un véritable pillage, les compensations de guerre étant associées à une exploitation chaotique dans le cadre des sociétés mixtes, contrôlée par les Soviétiques, les funestes SOVROM dont il reste difficile encore d’estimer les préjudices (la Roumanie étant considéré pays vaincu en 1947 devait payer 300 millions dollars à l’Union Soviétique dont 50% en pétrole jusqu’en 1964). L’Accord soviéto-roumain de mai 1945 prévoyait des livraisons supplémentaires des produits pétroliers (265 500 tonnes) vers l’Union Soviétique et la réorganisation de l’industrie pétrolière roumaine dans le cadre des SOVROM, la première société de ce type étant le SOVROM – Pétrole, suivie par SOVROM – Gaz, SOVROM – Chim, SOVROM – Banc, SOVROM –Transport et en 1952 le SOVROM – Outillage. Ces sociétés gérées presque totalement par l’armée d’occupation ont fonctionné jusqu’à 1954 quand le gouvernement reprend le contrôle, seule le SOVROM – Pétrole résistant jusqu’à 1955. C’était une véritable mainmise d’une des principales ressources du pays, la participation soviétique se limitant à la reprise des anciennes propriétés allemandes de Roumanie. Cette mainmise était déjà établie à Yalta et ratifie par un décret-loi en 1945, la Roumanie a ainsi consenti le passage dans le patrimoine de l’Union Soviétique de plusieurs sociétés pétrolières (Concordia, Columbia, Petrol-Block, Sardep, Salpetrol, Transpetrol, Kontinentale OEL etc.). Il est intéressant à noter que de la même manière c’est produite aussi la mainmise soviétique sur l’Ile du Serpent et sur l’embouchure du bras danubien Chilia, dont l’héritage est à l’origine du contentieux territorial entre la Roumanie et l’Ukraine, visant la délimitation du plateau continental pontique, soupçonné d’abriter d’importants gisements d’hydrocarbures.

La nationalisation de l’économie de 1948 constitue une autre étape dans l’instauration du régime de type soviétique, avec des conséquences aussi graves. Profondément touchée par la guerre et sous contrôle soviétique l’économie roumaine dans son ensemble traversait une crise profonde, marquée par la stagnation, voire le déclin, au contraire de ce qui se passait dans le reste du monde, au moins jusqu’à 1956. Les Soviétiques étaient intéressés d’exploiter le plus vite possible, visant les meilleurs champs pétroliers et n’ont pas investi dans la technologie ou dans des nouvelles prospections (ces dernières ont beaucoup diminué, par exemple en 1947 ont été réalisées seulement 17 sondes d’exploration). La nationalisation renferme peu à peu cette mainmise soviétique mais les conséquences seront visibles jusqu’au milieu des années ’50. Un premier effet de la nationalisation dans le domaine pétrolier fut la réorganisation en deux entreprises régionales : Muntenia, siégée a Câmpina (ensuite a Ploieşti) et Moldova, siégée a Moineşti. Pourtant, les pressions soviétiques ont déterminé leur fusion avec le SOVROM – Pétrole en 1950.

Le régime communiste a voulu effacer toute identité des raffineries, les anciens noms étant remplacés par des numéros (nr.1, nr.2, nr.3 etc.). La reconstruction du pays demandait une capacité de plus en plus grande de raffinage, partiellement les produits pétroliers étant exportés dans les comptes des compensations de guerre.

Dans ces conditions la production a fortement diminuée et c’est seulement en 1954 qu’on a retrouvé le niveau de la production atteint avant la guerre. Le début d’une nouvelle vision, inspirée par l’idéologie communiste, manifestée par le déclanchement d’un vaste plan d’explorations, prospections et forages dans le but de mettre en valeur des nouveaux gisements, constitue le passage à une autre étape, moins sombre mais aussi controversée, celle de l’exploitation à grande échelle des ressources pétrolières, jusqu’à l’épuisement de certaines zones d’extraction.


6. Le développement d’une filière pétrolière complète


Une fois disparus les SOVROM qui parasitaient l’économie roumaine on peut parler d’un renouvellement de l’industrie pétrolière roumaine. L’effort de modernisation des installations, accompagné par une frénésie des prospections et des forages a relancé la production. L’augmentation de la consommation interne conduit à une industrialisation presque complète de la production interne, l’exportation du pétrole brut devenant secondaire, au contraire on arrive à importer des quantités toujours plus grandes pour en satisfaire les besoins d’une industrie surdimensionnée.

Coïncidant avec les premiers plans quinquennaux, ce relancement assure à l’industrie pétrolière une place privilégiée. Les investissements dans ce secteur arrivent en deuxième place dans le cadre de toute l’industrie entre 1950-1960 gardant une position importante jusqu’en 1989. Sur le fond de la hausse de la production de pétrole (plus que double entre 1950 et 1960), il a fallu augmenter les capacités de raffinage (par la construction des nouvelles raffineries ou l’extension de celles anciennes), de stockage, de transport etc. Pendant une première étape la modernisation visait les raffineries localisées dans les zones d’extraction : Teleajen et Brazi dans le département de Prahova (anciennes raffineries qui se modernise avec des nouvelles technologies) ; Dărmăneşti et Oneşti (nouvelles raffineries) en Moldavie.

Le développement des grands combinats pétrochimiques, intégrant raffineries et installations de production des matières plastiques, des fibres chimiques et du caoutchouc naturel. La spécialisation de ces entreprises y compris des anciens établissements, modernisés, est souvent avancée ayant le but principal d’assurer toute la gamme de produits dérivés du pétrole dans un contexte mondial très favorable à cette ressource. L’ambition du régime de jouer la carte d’un pays à tradition ancienne dans ce domaine se manifestait aussi par le développement d’une importante industrie d’outillage pétrolier, destiné à satisfaire aussi les exigences du marché externe. Une attention particulière est accordée à l’enseignement supérieur de spécialité. L’institut de pétrole et de gaz, fondé à Bucarest en 1948, mais délogé dans le bassin pétrolier de Prahova à Ploieşti, en 1967, était destiné à fournir des spécialistes dans toutes les branches de l’industrie pétrolière. Les facultés de géologie des principales universités du pays seront aussi séduites par ce secteur et fourniront un nombre important de spécialistes lesquels, dans les décennies suivants ont prospecté presque en totalité le territoire national, participant aussi à des activités complexes dans ce domaine dans plusieurs pays en voie dedéveloppement. C’est pendant cette période de 33 ans qu’on enregistre la production maximale et 57% du pétrole exploité dans le pays depuis 1857 (voir figure 9).

La caractéristique principale de l’industrie pétrolière roumaine entre 1956-1989 a été la prédilection pour les plateformes pétrochimiques intégrées, avec des grandes capacités de raffinage doublées par les capacités de transformation secondaire qui réclamaient des quantités toujours plus grandes de pétrole brut. Par exemple, à la fin des années ’80, plus de 12% du pétrole utilisé dans les raffineries était destiné à satisfaire les besoins de la chimie de synthèse. C’est ce qui explique la dépendance toujours plus grande vis-à-vis des importations, lesquels dépassent depuis 1979 la production interne (voir figure 10).

Le paradoxe de cette période est que la production de pétrole a été en hausse (avec un maximum en 1976 de 15,1 millions t), et après 1976 la production de pétrole a baissé constamment. En échange, la capacité de raffinage est arrivée en 1989 à 34 millions t (3,5 fois plus que la production interne de pétrole). Alors que plusieurs raffineries comme Midia-Năvodari, sont construites, d’autres, anciennes (Teleajen, Oneşti, Piteşti, Brazi) sont modernisées avec une hausse de la capacité de raffinage. Ces efforts sont visibles aussi dans la croissance des exportations de produits pétroliers, le maximum étant atteint en 1987 avec 6,7 millions tonnes. Les destinations principales étaient les pays du bloc communiste mais aussi ceux occidentaux.

L’enjeu de cette industrie, considérée stratégique (y compris le numéro 2 du régime, Elena Ceauşescu se considérait académicien docteur ingénieur, avec un doctorat douteux dans la chimie des polymères!) était selon les planificateurs du régime celui de transformer la Roumanie dans un acteur important sur le marché pétrolier mondial.

C’était un enjeu mal compris, hasardeux dans le contexte mondial troublé par les grandes crises pétrolières de 1973 et 1979. La surcapacité des équipements mises en fonction, malgré la technologie complexe et avancée utilisée dans les capacités les plus récentes (celles localisées au bord de la Mer Noire, liées au marché mondial) pèse encore lourd dans les stratégies gouvernementales de restructuration (voire figure 11).

L’augmentation des nécessités avait déterminé le régime à exploiter jusqu’à l’épuisement tous les gisements mis en valeur par l’activité de prospection et forage, même les moins efficaces. La recherche des nouvelles réserves allait aussi vers tous les points cardinaux que dans les profondeurs, en 1984, à Băicoi on avait établi le record roumain avec un forage de 7025 m. Une autre direction, prometteuse cette fois-ci mais susceptibles à des enjeux géopolitiques, visait l’exploration de la plateforme continentale de la Mer Noire, à la fin du régime communiste on disposait déjà de six installations de prospection marine, de production interne. Les premiers forages dans la Mer Noire sont produits en 1968. Les plate-formes de forage marin Gloria, Atlas, Prometeu, Saturn, Orizont (1987), Fortuna, Jupiter (la plus grande de Roumanie) ont prospecté dans la Zone Economique Exclusive de la Mer Noire. Les premiers forages d’une plate-forme marine sont faits dans la Mer Noire à une profondeur de 90 m en 1976. En 1987, le premier gisement de pétrole est exploité par la plate-forme Lebăda Est.

Tous ces efforts ont maintenu la production interne à un niveau assurant entre 40 et 50% des nécessités mais l’effondrement du régime en 1989 a démontré la fragilité d’une grande part de ces exploitations pétrolières nouvelles. L’espoir de mettre en place des technologies avancées, capables d’assurer une récupération plus grande du pétrole, y compris des gisements considérés épuisés reste encore illusoire.


7. L’industrie pétrolière roumaine à l’heure de la mondialisation

Dans le moment 1990, la Roumanie avait 23000 sondes d’exploration et d’exploitation. L’économie de marché se guide après d’autres commandements que l’économie planifiée et d’une industrie privilégiée pendant le régime communiste, l’industrie pétrolière roumaine arrive à l’état d’un secteur qui doit s’adapter aux nouvelles exigences du marché. Les investissements faibles, le changement des priorités nationales ont bouleversé cette branche, soumise pourtant à des enjeux politiques très forts. La crise de certaines capacités de production, lié souvent à l’épuisement des gisements locaux conduit à la réduction du raffinage. D’un total de 73 installations pétrochimiques construites dans la période 1960-1989, en 1993 fonctionnaient seulement 18 installations.Les importations aussi diminuent jusqu’à 2000 mais ensuite, la pression du marché interne, demandant des quantités toujours plus grandes de produits pétroliers et le contexte de l’intégration prévisible dans l’Union Européenne, doublé par la privatisation presque complète de ce secteur, ont imposé une augmentation des importations, la production interne étant plafonnée à quelques 5-6 millions tonnes malgré l’augmentation de la production extraite de la plate-forme continentale. Il y a un certain intérêt pour cette nouvelle zone d’extraction. Petrom-OMV, associée avec Elf Acquitaine exécute des explorations avec la plate-forme Neptun.

Les moments les plus importants de cette restructuration du secteur pétrolier ont été liés aux grandes fusions et privatisations. La constitution des sociétés, telles Rompetrol, autour du complexe pétrochimique de Midia-Năvodari, au bord de la Mer Noire, Petrom, concentrant les activités de profile des complexes de Piteşti et Brazi, au sud du pays, Rafo, le plus sensible aux variations du marché et impliqué dans des scandales financiers, organisé autour du complexe de Borzeşti, en Moldavie, à côté de l’insertion du capital étranger, d’abord russe (Lukoil, implanté à Teleajen-Ploieşti), ensuite autrichien (OMV qui a acheté Petrom) et récemment celui de Kazakhstan (la compagnie d’état KazMunaiGaz achetant 75% des actions de Rompetrol, pour 2,7 milliards dollars, la plus grande transaction effectué en Roumanie depuis 1990), jalonne une série d’événements qui ont tenu la première page des journaux, expression de l’intérêt particulier que l’industrie pétrolière roumaine suscite dans l’opinion publique. Les ambitions antérieures visant la transformation du pays dans un acteur de premier rang dans ce domaine n’ont pas disparu, chaque dignitaire de la période postrévolutionnaire lançant des stratégies en ce sens-là. Des trajets d’oléoducs, des visites destinés à créer de nouveaux débouchées pour l’industrie pétrochimique ou celle d’outillage, des illusoires stratégies visant la réduction de la dépendance par rapport aux aléas d’un marché assez volatile, ont constitué une sorte de leitmotiv des discours politiques.

L’implication militaire en Iraq présente aussi des enjeux pétroliers, ce pays étant un de plus importants débiteurs, sa dette datant du régime antérieur, dans le cadre de la politique de coopération et de collaboration avec diverses pays du tiers-monde ou de l’ex camp soviétique dans le domaine des prospections, des forages (y compris sous-marins) et des extractions, voire de la technologie de raffinage ou de la construction de réseaux de transport (voire figure 12).

Après 1990, les investissements roumains à l’étranger ont diminué en importance, la reprise récente, œuvre des compagnies privées visant des pays prometteuses dans le domaine, notamment de l’espace ex-soviétique. Le Kazakhstan est le meilleur exemple, la compagnie Petrom exploitant plusieurs gisements : Jusali (depuis 1998), Aktaş, Taşbulat et Sinelnikovskoe (depuis 1999). L’expérience accumulée dans le domaine de l’extraction et du raffinage recommande la Roumanie même si l’atout pétrolier est loin d’avoir été joué malgré les plate-formes de forage marin qui prospectent les profondeurs du Golfe Persique.



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*** Enciclopedia României, 1938

*** Institutul Naţional de Statistică - Anuarele statistice ale României, Bucureşti.







Annexe 1

Courtes considérations sur les systèmes d’exploitation du pétrole

Les plus anciens sont les puits (trous) de pétrole. Le garnissage intérieur d'un puitsétait fait avec argile. Le principal objectif de l’exploitation était d’obtenir le mazout par l’évaporation des gaz. Le Moyen Age n’a pas été une époque d’utilisation à grande échelle du mazout. Depuis le XVIII-XIXe siècle, l’utilisation diverse (graissage, éclairage, médicine etc.) a changé aussi les systèmes d’exploitation, avec une productivité plus importante.

Les bains (mines) de pétrole sont plus productifs mais les investissements sont aussi plus grands et nécessitent une certaine professionnalisation de la main d’œuvre. Ils commencent à être utilisé comme méthode d’exploitation dans la deuxième partie du XVIe siècle et vont durer jusqu’au XVIIIe siècle. Une mine de pétrole a été découverte à Delniţa (Prahova).

Les trous en bois partagés en deux parts inégaux par un mur de bois ou des trous en argile avec une longueur de 1,50 m, une largeur de 1,20m et une hauteur de 0,50m, qui servaient de support pour laver les sables bitumineux et obtenir le pétrole sont aussi parmi les plus anciens systèmes d’exploitation. Le voisinage d’une rivière était important pour le succès de l’opération parce que le système avait besoin d’une certaine quantité d’eau.

Les puits de mines, commencent à être utilisés dans la deuxième partie du XVIIIe siècle et pendant tout le XIXe siècle. Ces puits sont considérés les plus productifs des toutes les méthodes manuelles d’exploitation. La possibilité d’avoir une profondeur plus grande que dans le cas des méthodes précédentes a permis d’exploiter des gisements plus grands. En Moldavie, ils étaient utilisés les puits avec une section circulaire (Lucăceşti, Valea Tazlăului Sărat, Mosoare). Les puits en section carrée étaient spécifiques en Valachie. Avec des moyens rudimentaires, les spécialistes en puits pétroliers ont fait des records de profondeur : 250 m dans le puits Aneloaia (Lucăceşti), 240 m dans le puits Sfetescu (Băicoi), 268 m (Matiţa) et le record absolu de 320 m à Breaza (un puits de 200 m de profondeur pourrait être réalisé en 2 ans à l’époque). A 1832, en Moldavie étaient 70 puits d’exploitation du pétrole et en 1848 un nombre de 465 puits.

L’exploitation manuelle du pétrole a durée jusqu’à la fin du XIXe siècle et a assuré le nécessaire du pétrole du pays et l’export (Autriche, Russie, Turquie).

L’année 1861 est le début pour le forage mécanique. Ces forages se sont imposés difficilement et jusqu’à la fin du XIXe siècle, les méthodes manuelles dominent. Par exemple, en 1897, dans le sud du pays existaient 71 sondes productives et 63 non productives. Les puits étaient beaucoup plus nombreux : 1215 puits productifs et 678 puits non productifs.

En 1906, les sondes s’imposent déjà par leur productivité sur tout le territoire.

L’exploitation intensive des gisements a nécessité depuis quelques décennies des nouveaux systèmes d’exploitation, adaptés aux nouvelles conditions (manque de pression). Depuis 1920, la méthode utilisée pour exploiter les gisements sans pression a été la méthode air lift. Dans les gisements, des compresseurs introduisent des gaz comprimés à une pression de 8-30 atmosphères pour pousser le pétrole vers la surface.

Le pistonnage était utilisé dans les gisements où la méthode précédente ne donnait pas des résultats. Un piston était introduit dans le gisement sous le pétrole et apportait avec lui à la surface le pétrole.

Le pompage du pétrole s’appliquait après la perte de la pression initiale du gisement pour assurer une production constante de la sonde.

Après la Deuxième Guerre Mondiale, l’activité de prospection par des nombreux forages s’est intensifiée pour essayer de compenser la baisse de production des gisements classiques. La première sonde d’exploration dans la Mer Noire en 1976 à une profondeur de 5006 m est une réalisation importante de l’industrie pétrolière roumaine.

Les systèmes d’exploitation air lift, pompage de profondeuront été perfectionnés après la deuxième guerre mondiale. L’Entreprise d’outillage pétrolier « 1 Mai » de Ploieşti assurait grand part de l’outillage nécessaire.


Annexe 2

Brève histoire du raffinage du pétrole en Roumanie

La société pétrolière « Steaua Română » est apparu en 1895. Cette société va construire à Câmpina la raffinerie « Steaua Română », l’une des plus grandes d’Europe à l’époque. Un impact très important pour le capital étranger investit dans le domaine du pétrole aura la loi des mines de 1895. Dans la loi sont prévues les possibilités de prendre en concession les périmètres pétroliers et de les exploiter.

Dans ces conditions, les grands trusts internationaux vont pénétrer le marché roumain : « Steaua Română » (1897) avec capital roumain ; la Société Industrielle « Belgo-Roumaine » (1900) de Mălăeşti (Prahova) avec une raffinerie à Plopeni ; « Standard Oil » (1903) va fonder en Roumanie la « Société Roumaine-Américaine » (construction d’une grande raffinerie auprès de Ploieşti, à Teleajen en 1906 qui utilisait déjà en 1914 plus de 18% du pétrole roumain ; la société « Vega » de Ploieşti va être fondé avec le capital fourni par Deutsche Bank (1905) ; la Société « Aquila Franco-Roumaine » appartenait au groupe bancaire français Rothschild, utilisait la raffinerie de Plopeni, reprise en métayage de la Société « Petrolul românesc ».Ce groupe va construire sa propre raffinerie (« Colombia ») à Ploiesti. Cette raffinerie va fonctionnait aussi après la guerre, dans les années ’60 étant intégrée administrativement au groupe Astra. Le même groupe avait une raffinerie à Cernavodă ; l’ancienne « Société Belgo-Roumaine » ; Royal Dutch-Shell va fonder la société « Astra » en 1908, société qui va fusionner avec la société « Regatul Român », la nouvelle société change son nom en « Astra Română » en 1910 (une raffinerie à Ploieşti) ; la Société « Orion » avec capital anglais (1910) va construire une raffinerie auprès de la gare de Ploieşti-Sud.

La forte concurrence n’a pas permis aux petites raffineries de résister seulement quelques unes ont continué de fonctionner. Seule la ville de Ploieşti avait en 1916 plusieurs grandes raffineries (« Astra Romana », « Vega », « Aquila Franco-Roumaine », « Orion », « Standard ») mais aussi plus petites (« The Anglo-Continental Oil », « Frăţia », « Noris », « Lumina », « Redinger », « M.Mitrany », « Orientul », « Roum.Cons.Oilf. », « Luceafarul »).

Après 1900, la dynamique du capital étranger dans l’industrie du raffinage va bouleverser cette industrie, la tendance de disparition des petites raffineries et de concentration de la production dans les grandes raffineries étant plus visible. Déjà en 1907, 95 % de la production du pétrole était transformée par les grandes raffineries.

En 1907-1908, la Roumanie avait 54 de raffineries avec une capacité de 1.893.195 t. En 1916 on arrive à 61 raffineries, en 1925 à 66 raffineries et en 1958, 53 (on met à côté la situation particulière de 1941 quand fonctionnaient seulement 25).

La production relativement réduite du XIXe siècle peut être liée à la capacité assez petite de raffinage, malgré le nombre élevé des raffineries. Le manque de capital étranger a déterminé le maintien de cette situation à peu près un demi-siècle. Le cadre législatif favorisant (loi des mines de 1895 et autres lois) a mis les bases pour les investissements étrangers et la production du pétrole commence à faire des sauts importants dans la première décennie du XXe siècle. L’impact du capital étranger sera grand au niveau de la concurrence sur le marché et des technologies appliquées pour le raffinage. Les petits industriels avec des capacités réduites de raffinage vont être éliminés lentement du marché et les grandes capacités vont prendre la place des petites raffineries, spécifiques pour tout le XIXe siècle.

Du point de vue de la localisation des raffineries, il y a deux grands types : dans la proximité des centres d’exploitation du pétrole et dans la proximité des villes (pour pouvoir assurer dans un premier temps la pétrole lampant nécessaire pour l’éclairage des villes et dans un deuxième temps assurer avec combustible les moyens de transports ou d’autres utilisations, beaucoup plus variées que dans la deuxième partie du XIXe siècle.

La pénétration du capital étranger dans le domaine du raffinage a préféré d’utiliser des anciennes capacités de raffinage pour les agrandir et introduire les nouvelles technologies. La structure du capital dans l’industrie du pétrole en 1914 était : anglo-hollandais (47,89 %), allemand (27,37 %), franco-belge (8,6 %), roumain (8,1 %), américain (6,19 %), italien (1,85 %).

D’un total de 24 raffineries principales de 1913 (capacité de raffinage de 3.725.613 t), 13 étaient dans la ville de Ploieşti. En 1916, la capacité de raffinage des raffineries monte à 4.147.758 t. En 1936, la capacité de raffinage dépasse 12 millions tonnes (20 raffineries). Les plus grandes raffineries étaient concentrées dans les villes de : Ploieşti, Brazi, Câmpina, Râmnicu Sărat et Braşov. Dans cette dernière ville commence la production des huiles minérales en 1940.

Dans la période communiste, plusieurs petites raffineries sont fermées : Bucureşti, Constanţa, Târgovişte, Râmnicu Sărat etc. Après la deuxième guerre mondiale les raffineries touchées par la guerre ont été reconstruites (surtout celles de Ploieşti). Les plans quinquennaux ont prévu d’autres raffineries comme celle de Borzesti (1955), l’extension de l’ancienne raffinerie de Teleajen (ex « Roumaine-Américaine »), la production des huiles minérales à Dărmăneşti (1949), les raffineries complexes de Borzeşti (1956-1957), Piteşti (1967), Midia Navodari (1975). Un rôle important revient a l’Entreprise d’outillage pétrolier « 1 Mai » de Ploieşti (ancienne Concordia) qui fournissait un grande partie de l’outillage pétrolier et des équipements spécifiques.

En 1990, la Roumanie avait 10 raffineries avec une capacité totale de 34 millions tonnes/année. Les grandes raffineries (85 % de la capacité totale de raffinage), qui produisent principalement des carburants (essence, gasoil, mazout etc.), huiles synthétiques, matières premières pétrochimiques étaient :

« Petrobrazi » (Brazi) -– 7 500 000 t (47 % pétrole d’import)

« Petrotel » (Ploieşti) – 4 700 000 t (74 % pétrole d’import)

« Petromidia » (Navodari) – 3 500 000 t (100 % pétrole d’import)

« Arpechim » (Pitesti) – 6 500 000 t (100 % pétrole d’import)

« Rafo » (Oneşti) – 5 250 000 t (67 % pétrole d’import)

Les petites raffineries et anciennes (15 % de la capacité du raffinage), qui produisent huiles spéciales, coke aciculaire, solvants, paraffines, bitumes et catalisateurs :

« Astra » (Ploieşti) – 1 800 000 t (100 % pétrole roumain)

« Vega » (Ploieşti) – 800 000 t (100 % pétrole roumain)

« Steaua Română » (Campina) – 400 000 t (100 % pétrole roumain)

« Dărmăneşti » (Dărmăneşti) – 1 500 000 t (100 % pétrole roumain)

« Suplacul de Barcău » (Suplacul de Barcău) – 400 000 t (100 % pétrole roumain)

Du point de vue technologique, les raffineries roumaines ont eu les meilleures technologies mondiales mais après 1980, ona stoppé l’importation desnouvelles technologies, dans le cadre de la politique d’autosuffisance du régime.


Annexe 3

Le stockage et le transport du pétrole et des produits pétroliers

Le stockage et le transport ont du s’adapter à l’évolution explosive de l’industrie du pétrole, qui commence à agrandir les productions après 1900. Par rapport à l’utilisation, le stockage et moins le transport étaient assez rudimentaires jusqu’au XIXe siècle : des trous, des vaisseaux en bois, des tonneaux1etc. Les chariots servaient au transport. L’augmentation de la production va changer complètement les modes de stockage te de transport : citernes pour les trains ou auto et conduites. Importante était la capacité de stockage, le pétrole et ses dérivées étant vus comme stratégiques depuis la Première Guerre Mondiale. Par exemple, en 1916, la capacité de stockage était de 1.411.000 m3. Les sociétés de l’industrie du pétrole ont du, parallèlement avec l’extension des chemins ferrés, l’utilisation de plus en plus grande et l’augmentation de la production de pétrole et ses dérivées, se doter avec des parcs des citernes. En 1908, ce parc comptait déjà 1765 citernes (31 % de ce parc était loué). En 1916, le parc était formé de 4209 citernes (23,5 % était loué).

Le transport du pétrole par conduites a commencé autour de l’année 1880. En tout cas, en 1891, la longueur totale des conduites était de seulement 9 km. En 1896, cette longueur arrive à 514 km. Après 20 ans, la longueur va dépasser 1300 km2.

Dans la période entre les deux guerres, cette longueur est de plus en plus grande : 2800 km en 1928 et 3600 m en 1931 (20 % appartenant à l’Etat). En 1934, la Roumanie avait 2522 km des conduites (75,2% pour le transport du pétrole). Un poids de 75 % revenait à 5 grandes raffineries : « Concordia », « Steaua Română », « Unirea », « Roumaine-Américaine » et « Colombia ».

Avec tous ces progrès, le développement de la production pétrolière était un peu décalée de la capacité de stockage (insuffisante - en 1939 cette capacité était de seulement 50 % de la production de pétrole de la Roumanie), du nombre de citernes etc.

Un grand avantage pour la Roumanie a été constitué par le débouché assuré par la Mer Noire. Le port de Constanta, du point de vue stratégique, va jouer un rôle essentiel. Le port pétrolier de Constanta commence son activité en 1909. L’importance du port et la facilité du transport vont mettre le problème de la construction d’un système des conduites entre les régions d’exploitation et le port3. En même temps, les ports fluviaux du Danube (Giurgiu, Brăila, Galaţi, Olteniţa) avaient des installations adaptées aux opérations avec le pétrole et des produits pétroliers.

La production de plus en plus grande et la variété de l’utilisation des produits pétroliers posent le problème acut de la distribution. Dans une première phase, les raffineries essayent de se débrouiller sur leurs propres comptes mais en court temps, les difficultés les ont fait d’abandonner la distribution. En 1908, les sociétés pétrolières de raffinage forment une société de distribution «  Société anonyme de distribution des produits pétroliers », qui va fonctionner jusqu’à 1950.


1D’ailleurs, le baril (158,983 l) vient de l’anglais « barrel », qui signifie tonneau.

2Les plus longues conduits étaient celles de Schela Beceni – Gare de Buzău (40 km), qui appartenait à la société Nafta et Moreni-Diţeşti-Plopeni (40,5 km), qui appartenait à la société « Roumanian Consolidated Oilfield ».

3Un projet fameux à l’époque a été la conduite Băicoi-Ploieşti-Buzău-Feteşti-Cernavodă-Constanţa. Après plusieurs débats de quelques années, elle sera fonctionnelle en 1919.

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