L’LE MAURICE OU COMMENT SURMONTER LE HANDICAP DE L’INSULARITé ?
Emmanuel GRÉGOIRE
Directeur de recherche IRD
UR 105 « Savoirs et développement »
Résumé
Depuis son accession à l’indépendance (1968), la république de Maurice a connu un développement économique très rapide qui a fait d’elle un nouveau pays industriel1. Qualifiée de « tigre de l’Océan Indien », elle est un des rares pays africains si ce n’est le seul à s’être extrait de la liste des pays les plus pauvres de la planète pour rejoindre celle des pays à revenu intermédiaire2 : en 2006, le rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) relatif au développement humain la classe à la 75ème place sur 179 pays. Une telle performance interpelle : comment ce micro Etat perdu au milieu de l’océan Indien, faiblement peuplé (1.275.000 habitants) et sans ressources naturelles ni minières, est-il parvenu à surmonter le handicap de l’insularité et à sortir du sous-développement auquel il semblait condamner, il y a quarante ans ?

Sa situation géographique explique, en partie, ce succès : l’île Maurice était autrefois située sur la route des Indes tant convoitée par les puissances coloniales, mais aussi sur celle du thé, de la soie et de la porcelaine que les Européens allaient chercher dans leurs comptoirs de Chine. Au début du XIXème siècle, le ministre britannique Pitt estimait qu’il était impossible à la Grande-Bretagne de « contrôler l’Inde tant que la France aurait l’Isle de France3 ». Si l’ouverture du canal de Suez (1869) l’a mise à l’écart du négoce entre l’Europe et l’Asie, l’île Maurice est aujourd’hui une passerelle entre l’Afrique australe et orientale et des pays asiatiques comme l’Inde et la Chine qui effectuent une percée remarquée sur le continent noir. Longtemps basée sur la monoculture sucrière, la diversification de son économie lui a également permis de trouver sa place dans les courants d’échanges mondiaux : elle est donc une île ouverte sur le monde et non repliée sur elle-même. Mais, pour les Mauriciens, la mer n’est pas seulement un espace économique et maritime, c’est aussi un espace de souveraineté nationale, objet de contentieux avec la Grande-Bretagne et la France.

I. UNE ILE OUVERTE AU MONDE

Découverte au début du XVIème siècle par des navigateurs arabes, l’histoire de l’île Maurice se scinde en trois grandes périodes : l’époque française, l’ère anglaise et la période contemporaine qui démarre avec l’indépendance du pays.

  1. L’Isle de France

Premiers colonisateurs de l’île (1598-1708), les Hollandais l’abandonnèrent ne voyant guère d’intérêt à conserver ce micro territoire isolé en plein milieu de l’océan Indien. Au nom du roi Louis XIV, le Français Dufresne d'Arsel en prit possession en 1715. Dès lors et jusqu'en 1764, l’Isle de France fut placée sous la tutelle de la compagnie des Indes, celle-ci l’utilisant pour ravitailler ses vaisseaux qui se rendaient dans ses comptoirs indiens.

L'île connut un premier développement sous le gouverneur Mahé de la Bourdonnais (1735-1747). Négociant et grand marin originaire de Saint Malo, celui-ci développa la culture de la canne à sucre et construisit un port en eau profonde à Port-Louis qui devînt un port de commerce régional actif, étape sur la route des Indes, et le centre du négoce local. Libéral, Mahé de la Bourdonnais offrit un cadre juridique et économique favorable aux marchands au long cours, mais aussi aux planteurs et aux marins. En 1766, l'île fut placée sous le contrôle du roi de France et comptait alors 20.000 habitants dont 18.000 esclaves importés des côtes du Mozambique et de Madagascar pour exploiter les champs de canne. À la fin du XVIIIème siècle, la population avait triplé (60.000 habitants dont 49.000 esclaves), les familles françaises répandant la culture de la canne sur l’ensemble du territoire.

Après un premier échec de débarquement à Mahébourg (bataille de Grand Port), les Anglais s'emparèrent de l'île pour mettre fin aux attaques des corsaires français qui pillaient leurs navires de commerce. Elle fut rebaptisée Mauritius, nom initialement donné par les Hollandais en hommage au prince Maurits van Nassau. Le traité de capitulation qui retirait à la France sa tutelle fut un « gentleman agreement » : les Britanniques autorisèrent les Français établis dans l’île à conserver leurs lois1, leurs coutumes et leur religion mais aussi leurs biens et ne remirent donc pas en cause leur hégémonie sur l’économie locale à travers le négoce maritime et la culture de la canne. La Grande-Bretagne n’entendait pas faire de Maurice une colonie de peuplement, mais sécuriser la route des Indes.

2. L’ère anglaise

En offrant de nouveaux débouchés au sucre mauricien au Royaume-Uni et dans sa colonie indienne, les Britanniques firent de l’île Maurice alors tournée vers la mer une colonie de plantation qui engendra une nouvelle classe, celle des planteurs sucriers qui remplaça celle des négociants et des marins au long cours. Alors qu’elle comptait 106 sucreries dix ans après le départ des Français (1820), on en dénombrait 259 en 1858. Le développement de la canne fut donc spectaculaire : la production passa de 484t en 1812 à près de 100.000 en 1853. Cet essor nécessita l’arrivée massive d’esclaves africains et malgaches, ceux-ci représentant 70% de la population en 1833 (66.000 sur 92.000). L’abolition de l’esclavage qui fut effectif dans l’empire britannique dès 1807 contraignit les planteurs blancs à trouver d’autres travailleurs agricoles car leurs anciens esclaves délaissèrent les plantations pour devenir artisans, pêcheurs, éleveurs, colporteurs ou agriculteurs. Comme à la Réunion, ils les remplacèrent par des laboureurs d’origine indienne, les coolies. Ces hommes dits « engagés » étaient des paysans pauvres originaires du Bihar. Tous débarquaient à l’Aapravasi Ghat, sorte de dépôt situé sur le front de mer à Port-Louis. Leur l’immigration débuta en 1834 pour prendre progressivement fin au début du XXème siècle et explique que « les Indiens étaient devenus deux fois plus nombreux dans l’île que le reste de la population. En 1901, sur une population de 371.023 individus, on comptait 259.086 Indiens ou Indo-Mauriciens »2.

La période 1860-1890 fut caractérisée par une stagnation de la production de sucre (autour de 120.000t) en dépit de la construction d'une ligne de chemin de fer (1864) qui reliait Port-Louis, seul port d’exportation, aux zones de culture. Cette époque fut marquée par le morcellement des propriétés3 : des planteurs d’origine française abandonnèrent la canne sous l’effet des cyclones, des dégâts causés par un insecte nuisible (le borer), des maladies de la canne, des épizooties et enfin de la malaria qui entraîna la fermeture des propriétés situées près du littoral plus touché. Ce morcellement s’effectua au profit d’immigrants d’origine indienne qui étaient le plus souvent des sirdars (contremaîtres organisant le travail aux champs), des recruteurs ou de riches négociants. Il favorisa l’émergence de petits planteurs indo-mauriciens (ils étaient 10.000 en 1884 et possédaient près de 30% des terres plantées en canne en 1900). Durant une longue partie du XXème siècle, la production ne cessa d’augmenter : 216.860 tonnes en 1910, 298.578 en 1936, 500.000 tonnes en 1953 et plus de 660.000 en 1965, la canne couvrant un tiers du territoire : la culture, la transformation et l’exportation de la canne étaient devenues une véritable industrie, mais le sucre demeurait l’unique ressource du pays à la veille de l’indépendance.

Préparée de longue date, l’indépendance fut acquise sans heurts, les Britanniques l’accompagnant jusqu’au 12 mars 1968, jour où le quadricolore mauricien se substitua à l’Union Jack. En 1972, la roupie fut détachée de la livre sterling rompant ainsi un lien fort avec l’ancienne métropole. Enfin, la reine d’Angleterre n’est plus la souveraine de Maurice, la république ayant été proclamée le 12 mars 1992.

En développant la canne à sucre, la colonisation britannique aida l’île à rompre son isolement et à développer ses activités agricoles, portuaires et maritimes. L’adhésion de la Grande-Bretagne au marché commun (1975) lui fit bénéficier de la convention de Lomé ce qui favorisa ses exportations de sucre et de textiles et son intégration dans de grands flux d’échanges sud-nord.

3. L’île indépendante

La république de Maurice a dû se tourner vers d’autres partenaires pour sortir du sous-développement. Pour cela, elle rejoignit l’Organisation de l’unité africaine (OUA)1, la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM) : le pays s’arrimait solidement au continent africain auquel il est géographiquement rattaché et dont 30% de sa population est originaire. Parallèlement, il s’affilia à l’EMAA (Etats africains et malgaches associés), à l’OCAMM (Organisation commune africaine, malgache et mauricienne) à présent dissoute et plus tard (1984) à la Commission de l’océan Indien (COI) qui regroupe Madagascar, Maurice, les Seychelles, l’archipel des Comores et la Réunion. Ces organisations entendent attirer l'attention du continent noir quant à l'existence d'îles en son sein et à la spécificité de leurs problèmes.

Cet ancrage africain se manifesta aussi par son adhésion à des organisations économiques régionales comme le Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA) et la Southern African Development Communauty (SADC). Ne pouvant vivre en autosubsistance, l’objectif était d’offrir de nouveaux marchés à l’industrie mauricienne et à son port. Les tarifs préférentiels pratiqués au sein de ces organisations lui permettent d'accroître sa compétitivité face aux entreprises asiatiques qui n'en bénéficient pas. En 1995, Maurice s’impliqua dans la création de l'Indian Ocean Rim Association for Regional Cooperation (IOR-ARC), vaste ensemble qui regroupe des pays africains et asiatiques riverains de l'océan Indien. L’idée restait la même : poursuivre son développement en dehors de ses frontières maritimes même si l’IOR-ARC n’est pas encore une réalité économique.

Au sein du continent noir, Maurice fait figure, malgré sa taille réduite et dans un contexte d’Etats faibles et d’économies peu développées, de pays leader allant jusqu’à représenter l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations unies en tant que membre non permanent (2001-2002). Par ailleurs, le pays aspire à jouer un rôle économique et politique important en s’imposant comme le porte-parole et le défenseur sur la scène internationale de la cause des petits Etats insulaires. Enfin, il fait entendre sa voix dans les grands forums organisés par le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce (OMC)2.

Désormais lié à l’Afrique, Maurice garde de solides attaches avec ses deux anciennes tutelles coloniales3. Toutefois, la France et la Grande-Bretagne ne veulent plus ou ne peuvent plus soutenir l’Afrique comme par le passé : les Accords de partenariat économique (APE) que l’Union européenne (UE) proposent aux pays africains ne leur apportent pas les mêmes avantages que les régimes préférentiels issus de l’accord de Cotonou car ces APE reposent sur un partenariat d’égal à égal ce qui n’est pas le cas en pratique. La disparition des régimes préférentiels (protocole sucre et accord multifibres) signifie pour Maurice la fin des niches qui firent le succès de son modèle de développement. Le pays en tire les conséquences en mettant en avant son intérêt géopolitique et en se tournant vers l’Inde et la Chine, pays émergeants à fort potentiel de développement.

Les relations que Maurice entretient avec l’Asie sont très étroites pour des raisons à la fois historiques et culturelles : 60% des Mauriciens sont originaires d’Inde, 2,5% d’entre eux de Chine. En faisant venir des travailleurs d’origine indienne, la colonisation britannique amena Maurice et l’Inde à nouer des relations solidaires (l’Inde suivit avec attention le processus de décolonisation mauricien) : l’Inde qui souhaite faire une percée en Afrique en profitant du recul de la présence européenne entend se servir de Maurice comme tête de pont. Le partenariat sino-mauricien prend quant à lui une nouvelle envergure : en février 2009, le président Hu Jintao se rendit à Maurice au terme d’un périple qui l’avait conduit dans quatre autres pays africains. Pour les Mauriciens, ce fut un geste politique fort, peu d’Etats africains pouvant se targuer d’une telle visite. L’événement souligne l’importance que la Chine accorde à Maurice pourtant dépourvu de matières premières, mais qui présente un intérêt géopolitique dans son approche du marché africain : c’est pour cette raison que le pays figure avec la Zambie et le puissant Nigeria parmi les trois premiers pays africains choisis pour accueillir une zone de coopération économique et commerciale chinoise (ZCEC).

Dans ce nouveau contexte, les échanges sud-sud apparaissent comme étant complémentaires des flux sud-nord : les importations de Maurice proviennent d’Asie tandis que ses exportations sont tournées vers l’Europe et les Etats-Unis. Toutes se font par la mer qui constitue ici un trait d’union et non une barrière.

II. UNE ILE « MONDIALISEE »

Pour ne plus dépendre des exportations de sucre, les autorités ont encouragé la diversification de l’économie et son passage du secteur primaire au secondaire puis au tertiaire. Hormis le tourisme, l’activité portuaire et l’industrie marine, les autres pans de l’économie mauricienne ne reposent pas directement sur la mer même si certains en dépendent étroitement (sucre et textiles).

  1. L’île sucrière

Le sucre est donc lié à l’histoire de l’île Maurice et doit sa survie aux relations privilégiées qui la lient à l’Union européenne. Elle a en effet longtemps bénéficié des conditions avantageuses du protocole sucre pour écouler sa production (500 à 600.000t/an) au Royaume-Uni à un prix supérieur au cours mondial. Cependant, l’UE est contrainte de remettre en cause ce traité sous la pression de l’OMC qui le juge non conforme aux règles du négoce mondial car il met à l’abri les pays ACP de la concurrence internationale qu’ils ne pourraient soutenir en raison de coûts de production plus élevés. Le protocole sucre expire le 1er octobre 2009. Premier producteur ACP (40% de la production) devant les îles Fidji, Maurice a ressenti la perspective de cette abolition comme une véritable catastrophe estimant que le pays avait été lâché par l’Europe qui met ainsi fin au commerce préférentiel. Après d’âpres négociations, l’Union européenne décida de réduire graduellement le prix subventionné aux pays ACP de 36% d’ici à la fin de l’année 2009 : il sera alors de 335,2 euros au lieu des 523,7 garantis par le protocole (les pertes cumulées se chiffreront à près de 1,8 milliard d’euros à la fin de la mise en œuvre du nouveau régime communautaire).

Une rente vieille de près de quarante ans et un symbole s’éteignent après avoir permis à Maurice d’amorcer son développement et à d’autres pays de ne pas s’enfoncer davantage dans le sous-développement. Face à cette situation, les grands groupes sucriers franco-mauriciens abandonnent le sucre roux au profit du sucre blanc raffiné plus rémunérateur et qui représente 99% de la consommation en Europe. À court terme, l’île devrait produire 325.000t de sucre blanc et 125.000t de sucres spéciaux (sucre granulé, mélassé ou brun) et monter ainsi en gamme pour se soustraire à la concurrence du Brésil et de la Thaïlande. Toujours pour maintenir l’activité, le pays s’efforce de transformer son industrie sucrière en une industrie de la canne en valorisant tous ses sous-produits comme l’éthanol et surtout la bagasse qui permet de produire de l'électricité. Enfin, les propriétés sucrières ont amorcé un redéploiement de leur activité vers l’Afrique (Mozambique et Côte d’Ivoire) où elles trouvent l’espace qui leur fait tant défaut dans leur île et des salaires plus bas.

La canne semble donc devoir toujours faire partie du paysage mauricien et la filière est en passe de réussir sa reconversion.

  1. L’île textile

Au départ des Britanniques, Maurice possédait un tissu industriel embryonnaire avec 70 entreprises employant 1200 personnes. Aussi, pour réduire le chômage, enrayer le déclin du PIB par habitant et engranger des rentrées de devises, le gouvernement travailliste mit en place, au cours des années soixante-dix, une zone franche manufacturière, en s’inspirant des exemples de Taiwan et Singapour. Son développement fut très rapide (les secteurs privilégiés étant la confection et le textile) si bien qu’en 1985 son poids dans l’économie dépassa celui du sucre en termes d’emplois et d’exportations (sa contribution au PIB fut supérieure trois ans plus tard).

Cette zone franche connut son apogée à l’orée des années 2000 représentant 90.000 emplois, 12% du PIB et près des 2/3 des exportations mauriciennes. Elles étaient dirigées vers l’Europe (France et Royaume-Uni) ainsi que les Etats-Unis. En trois décennies, la zone franche est devenue un des piliers de l’économie nationale et a permis à Maurice de s’industrialiser et de se libérer de sa dépendance à l’égard de la monoculture sucrière qui représentait 90% des exportations en 1968. En 2002, la zone franche enregistra une baisse de croissance de 4% qui constituait un premier recul depuis 1982, celui-ci faisant suite à dix années de croissance à des taux proches de 10% par an. À l’érosion de la compétitivité des entreprises mauriciennes1 s’ajoutait la libéralisation du secteur textile voulue par l'OMC. Avec la fin des quotas et une baisse des droits de douane2, celle-ci démantela l'accord multifibres (1er janvier 2005) qui avait mis à l'abri le textile mauricien de ses concurrents asiatiques dont les exportations vers l'Europe étaient limitées par des quotas.

Les entreprises mauriciennes parvinrent à surmonter l’obstacle en montant en gamme si bien que le secteur représentait, en 2007, un peu moins de 12% de la population active et 40% des exportations. De sombres perspectives économiques et sociales pèsent de nouveau sur lui en raison de la crise économique mondiale qui risque de le contraindre à une seconde restructuration avec une nouvelle montée en gamme.

  1. L’île touristique

Depuis les années soixante, la croissance du tourisme a été rapide car les îles tropicales sont devenues une destination en vogue proposant la combinaison des fameux trois « s » (sun, sand and sea) tant recherchée par les touristes. L’île Maurice aux plages de sable blanc bordées d’un lagon aux eaux limpides, à la température clémente, à des équipements hôteliers de qualité et à un accueil chaleureux et compétent donne l’image d’une île paradisiaque. Bien que son arrière-pays présente moins d’intérêt que celui de la Réunion, Maurice commence à le valoriser tout comme ses patrimoines naturels, historiques et religieux. Les touristes dont c’est souvent le premier voyage lointain (retraités) apprécient également l’absence de maladies (le paludisme a disparu), d’animaux et d’insectes dangereux, la stabilité politique du pays et un niveau d’insécurité faible.

Le développement touristique de l’île a été rapide et en a fait une activité donnant du travail à près de 10% de la population active en 2007 (plus de 50.000 emplois directs et indirects confondus), représentant 8,5% du P.I.B. (4,1% en 1994) et plus d’un milliard d’euros de recettes soit la seconde source de rentrées de devises du pays après la zone franche. Depuis 1968, le nombre de vacanciers est passé de 15.500 à 930.000 en 2008. Ce fort accroissement s’est accompagné d’un glissement du haut de gamme vers le milieu de gamme même si le pays entend toujours se donner l’image d’un île paradisiaque dans ses campagnes publicitaires. L’activité atteint peut-être ses limites car l’exploitation intensive du littoral entraîne une forte pression immobilière et une saturation de l’espace (le linéaire côtier représente 322 kilomètres)1. Les hôtels occupaient 3,1% de ce linéaire en 1975, 13% en 1996 et sans doute 20% aujourd’hui. Les emplacements disponibles se raréfient si bien que les espaces encore libres sont convoités et les prix flambent. Par ailleurs, des signes tangibles de détérioration de l’environnement (dégradation du lagon, érosion des côtes) sont perceptibles et des paysages ont perdu leur caractère sauvage pour faire place à des complexes hôteliers. Enfin, des problèmes d’approvisionnement se posent, notamment dans le Sud-Ouest de l’île, le secteur touristique en étant en partie responsable étant un gros consommateur d’eau.

La crise économique a entraîné une baisse des arrivées et compromet l’objectif d’atteindre le million de visiteurs en 2010.

  1. L’île paradis fiscal

Si la Mauritius Tourism Promotion Authority vante l’image d’une île paradisiaque, elle est aussi devenue un paradis fiscal avec la mise en place d’une activité offshore (1992). L’objectif était de procurer des revenus supplémentaires à l’Etat, de créer des emplois (5000 personnes travaillent directement ou indirectement pour l’offshore en 2009) et d’orienter le pays vers le secteur tertiaire. 

L’entreprise fut là aussi un succès : grâce à la Convention de double imposition (CDI) signée avec l’Inde, Maurice est devenu le premier investisseur étranger dans la Grande péninsule. Le principe est le suivant : une firme, par exemple, américaine qui investit en Inde y sera imposée sur son activité car il y n’y a aucun accord en matière fiscale entre les deux pays. Pour éviter cette (lourde) imposition, Maurice offre à cette société américaine la possibilité de constituer une société qui créera à son tour une filiale en Inde qui réalisera les investissements de la maison-mère américaine. Comme il y a une CDI entre les deux pays, cette filiale ne payera pas de taxes sur ses bénéfices et ses plus-values en Inde où elles sont élevées mais à Maurice où elles ne sont pas taxées. Enfin, elle pourra rapatrier ses profits aux USA sans taxes de sortie ni contrôle des changes. Grâce à cette convention, véritable rente pour le pays, Maurice asura, en 2007-2008, 57% des investissements étrangers directs en Inde soit 14,5 milliards de dollars devant les Etats-Unis 17%, la Grande-Bretagne 11, les Pays-Bas 8 et le Japon 7.

Bien que figurant sur la liste blanche des paradis fiscaux établis par le G20 lors du sommet de Londres (1er-2 avril 2009), l’offshore mauricien est désormais menacé par l’OCDE qui lui reproche de ne pas satisfaire les demandes d’informations à des fins fiscales formulées par les Etats membres.

  1. La cyber île

Considérées comme une alternative au textile et au sucre, le gouvernement veut faire des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTICs) le cinquième pilier de l'économie nationale en convertissant Maurice en une cyber île calquée sur le modèle des cités indiennes du troisième millénaire. Il s’agit, cette fois-ci, d’attirer des services, et non plus des industries, en jouant sur l’avantage comparatif que possède l’île en termes de coûts de travail par rapport à l’Union européenne.. Pour cela, l’État a mis en place un cadre législatif en promulguant des lois facilitant l'implantation des sociétés mauriciennes et étrangères. Il a ensuite édifié sur le site d’Ebène une cyber tour dotée d'un réseau de télécommunications ultra-moderne et fait en sorte que le pays soit relié (juin 2002) au câble sous-marin en fibre optique SAFE (South Asian Far East) qui relie l’Afrique du Sud à la Malaisie et par là connecte l’île à l’Europe et à l’Amérique du Nord.

Ce secteur a connu une forte croissance et s’est avéré être créateur d’emplois (plus de 7000 en 2008). Les entreprises de d’externalisation sont les plus nombreuses (46%), suivies des centres d’appels (22%), des sociétés de développement de logiciels (18%), des entreprises multimédias (9%), des centres de formation « Online » (3%), des entreprises de développement de sites web (1%) et des centres de recouvrement après désastre (1% assuré par le géant indien Infosys). L’origine de ces entreprises est variée, avec une prépondérance toutefois des entreprises françaises (41%) devant les sociétés mauriciennes (33%).

Cette cyber économie possède de réelles potentialités dans l’externalisation des services qui est appelée à s’étendre car elle permet aux entreprises européennes de réduire leurs coûts et d’être plus compétitives. Le pari audacieux du gouvernement de faire du pays une cyber île possède de sérieuses chances de succès, mais il ne peut être gagné sans un gros effort de formation car la main d’œuvre locale qualifiée ne parvient pas à satisfaire la demande des entreprises.

  1. Le port

En 1992, l’île mit en place un port franc pour développer les activités internationales de Maurice, cette fois-ci dans le domaine maritime en jouant sur sa position géographique située à neuf jours de bateau de l’Asie du Sud-Est (Singapour), à six jours de l’Inde (Bombay) et à cinq de l’Afrique du Sud. L’idée n’est pas nouvelle puisque Mahé de la Bourdonnais avait envisagé, sans succès, de faire de Port-Louis un vaste entrepôt, sorte de port franc où les négociants européens auraient pu se fournir en produits asiatiques.

Le port franc qui constitue une zone franche commerciale a pour objectif de renforcer la position de Maurice dans le domaine des services. Il s’agit d'en faire une plaque tournante du transport maritime régional et un centre logistique et de marketing dans l'océan Indien, en Afrique australe et orientale. Contrairement à la zone franche, c’est un espace délimité situé, d’une part, au Nord de l’île où ont été édifiés des entrepôts à sec, des chambres froides, des unités de transformation et des bureaux et, d’autre part, au Sud, dans l’enceinte même de l'aéroport international. Dans ces deux lieux, des marchandises peuvent y être chargées, déchargées, transbordées, entreposées, transformées dans certaines limites et réexportées dans un contexte hors taxes et droits de douane. Un minimum de formalités est exigé afin d'attirer les investisseurs étrangers. De plus, ils peuvent se livrer à des activités à valeur ajoutée comme le montage ou la transformation en vue de la réexportation. En utilisant le port franc, des opérateurs nationaux ou étrangers ont accès dans des conditions intéressantes à de nombreux marchés étrangers dans la mesure où Maurice fait partie d'un grand nombre d'organisations économiques régionales.

Sans figurer parmi les principaux piliers de l'économie nationale, ce secteur témoigne du dynamisme du pays et de sa capacité à trouver des niches pour promouvoir son développement : le port franc et le port1 représentent à eux deux 5,5% du PIB. Le premier qui dépend étroitement du second procure 1500 emplois directs et autant d’emplois indirects. Même s’il est de plus en plus lié à l’industrie marine, il doit faire face à la concurrence de Dubaï et de Djibouti. Celle-ci est particulièrement vive sur les marchandises sans valeur ajoutée car les flux peuvent aisément se détourner de Maurice au profit de Dubaï dont les infrastructures sont très modernes même si l’île est mieux placée sur la voie maritime qui relie la Chine à l’Afrique australe. Sur les produits à valeur ajoutée, Maurice a l’avantage d’appartenir à de nombreuses organisations régionales ce qui offre de nouveaux marchés aux opérateurs qui utilisent son port franc.

  1. La pêche

Au cours de ces vingt dernières années, l’exploitation des ressources thonières dans l’océan Indien s’est considérablement développée avec le déplacement d’une flottille européenne depuis l’Atlantique à partir des années quatre-vingt et le renforcement des flottilles palangrières asiatiques dans cette région où elles sont présentes depuis 1950. À cela, s’ajoute la pêche artisanale des pays baignés par l’océan Indien.

Pays composé de plusieurs îles, la pêche est une activité traditionnelle du pays. La production locale de poissons oscille autour de 10.000T (2006) assurée par la pêche artisanale consommée à 90% localement et semi industrielle assurée par huit navires opérant en eaux peu profondes (plateau des Mascareignes) et qui ont débarqué 2680t de poissons congelés à Port-Louis en 2004. Parallèlement, le pays s’est longtemps contenté de négocier, le plus souvent dans de mauvaises conditions, des permis de pêche, le nombre de licences passant de 172 en 2001 à 219 en 2007 soit plus de 40 millions de roupies de recettes (900.000 euros)1. Cette exploitation de la zone économique mauricienne par des bateaux de pêche étrangers a fini par entraîner l’affaiblissement de ses ressources maritimes. Ce n’est que récemment que le pays s’est lancé dans la pêche industrielle alors qu’il aurait pu le faire depuis longtemps pour profiter des opportunités offertes par l’Accord de Cotonou (droit d’entrée hors taxe et hors quotas sur le marché européen sous réserve que soient respectés les critères et règles d’origine).

L’ambition du projet Seafood Hub qui a été lancé en 2001 est de faire de Port-Louis une plaque tournante dans le négoce des produits de la mer à haute valeur ajoutée en en faisant un centre de transbordement, de traitement, de stockage et de réexportation. Le projet ne porte donc pas sur le développement de la pêche elle-même qui reste très modeste en raison de la faiblesse de la flotte locale qui s’explique par le prix d’achat très élevé des thoniers, mais sur la transformation en vue de l’exportation des produits de la pêche. L’idée est donc de faire de Port-Louis un port de pêche ainsi qu’un pôle régional industriel marin compte tenu que ni les Seychelles ni les Maldives ne se sont encore tournées vers ce secteur alors que leurs eaux territoriales sont davantage poissonneuses (thon).

Le Seafood Hub ne pourra réellement se développer qu’en s’adaptant aux contraintes liées à la concurrence internationale. L’objectif gouvernemental de doubler le nombre d’emplois en le portant à 10.000 et la valeur des exportations à 10 milliards de roupies (2,2 millions d’euros) au cours des trois prochaines années n’est pas gagné d’avance car un réel effort devra être entrepris pour améliorer les infrastructures portuaires et augmenter de leur capacité d’accueil des navires. Enfin, une dernière réserve tient à une raréfaction de la ressource : une diminution de la taille des thons a déjà été observée et la FAO estime qu’il faut rapidement prendre des mesures pour assurer la survie des espèces car que les stocks de poissons sont en baisse constante dans tous les océans.

III. LA MER : UN ESPACE DISPUTE

La mer comme espace maritime, touristique et halieutique a donc joué un rôle décisif dans le développement du pays. Avec sa population culturellement diversifiée, elle constitue sa principale richesse. Mais la mer n’est pas seulement pour les Mauriciens un espace économique, c’est aussi un espace politique enjeu de contentieux avec la Grande-Bretagne et la France.

1. La question de l’archipel des Chagos

La principale pomme de discorde entre Maurice et la Grande-Bretagne porte sur l’archipel des Chagos situé à 2200km au nord-est de l’île. Détaché de Maurice le 8 novembre 1965, c’est-à-dire peu de temps avant l’indépendance, pour être rattaché au BIOT (British Indian Ocean Territories), l’archipel est, depuis lors, l’objet d’un litige entre le gouvernement mauricien qui en demandé la restitution et les Britanniques qui s’y opposent. Après avoir exilé à Maurice les habitants de l’archipel en contrepartie d’un dédommagement de trois millions de livres sterling, les Britanniques louèrent l’île la plus étendue (Diégo Garcia) aux Etats-Unis qui en firent leur principale base aérienne et navale dans l’océan Indien (leur bail expire en 2016). Celle-ci joua ainsi un rôle stratégique dans le conflit irakien et la lutte contre le terrorisme : des hommes suspectés d’appartenir à al-Qaeda y ont été internés et peut-être même torturés selon certaines sources avant d’être acheminés sur la base cubaine de Guantanamo. Maurice, soutenu par l’Inde et la Chine, tente de faire valoir ses droits sur l’archipel en portant régulièrement l’affaire devant des instances internationales comme l’Organisation des Nations unies ou l’Union africaine. Parallèlement, Olivier Bancoult, dirigeant du Chagos Refugees Group, a saisi la Haute Cour de justice de Londres qui décréta, en novembre 2000, que le dépeuplement de l’archipel avait été opéré en toute illégalité et en violation de la Chartre des Nations unies traitant de la décolonisation. Plus encore, la Haute Cour autorisa les Chagossiens dont les conditions de vie à Maurice demeurent précaires voire misérables à retourner dans certaines îles à l’exception de Diégo Garcia pour des raisons militaires. En juin 2004, le gouvernement britannique revint sur la décision de la Haute Cour en promulguant deux décrets de la reine (Orders in Council). Peine perdue, puisque la Haute Cour les désavoua en donnant de nouveau raison au Chagos Refuges Group (mai 2006)1 soutenu par un lobby d’avocats, de personnalités et peut-être d’hommes d’affaires londoniens. Ce jugement fut confirmé, un an plus tard, suite à l’appel formulé par le gouvernement britannique. Celui-ci avait alors saisi une instance suprême, les Law Lords, pour un ultime avis qui lui fut, cette fois-ci, favorable (octobre 2008) : Olivier Bancoult s’adressa alors à la Cour européenne de justice de Strasbourg afin de faire valoir le droit des Chagossiens à retourner dans leurs îles. De son côté, le gouvernement soutenu par Fernand Mandarin, président du Chagossiens Social Commitee2, poursuit ses négociations avec Londres avec l’idée d’obtenir la restitution de 64 îlots et de laisser pour le moment de côté le soixante-cinquième (Diégo-Garcia) étant donné les enjeux géopolitiques et militaires dont il est l’objet.

2. Le problème de Tromelin 

Certes, Maurice partage avec la France des idéaux de démocratie, de liberté, de justice sociale, une langue commune (l’île est le seul pays au monde où le Français progresse aux dépens de l’Anglais) et entretient des relations économiques soutenues : la France est le premier investisseur étranger à Maurice3 et son principal gisement de touristes (240.000 métropolitains en 2007 auxquels il faut ajouter 95.800 Réunionnais).

Comme avec la Grande-Bretagne, un litige territorial ternit les relations diplomatiques entre les deux pays : l’île de Tromelin ou île de Sable située à 450km à l’Est de Madagascar et 435 au Nord de La Réunion. Entre 1901 et 1956, les autorités mauriciennes louèrent à quatre reprises l’îlot à des Mauriciens (1901-1911, 1931-1941, 1946-1948, 1948-1956). En 1954, la France y installa une station météorologique après avoir demandé la permission expresse aux Britanniques selon la thèse mauricienne. Celle-ci estime que la France annexa finalement Tromelin en 1979, accusation rejetée par Paris qui estime que cet îlot lui a toujours appartenu. Depuis un arrêté du 3 janvier 2005, elle l’a placé sous la responsabilité d’un préfet administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises. Il fait donc partie d’un groupe d’îles françaises situées dans l’océan Indien auxquelles appartiennent également « les Iles éparses du canal de Mozambique » (Glorieuses, Juan de Nova, Europa et Bassa da India). La France considère donc que cet îlot lui appartient tandis que Maurice en revendique la souveraineté, depuis 1976, considérant qu’il fait partie de son territoire au même titre qu’Agaléga, Saint Brandon et l’archipel des Chagos. En soi, l’île, inhabitée et exiguë (1km2), n’a guère d’intérêt si ce n’est qu’elle possède une Zone économique exclusive étendue de 280.000km2. Le différend fait régulièrement la « une » de l’actualité de la presse mauricienne bien que moins sensible que la question des Chagos qui comporte des aspects humains (retour éventuel des Chagossiens dans leur archipel). Le litige est toutefois régulièrement abordé dans les discussions au plus haut niveau, le président Jacques Chirac ayant émis l’idée, lors d’un sommet de la Commission de l’océan Indien (1999), d’une cogestion franco-mauricienne. Celle-ci a été reprise par le président Nicolas Sarkosy et un accord de cotutelle pourrait prochainement intervenir avec pour objectif de faire de Tromelin un site classé compte tenu que l’îlot est la plus importante réserve naturelle du sud-ouest de l’océan Indien (lieu de ponte des oiseaux de mer et des tortues vertes).

Conclusion

Le miracle économique mauricien est souvent cité en exemple pour illustrer la viabilité des îles de faible dimension dans le monde en développement. Pour certains, les petits Etats insulaires sont voués à vivoter économiquement ne pouvant surmonter leur handicap géographique dans un contexte de forte concurrence commerciale. La réussite économique de Maurice prouve le contraire. Conjuguée à la stabilité de son régime politique (démocratie parlementaire) qui tranche avec l’instabilité de nombreux Etats africains, Maurice bénéficie d’une réelle crédibilité qui lui permet, malgré sa taille réduite, de se hisser au niveau de grands pays comme l’Afrique du Sud et le Nigeria et de jouer un rôle important dans les négociations pan africaines (AGOA, APE, etc.).

Marqué à la fois d’empreintes africaines, asiatiques et européennes, Maurice n’est ni un pays africain, ni asiatique, ni européen ce qui en fait toute son originalité. Tout en étant un point sur la carte du monde situé au beau milieu de l’océan Indien, l’île a sortir de ses frontières maritimes comme l’illustre la démarche de ses entreprises sucrières, textiles et hôtelières parties chercher la croissance ailleurs et s’est bien intégrée aux grands courants d’échanges mondiaux grâce à de bons choix économiques et une situation géographique qui constitue une rente, sans doute pour longtemps encore…
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1 La république de Maurice comprend une île principale (Maurice), une seconde île (Rodrigues éloignée de 600 km au Nord-Est) et deux îlots (Agaléga situé à 1070 km au Nord et Saint Brandon à 430 km au Nord-Nord-Est).

2 Le revenu par habitant (6000$/an en 2007) est supérieur à celui de plusieurs pays européens.

3 Nom donné par les Français.

1 Le code Napoléon fait toujours partie du système juridique local.

2 A Toussaint, Histoire des îles Mascareignes, Berger-Levrault, 1972.

3 Jusqu’en 1870, 90% des terres étaient aux mains des familles d’origine française (les Franco-Mauriciens) qui représentaient seulement 5% de la population.

1 Premier ministre de Maurice, Sir Seewoosagur Ramgoolam fut élu président de l’OUA en 1976.

2 Elle y joua un rôle important lors de la conférence de Cancun (2003) en représentant le « G90 » qui regroupait les pays les plus pauvres au sein de l’alliance UA-ACP-PMA (Union africaine, pays Afrique-Caraïbes-Pacifique et Pays les moins avancés).

3 Avec les Seychelles et le Cameroun, Maurice est à la fois membre du Commonwealth et de l’Organisation internationale de la Francophonie.

1 Comme les groupes sucriers, les entreprises textiles mauriciennes se délocalisèrent à Madagascar pour bénéficier de coûts de main d’œuvre plus faibles et poursuivre leur croissance.

2 Comme les autres pays ACP, Maurice n'acquitte aucun droit de douane sur les marchés américains et européens alors que ses concurrents asiatiques y sont assujettis.

1 Suivant l’exemple des firmes sucrières et textiles, les groupes hôteliers mauriciens sont « sortis » de l’île pour poursuivre leur essor en rachetant des établissements aux Seychelles, aux Comores, à Madagascar et à la Réunion.

1 Un montant de 400 millions d’euros doit être prochainement investi pour le moderniser afin de le décongestionner.

1 L’île a signé des accords avec L’UE et la  Federation of Japan Tuna Fischeries Cooperative Association aux termes desquels leurs navires peuvent pêcher dans sa Zone économique exclusive.

1 Des Chagossiens avaient effectué un bref voyage dans l’archipel trois mois auparavant.

2 Le Chagos Refugees Group et le Chagossiens Social Commitee s’opposent sur un point : les premiers sont favorables à une suzeraineté britannique sur les Chagos dans le cadre des BIOT tandis que les seconds demandent la restitution de l’archipel à la république de Maurice.

3 De 1990 à 2005, la France a investi pour près de 9 milliards de roupies à Maurice (2 millions d’euros), ce chiffre n’incluant pas les investissements réunionnais (435 millions de roupies).


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