variations Des NIVEAUx MARINs : ENJEUX ET ADAPTATIONS AU XXIe SIÈCLE DANS LE NORD ET LE SUD
Gérard BELTRANDO et Lydie GOELDNER-GIANELLA
UMR 8586 CNRS PRODIG
Résumé
L’objectif de cette communication d’une heure sera de décrire et d’expliquer les variations du niveau des mers en mettant en évidence le rôle des facteurs naturels (cycle glaciaire/interglaciaire…) et anthropiques (effet de serre additionnel dû aux activités humaines) à l’origine de cette dynamique. L’évolution du niveau marin sera brièvement abordée à diverses échelles temporelles, depuis celle du million d’années, jusqu’à celle de la saison. Pour la période récente, la variabilité spatiale du niveau marin sera expliquée principalement par le rôle de la dilatation thermique de l’océan ainsi que par celui plus secondaire du climat. Régionalement, l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des tempêtes pourrait amplifier le phénomène alors que dans d’autres régions, l’intensification des cellules anticyclonique pourrait jouer un rôle inverse.

À partir des prévisions des modélisateurs du climat du Groupe d’Expert sur le Changement Climatique (GIEC), des dommages déjà observés dans certaines régions (même s’ils ne relèvent pas tous de la montée du niveau marin) et des premières études sur les impacts socio-économiques à attendre, quelques exemples d’adaptations seront présentés. Ceux-ci illustreront la question des solutions à envisager pour réduire les conséquences de l’élévation eustatique : renforcement in situ des moyens de protection existants, avancée sur la mer pour créer des moyens de protection plus efficaces, ou, a contrario, recul de ces protections et abandon à la mer de terres plus ou moins aménagées. Ces exemples, privilégieront les côtes basses qui sont les plus menacées ; ils seront choisis dans le Sud et dans le Nord, de façon à souligner la diversité des enjeux et des choix de gestion envisagés ou en cours.

On développera le cas des côtes à marais européennes, en présentant la politique allemande de renforcement des digues de mer sur toute la façade occidentale de ce pays, les nouvelles avancées sur la mer prévues aux Pays-Bas – où, en réalité, les modes de gestion de l’élévation marine sont très divers – et surtout la politique britannique du « managed realignment », conduisant à un abandon programmé, sur parfois de très vastes étendues, de plusieurs dizaines de polders agricoles inhabités, dans le but de recréer des espaces tampons naturels permettant une « défense douce » face à la mer.

On évoquera également le cas de quelques grands milieux deltaïques (Rhône, Nil, Gange), qui illustrent bien la question du choix d’adaptation des sociétés : faut-il protéger tous les espaces vulnérables ou en abandonner certains ? A quel prix et qui doit payer les adaptations ? La lutte contre la montée des eaux marines est elle toujours un combat pour survivre ? N’est-elle pas parfois aussi un combat idéologique ?

Bien que les coûts d’adaptation à l’élévation marine soient élevés, on n’oubliera pas d’en mentionner les éventuels bénéfices, sur les plans spatiaux, économiques et parfois écologiques.


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