Des ports maritimes pour quels territoires ? Un regard géographique sur la décentralisation portuaire
Jean Debrie
Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS)
Unité « Systèmes Productifs, Logistique et Organisation des Transports » (SPLOT)
jean.debrie@inrets.fr
Article complet

Proposition de conférence pour le Festival International de Géographie 2009 (FIG 2009)



Des ports maritimes pour quels territoires ? La question des « petites » unités portuaires


Jean Debrie


Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité (INRETS)

Unité « Systèmes Productifs, Logistique et Organisation des Transports » (SPLOT)


jean.debrie@inrets.fr


Les modifications de l’industrie maritime dans le contexte de mondialisation et leurs conséquences sur les espaces portuaires ont été largement décryptées dans des travaux scientifiques de disciplines variées. La géographie a pleinement contribué à cette étude de l’évolution des réseaux maritimes, de la relation entre mondialisation et stratégies d’opérateurs globalisés, des changements des modes de gouvernance portuaire ou encore de la relation ville-port. Il reste que la plupart de ces contributions portent sur les grands ports mondiaux, sur les grands réseaux qui relient les pôles de la triade en sélectionnant quelques ports adaptés aux logiques d’économies d’échelle et d’envergure que commandent les besoins de la mondialisation en termes de transport. Ce focus est légitime car les grands ports traitent une écrasante majorité des marchandises transportées par voie maritime. Ils constituent de plus une unité pertinente pour analyser les points de rencontre des différentes échelles, du local au global pour reprendre une expression consacrée, où se joue la mise en réseau du monde. Pour autant, malgré les processus de concentration portuaire, les façades maritimes se caractérisent aussi par la permanence de petits ports qui assument des fonctions plus locales et desservent des arrière-pays limités. Ces petites unités portuaires sont peu étudiées par la géographie maritime et encore moins par les approches économiques. Il s’y joue pourtant des questions de développement local qui justifient alors un regard plus approfondi sur l’inscription territoriale de ces ports. Et cette question de territoires trouve une résonnance particulière dans un contexte actuel généralisé de décentralisation de l’action publique. Cette décentralisation a alors souvent modifié l’échelle de l’encadrement institutionnel portuaire. En Europe par exemple ou encore en Amérique du nord, le retrait du niveau central d’un certain nombre de compétences économiques a ainsi permis à des niveaux territoriaux régionaux voire plus locaux de participer à l’animation portuaire. Des régions littorales historiquement « maritimes », c'est-à-dire au profil économique caractérisé par l’importance des activités de la mer, ont ainsi pu connaître une réactivation de projets liés à cette ouverture maritime, que ces projets soient d’ordre industriel, scientifique, culturel ou récréatif.


Ce projet de conférence a donc pour but d’éclairer cet aspect peu connu de la relation entre espace maritime, ports et développement local. A travers une analyse comparative menée entre les régions maritimes françaises (Bretagne en particulier) et deux provinces maritimes de l’est du Canada (Nouvelle Ecosse, Nouveau Brunswick), il s’agit d’illustrer les jeux d’acteurs et les jeux d’échelles qui se développent autour de ports parfois de taille très réduite. La rencontre entre les opérateurs du transport et les acteurs politiques, l’articulation entre les périmètres institutionnels maritimes, portuaires et terrestres et les aires de fonctionnement de ces ports, les projets de développement territoriaux, les questions environnementales, la réglementation du domaine public maritime, les difficultés de maintenir ces outils portuaires dans un contexte de dette publique, sont autant d’éléments qui constituent une problématique territoriale qu’il s’agit d’illustrer. C’est ainsi la question des arbitrages à faire entre des fonctions différentes (industrielle, urbaine, de loisir…) liées à la situation maritime de ces espaces qui doit être traitée. En complément de l’approche des grands ports et des réseaux mondiaux maritimes qui irriguent les espaces continentaux, il y a donc place pour une géographie des « petits » ports c'est-à-dire une appréhension du système acteurs/échelles/territoires qui continue d’animer des espaces littoraux ouverts sur cet horizon maritime.




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