Le tsunami du 26 décembre 2004 à Aceh, Indonésie :
apports des géographes dans la compréhension d’une catastrophe historique

Franck LAVIGNE (1) et Raphael PARIS (2)
(1) Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Laboratoire de Géographie Physique UMR 8591 CNRS, Meudon, France
2) GEOLAB UMR 6042 CNRS – UBP – MSH, Clermont-Ferrand, France
Résumé
Introduction

Le tsunami du 26 décembre 2004 a touché une dizaine de pays riverains de l’Océan Indien, dont certains situés à plusieurs milliers de kilomètres de l'épicentre du séisme et causé la mort de plus de 280 000 personnes. C'est le tsunami le plus meurtrier de tous les temps. L'Indonésie fut le pays le plus affecté par cet événement (180 000 victimes à Sumatra, dégâts chiffrés 2 milliards de dollars, plus 300 km de côte dévastés). Au-delà du retentissement médiatique, cette catastrophe a confirmé un paradoxe crucial en matière de connaissance et de prévention du risque de tsunami : les apports scientifiques sont de plus en plus nombreux et la connaissance physique du phénomène progresse sans cesse, alors que les politiques de prévention sont la plupart du temps dérisoires et très inégales suivant les pays. Par ailleurs, les effets du tsunami sur la côte ouest de Sumatra, notamment l’impact géomorphologique et la destruction des écosystèmes, ont mis en évidence le fait que la vulnérabilité n'est pas seulement socio-économique, mais aussi environnementale.

En tirant les enseignements de la catastrophe du 26 décembre 2004, une réponse de la communauté scientifique s'imposait, en démontrant l'intérêt d’une collaboration franco-indonésienne et d'une approche pluridisciplinaire des tsunamis pour les futurs travaux d'évaluation et de prévention des risques. Les objectifs du programme TSUNARISQUE (www.tsunarisque.cnrs.fr) répondent ainsi aux besoins et aux lacunes révélées par le tsunami du 26 décembre 2004 en croisant les approches scientifiques, pédagogiques et opérationnelles en matière de prévention des risques. Après avoir rappelé les méthodes et outils utilisés par notre équipe dans le cadre de ce programme (I), nous dresserons un bilan de la catastrophe (II), puis nous présenterons l’originalité de ce tsunami de magnitude exceptionnelle (III), avant de nous interroger sur les causes profondes de cette catastrophe, qui a révélé la très forte vulnérabilité des régions côtières (IV).

I. Un couplage de méthodes et d’outils pour une étude intégrée de la catastrophe

La quantité d’observations et de données collectées par l’équipe de Tsunarisque dans les districts de Banda Aceh et de Lhok Nga (Fig. 1) fait du tsunami du 26 décembre 2004 une référence pour la validation des modèles numériques. Pour cette étude, nous avons combiné plusieurs méthodes et outils fréquemment utilisés lors des missions de terrain post- tsunamis (Tsuji et al., 1995 ; Okal et al., 2002).

Fig. 1 – Carte de localisation de la région de Banda Aceh. 1 : plaines côtières inondées par le tsunami ; 2 : plaines côtières non inondées ; 3 : hautes terres. Encart : Carte 3D de Sumatra, zone d’étude et site de l’épicentre du séisme du 26/12/2004.

1) Le constat : méthodes d’étude des conséquences du tsunami sur l’environnement et le bâti

A la suite du tsunami, l’évolution du trait de côte a été cartographiée à partir d’images satellites géoréférencées (Ikonos du 10 janvier 2003 et du 28 décembre 2004), d’une photographie aérienne orthorectifiée (juin 2005) ainsi que par des relevés de terrain par GPS différentiel bi-fréquence sur une vingtaine de kilomètres de côte. Des photographies aériennes obliques prises par hélicoptère ont fourni des informations qualitatives complémentaires. Nous avons ainsi pu estimer le recul du trait de côte directement après la secousse sismique et le tsunami et l’évolution de la ligne de rivage dans les mois qui ont suivi. Nous avons ainsi calculé 125 valeurs de recul quasi-instantané du trait de côte. Parallèlement, nous avons mesuré des dizaines de formes d’érosion par le tsunami (ravines, érosion des dunes et des plages, etc.).

Nous avons mesuré l’épaisseur des dépôts du tsunami à partir de tranchées et par sondages au géoradar, puis estimé par extrapolation un volume de sédiments déposés sur deux sites de la périphérie de Banda Aceh (Paris et al., 2006 ; Wassmer et al., 2007). Les caractéristiques sédimentologiques des dépôts ont été analysée sur près de 200 coupes réparties sur la côte ouest (Lhok Nga) et la côte nord (Khaju). Les blocs transportés et déposés à l’intérieur des terres par le tsunami (fragment de récifs coralliens, beach-rocks, etc.) ont fait l’objet d’une étude spécifique. Notre équipe a mesuré 220 blocs et leur distance par rapport à la ligne de côte, déterminé leur lithologie, pris des échantillons, calculé leur volume, leur densité et leur poids. Les résultats ont été intégrés dans une base de données et dans un SIG (Paris et al., 2009). L’intérêt de notre étude sur les dépôts du tsunami à Aceh a été de croiser ces différentes méthodes et de confronter les résultats à des données issues de marqueurs ou d’observations visuelles. Comprendre les modes de mise en place des dépôts de tsunami permet en effet de mieux interpréter les dépôts d'anciens tsunamis et d'appréhender rétrospectivement les risques.

Un diagnostic systématique du bâti a été conduit sur le terrain au NW de Banda Aceh un peu plus d’un an après l’évènement (Leone et al., sous presse), alors que les dommages étaient encore très visibles. L’objectif de ces travaux était de chercher d’éventuelles corrélations entre les hauteurs de vagues et le niveau d’endommagement des bâtiments, ce dernier paramètre étant sensé fournir des informations utiles sur les modalités de propagation de l’aléa. Après un repérage précis sur fonds photographiques aériens de juin 2005 (résolution 30 cm), nous avons établi une typologie simplifiée du bâti et des niveaux d’endommagement. Les bâtiments totalement rasés par le tsunami ou au contraire non affectés ont été identifiés par photo-interprétation (4970 unités), alors que l’étude de terrain s’est focalisée sur l’analyse des bâtiments partiellement détruits (1230 unités). Des codes correspondants aux classes de vulnérabilité des bâtiments et à leur niveau d’endommagement ont été portés sur chaque édifice identifié. L’ensemble de la base de données (6200 bâtiments renseignés) a fait l’objet d’un SIG structuré dans le logiciel MapInfo®. Les traitements cartographiques suivants ont été également assurés par un module d’analyse spatiale (Vertical Mapper®).

2) Les facteurs physiques de la catastrophe : reconstitution de la genèse et de la propagation du tsunami

Utilisant des télémètres laser, nous avons mesuré les niveaux minima d’inondation à partir de la hauteur des branches brisées, des débris dans les arbres, des marques du niveau d’eau sur les bâtiments et sur les versants des collines côtières. Notre base de données comprend 300 mesures, qui nous ont permis de calculer et de cartographier différents paramètres : hauteurs de vagues avant leur déferlement, niveau maximum d’inondation (altitude du toit du tsunami), runup (altitude maximum de l’inondation sur un versant), profondeur d’écoulement et distance d’inondation (Lavigne et al., 2006 ; 2008).

Afin de valider les modèles numériques d’inondation, nous avons mesuré les directions des écoulements sur terre en adoptant deux méthodes et outils complémentaires : nous avons d’abord collecté 931 mesures d’orientation de flux en utilisant boussoles et GPS sur des troncs et des piliers couchés, des haies basculées ou des rainures parallèles sur le sol.

Afin de confirmer les données de terrain et de reconstituer la phénoménologie du tsunami, nous avons interrogé plusieurs dizaines de témoins oculaires le long des côtes dévastées et dans les camps de réfugiés. Les informations capitales collectées ont trait au nombre de vagues, leur direction et l’heure d’arrivée à la côte, ou encore à la distance du retrait de la mer précédant le tsunami. Les observations directes de la vague la plus haute avant son déferlement furent particulièrement importantes, car la plupart des arbres et des habitations proches du rivage ont été complètement détruits. Les renseignements acquis par les témoignages doivent cependant être interprétés avec la plus grande prudence, en raison de divers problèmes bien connus (état psychique ou personnalité du témoin, répétition ou amplification de discours entendus par des témoins, etc.). Nous avons en outre pu reconstituer l’heure d’arrivée du tsunami grâce à deux horloges murales, à un réveil retrouvé à Lhok Nga et à plusieurs vidéos amateurs. Le déferlement de la seconde vague, plusieurs kilomètres à l’intérieur des terres, fait de ce méga-tsunami un cas particulier parmi les récents tsunamis. Toutes ces mesures de terrain ont servi de base aux géophysiciens et mathématiciens du CEA pour caler leurs simulations numériques.

3) Recherche des facteurs de vulnérabilité des populations à la veille du tsunami

L’ampleur de la catastrophe du 26 décembre 2004 à Aceh a révélé une vulnérabilité accentuée que nous avons cherché à décrypter à partir de plusieurs méthodes (Clavé et al., sous presse).

Un retour d’expérience fut également mené sous forme de campagne d’enquête par questionnaires et entretiens semi-dirigés. L’objectif était d’évaluer les connaissances et la perception des risques de tsunami par les populations littorales au moment de la catastrophe dans trois secteurs de la province (Banda Aceh, Meulaboh, Simeuleuh). Une recherche sur l’histoire récente -politique, économique et sociale- de la province d’Aceh fut en outre réalisée à partir de l’abondante littérature afin de mettre en valeur les causes profondes de la vulnérabilité au moment de la catastrophe. Mais si le contexte politique et socio-économique a influencé la réponse des populations à la catastrophe, il a aussi influencé la gestion de l’urgence et de la reconstruction. Les acteurs et les modalités de cette reconstruction furent analysés sur le terrain un an après la catastrophe, à partir d’entretiens (Cattedra et al., sous presse) et d’analyse spatiale des bâtiments reconstruits ou réhabilités (Vinet et al., sous presse).

Au total, la multiplication des études et le croisement des méthodes dans le cadre du programme Tsunarisque nous ont permis d’avoir une vision d’ensemble des facteurs et des conséquences de cette catastrophe démesurée. Ces connaissances ont servi de base à l’élaboration de documents de prévention.

II. Un bilan désastreux sur un littoral densément peuplé et urbanisé

Le tsunami du 26 décembre 2004 a eu des conséquences catastrophiques à la fois sur le plan humain, sur le bâti et sur l’environnement.

1) Le bilan humain

Avec plus de 178 000 victimes dans la région d’Aceh, dont plus de 90 000 dans l’agglomération de Banda Aceh, le tsunami de 2004 atteint le niveau maximum d'intensité des différentes échelles existantes : rang 6 (désastreux) sur l’échelle de Sieberg (1927) et Ambraseys (1962) et XII (entièrement dévasté) sur celle de Papadopoulos et al. (2001). Certains villages ont perdu jusqu’à 90 % de leur population, fait très rare pour une catastrophe liée à un aléa naturel.

Dans un contexte où des quartiers densément peuplés cohabitaient avec les infrastructures de tous types (portuaires, sanitaires, religieuses, administratives), l'impact est autant économique que social. Les conséquences de telles catastrophes s'inscrivent à la fois sur le court et moyen terme (réorganisation du marché du travail autour des travaux de déblaiement, de tri des déchets et de reconstruction, destruction des structures sanitaires entraînant un risque d'épidémies et de contamination des nappes phréatiques) et sur le long terme (destruction des liens et structures sociales, traumatisme psychologique influant aussi sur les activités économiques comme la pêche, réorganisation de l'occupation du sol, conséquences démographiques).

2) Des dommages au bâti d’intensité variable

Bien que d’une magnitude exceptionnelle, les effets du séisme ont été minimes à Banda Aceh, comparativement à ceux du tsunami. L’examen des dommages sur les bâtiments préservés par le tsunami (Fig. 2 et 3) le confirme, tout comme les témoignages des survivants. Au total, les pertes directes ont été chiffrées à 2 milliards de dollars (Lavigne et Paris, sous presse).

La carte des dommages au bâti réalisée dans le cadre de Tsunarisque par Leone et al. (sous presse) montre très nettement un gradient d’endommagement diminuant de la mer vers l’intérieur des terres. Toute la partie orientale de la zone étudiée, sur près de 2 km depuis l’ancien rivage a subi de l’endommagement maximum, avec une prédominance de l’arasement total des bâtiments. Des îlots d’endommagement plus faible apparaissent en se rapprochant de l’Ouest. Ils se répartissent sur une bande clairsemée de 800 mètres de large. Ils révèlent des effets de site à mettre en relation avec une baisse d’énergie cinétique localisée de la vague, des effets d’abri provoqués par certains bâtiments ou bien plus probablement d’un meilleur comportement de certains bâtiments mieux construits. La zone clairsemée est relayée à l’Est par une discontinuité très nette située à une distance moyenne d’environ 2,7 km depuis le littoral. Le gradient d’endommagement y chute brutalement sur près de 100 m dans un secteur où les hauteurs d’eau passent soudainement de 6 à 2 m. Nous interprétons cette bande continue et étroite comme étant la zone de déferlement de la seconde vague, donc d’un changement de dynamique et d’énergie de la vague, confirmé par ailleurs par des témoignages. Au-delà de cette ou de ces zones de déferlement, l’endommagement est beaucoup plus faible et correspond surtout à des effets de submersion de faible hauteur (moins de 2 m).

Fig. 2 – Destruction de l’hôpital de Uleelheue, banlieue nord-ouest de Banda Aceh (cliché : F. Lavigne, janvier 2005).

Fig. 3 – Carte des intensités de dommages interpolées (tous types de bâtiments) et échelle macro-tsunamique (tiré de Leone et al., sous presse).

3) Des impacts environnementaux plus ou moins durables

Le tsunami du 26 décembre 2004 a profondément modifié les milieux littoraux de la pointe Nord de l’île de Sumatra. Les dommages ne sont pas uniquement géomorphologiques, liés à l’impact mécanique des vagues, mais également biologiques, notamment à cause de l’introduction de sel en surface et dans les nappes phréatiques.

Le recul du trait de côte a été de plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de mètres, en particulier dans les secteurs affectés par la subsidence co-sismique (de 50 cm à 1 m selon les sites à Aceh). Des taux d'érosion de 30 m³/m de côte en moyenne (et jusqu’à 80 m³/m localement) ont ainsi été calculés (Paris et al., 2007). Ces reculs instantanés ont été attestés par l'émersion de beach-rock initialement enfouis sous le cordon sableux. D’autres formes d’ablation sont encore visibles de nos jours : petites falaises (hauteur < 4 m), ravines de plus de 2 m de profondeur, dunes arasées, etc. Les sédiments ainsi arrachés ont été déposés jusqu’à 2,5 km en arrière du trait de côte (Paris et al., 2007 ; Wassmer et al., 2007), principalement sous la forme d’une couche de sable d’une épaisseur variant de 10 à 40 cm (Fig. 4). Des blocs plurimétriques ont également été déposés sur la côte (Fig. 5) et renvoyés au large par le retrait (backwash), attestant ainsi de la très grande compétence du tsunami (Paris et al., 2009).

Fig. 4. Dépôts de tsunami au Sud de Lhok Nga. La coupe est épaisse de 82 cm (cliché : F. Lavigne, janvier 2005).

Fig. 5. Blocs accumulés sur le rivage par le tsunami, qui a fait disparaître la dune fossile sur laquelle l’arbre était fixé (cliché : F. Lavigne, janvier 2005). La mire mesure 3 m.

A Sumatra, le tsunami a envahi des dizaines de km² de rizières et anéanti l'ensemble de la biocénose située à moins de 15 m d'altitude (voire 20-30 m localement) sur une frange côtière de plus de 300 km. Cependant, les effets biologiques du tsunami ont été moins catastrophiques que prévu, pour plusieurs raisons :

- l’action mécanique des vagues n’a pas systématiquement entraîné de destructions massives au sein des récifs coralliens, dont la vulnérabilité dépend de la turbulence et du déferlement des vagues.

- la mangrove n’était que résiduelle dans la région de Banda Aceh, ayant subie une déforestation massive de ses forêts littorales à partir des années 1970. Celles-ci furent remplacées par des rizières et des tambak ou bassins piscicoles, qui ont eux aussi largement souffert du tsunami (perte des récoltes ou de la production par salinisation, pollution, dépôt de sable, etc.).

- en raison du climat tropical humide de la région, les fortes précipitations ont favorisé le lessivage du sol, permettant la repousse de la végétation et la remise en culture des rizières littorales.

Au total, le très lourd bilan de cette catastrophe a entraîné une mobilisation généralisée de la communauté internationale pour organiser les secours d’urgence et la reconstruction rapide de la région. Jamais une catastrophe liée à un aléa naturel n’aura été autant médiatisée. Jamais les ONG n’ont reçu autant d’argent pour une aide d’urgence. L’origine de cet élan de solidarité international tient à la nature du phénomène : rare, troublant et finalement encore très peu connu du grand public comme des chercheurs. Les efforts se sont naturellement tournés vers les causes de la catastrophe.

III. Les causes naturelles de la catastrophe : un tsunami exceptionnel

Contrairement à certaines idées reçues, un tsunami est un phénomène rare, mais pas exceptionnel. Durant les 4 derniers siècles, les côtes indonésiennes auraient subi quelques 250 tsunamis (Latief et al., 2000; Morin et al., 2008), soit une moyenne d’environ 60 tsunamis par siècle. Au moins 35 % de ces tsunamis ont été meurtriers. Avant la catastrophe du 26 décembre 2004, les tsunamis avaient déjà entraîné la mort de plus de 130 000 personnes en Indonésie depuis 1600, dont 19 000 au cours du XXe siècle. Pourtant, le tsunami du 26 décembre 2004 a suscité l’attention de la communauté scientifique pour toute une série de records, qui font de cet événement un tsunami exceptionnel en de nombreux points.

  1. Par son origine : le séisme exceptionnel du 26 décembre 2004

Le tsunami fut déclenché par un séisme hors normes qui se produisit le 26 décembre 2004 à 30 km de profondeur au large de l’île de Sumatra dans l’Océan Indien (3°316’N – 95°854’E). La magnitude (Mw) du premier choc enregistré à 7h58 locale (0h58 GMT) est estimée à 9.15 (Meltzner et al., 2006). Depuis plusieurs années, la région avait connu une période sans séisme important car le glissement de la plaque australienne sous la plaque indonésienne était bloqué. Lorsque le verrou a fini par céder suite à la poussée continue de la plaque australienne, le brusque réajustement des plaques tectoniques a permis le déplacement de la plaque supérieure vers le haut de l’ordre de 12-15 mètres (Synolakis et al., 2005 ; Lay et al., 2005) à une vingtaine de mètres (Fu et Sun, 2006), donnant naissance au tsunami. 

2. Par la hauteur des vagues et de runup à la côte

L'uniformité apparente des runup, d’une vingtaine de mètres en moyenne, sur plusieurs centaines de kilomètres le long de la côte sud rocheuse suggère qu'il n'y a pas eu d'importants glissements co-sismiques. Pourtant, certaines configurations géomorphologiques ont pu localement entraîner des runup beaucoup plus importants. La figure 6 montre une hauteur de vague maximum de 27 m le long de cette falaise, alors que le runup a atteint 51 m (Lavigne et al., 2009). Ce runup, qui est un record historique sans glissement de terrain co-sismique, s’explique par un cumul de facteurs géomorphologiques favorables : un plateau continental très développé en pente douce, une falaise inclinée à 50° dans ses deux tiers supérieurs, favorisant l’étalement de la vague, une orientation perpendiculaire aux vagues réfractées, et surtout une configuration de la petite baie en piège à vagues.

Fig. 6. Runup maximum de 51 m mesuré sur la côte ouest à Labuhan (photos : F. Lavigne). Cette valeur est la plus haute jamais mesurée pour un tsunami d’origine sismique. 

Fig. 7. Hauteurs et orientation des vagues du tsunami à Lhok Nga. Le secteur cartographié est localisé sur la Figure 1.

La hauteur maximum du tsunami, mesurée à partir des branches cassées des filaos proches du port de Lhok Nga, a varié de 25 à 35 m (Fig. 7). Autour de Banda Aceh, peu d’arbres et de maisons ont résisté à la force destructrice du tsunami et les données sont par conséquent limitées. Plusieurs témoignages concordants attestent que la hauteur de la seconde vague atteignait le sommet de la ligne de cocotiers proches du rivage, soit entre 20 et 25 m. Sur la côte nord-ouest, la hauteur des vagues n’a pas dépassé 13,50 m au niveau de la mosquée d’Uleelheue, en raison d’une protection encore plus importante derrière la péninsule au nord de Lhok Nga et des îles adjacentes.

La plupart des tsunamis dans le monde ne déferlent pas lorsqu’ils atteignent le rivage, surtout lorsque qu’ils progressent sur un plateau continental en pente forte (> 12° : Grilli et al., 1997). A Aceh, le tsunami de 2004 a déferlé jusqu’à 3 km à l’intérieur des terres, une distance tout a fait exceptionnelle.

3. Par sa vitesse de propagation

L’heure d’arrivée des tsunamis à la côte est un paramètre fondamental pour le calibrage des modèles numériques. Cependant, de telles données demeurent difficiles à acquérir en raison de témoignages contradictoires. Sur la côte ouest, l’imam de la mosquée de Lhok Nga a entendu des gens crier que l’eau montait à 8:12, soit 13 minutes seulement après le début du séisme (Lavigne et al., 2009). Le réveil de l’imam retrouvé dans la maison de son voisin fut brisé par la première vague à 8:20 (Ts + 21 minutes). La seconde vague arriva 25 minutes après le séisme, alors que la côte nord fut frappée 40 minutes après celui-ci. Ces courtes durées indiquent, d’une part que la ou les sources du tsunami étaient proches (quelques centaines de kilomètres), d’autre part que la vitesse de propagation des ondes fut très rapide avant que celles-ci ne diffractent autour des îles au large de Banda Aceh. Par conséquent, les populations côtières eurent très peu de temps pour essayer de fuir vers des lieux sûrs.

La seconde vague s’est déplacée vers l’intérieur des terres avec une vitesse moyenne estimée à environ 30 km/h grâce au recoupement de témoignages (témoins ayant fuit à moto, etc.). La vitesse de propagation de l’onde principale a cependant varié en fonction du type d’occupation du sol : la vague a remonté les cours d’eau à vitesse rapide du fait de la faible rugosité des lits fluviaux. Sa vitesse fut légèrement plus faible sur les bassins à crevettes et dans les polders rizicoles. Elle fut encore plus réduite dans les zones bâties.

Nous avons ainsi assisté à un tsunami exceptionnel, l’un des plus importants depuis des siècles. L’événement n’était pas pour autant imprévisible, dans la mesure où d’autres séismes de fortes magnitude (> 8) et tsunamis ont affecté la région dans un passé proche (1861, 1833). Par conséquent, l’ampleur des pertes humaines ne peut s’expliquer par la simple occurrence d’un phénomène, aussi exceptionnel soit-il. Les raisons profondes de la catastrophe relève plus d’une très forte vulnérabilité de la région à la veille du 26 décembre 2004.

IV. Les impacts sociétaux, révélateurs d’une vulnérabilité multiforme

1) Une faible capacité de réponse des autorités comme des populations

- Des problèmes logistiques : difficulté d’évacuation et arrivée tardive des secours

En 2004, le développement des infrastructures de la province n’est que très peu mis en avant dans la politique du BAPPENAS (Agence de planification du développement national), ce que démontre l’état des réseaux de communication. Le réseau routier se limite à trois routes provinciales dont celle de la côte ouest reliant Banda Aceh à Meulaboh, qui fut entièrement détruite (Fig. 8). Outre la faible densité du réseau, celui-ci est souvent peu praticable puisque avant le tsunami seuls 32,7 % du réseau routier était dans un état correct, 35,8 % était détérioré et 31,5 % fortement endommagé (Clavé et al., sous presse). L’arrivée tardive des secours par voie terrestre en provenance de Medan s’explique en grande partie par la vétusté du réseau routier.

L’arrivée des secours par voie aérienne fut aussi tardive en raison de deux problèmes d’ordre logistique : d’une part le nombre d’hélicoptères disponibles était limité à quelques unités basées à Medan ; d’autre part le petit aéroport régional de Banda Aceh fut très vite engorgé, car ne possédant pas la capacité d’accueil nécessaire aux secours et à une aide humanitaire en provenance du monde entier.

Fig. 8. Destruction de la route de la côte ouest reliant Banda Aceh à Meulaboh (cliché : P. Wassmer, février 2005)

- Une absence d’outils de prévention

A ces problèmes logistiques s’ajoutent des carences sérieuses dans la politique de prévention de l’aléa tsunami. Le réseau de sismographes TREMORS, crée en 1996 et géré par le BMG (Meteorological and Geophysical Agency), est opérationnel 24h/24. La nouvelle du séisme du 26 décembre 2004 fut ainsi transmise instantanément aux autorités indonésiennes et diffusée sur une chaîne de télévision nationale (Metro TV) cinq minutes avant l’arrivée du tsunami sur les côtes de Banda Aceh. Cependant, aucun système de surveillance et d’alerte spécifique aux tsunamis, pourtant réclamé par les scientifiques indonésiens et certains experts internationaux depuis plusieurs années, n’avait été mis en place, ceci pour des raisons budgétaires. Mais c’est aussi et surtout l’absence totale d’informations auprès des populations exposées qui expliquent l’ampleur de la catastrophe, d’autant plus que la culture du risque était quasiment inexistante avant 2004 à Aceh, hormis quelques exceptions.

- L’absence de culture du risque et de mémoire collective

Sur l’île de Simeulue, à proximité de l’épicentre du séisme initial, les pertes humaines se sont limitées à quelques dizaines de victimes. Une telle différence avec les pertes subies autour de Banda Aceh ne découle pas tant d’un phénomène naturel moins violent que d’un contexte social et de comportements différents lors de la crise (Gaillard et al., sous presse). A Simeulue, les populations (autochtones pour 85% des personnes sondées) ont en effet détecté très tôt la menace du tsunami grâce à leur connaissance des signes précurseurs (séisme important, fuite des animaux vers les hauteurs, retrait de la mer, détonations etc.). Le terme local smong désigne d’ailleurs une inondation importante devenu synonyme de tsunami. Ces derniers ont été transmis oralement de génération en génération depuis un tsunami catastrophique en février 1907, qui aurait fait environ 1800 victimes sur cette île.

Dans le secteur de Meulaboh, sur la côte ouest, les populations n'ont pas su déchiffrer le sens du tremblement de terre et du retrait de la mer alors que cette partie de la côte a également été frappée par le tsunami de 1907. L'absence d'expérience antérieure est ici accentuée par l'installation récente à Meulaboh de ces communautés, principalement des Minangkabaus venus de la région de Padang durant les années 1990 (Gaillard et al., sous presse).

Les entretiens non directifs menés au sein des communautés près de Banda Aceh ont démontré au contraire une ignorance du phénomène, qui a conduit de nombreuses victimes à se précipiter sur la plage une fois la mer retirée pour y collecter poissons et coquillages.

La faible capacité de réponse des autorités s’explique non seulement par des facteurs inhérents à tous les littoraux des pays en développement (fortes densités de population, manque de préparation, etc.), mais aussi et surtout par un contexte socio-économique et politique très défavorable au début du troisième millénaire.

2) Une forte vulnérabilité liée au contexte socio-économique et politique de l’époque

Les causes profondes de la faible capacité de réponse des autorités, des secours comme des populations est à rechercher dans l’histoire récente mouvementée de cette province marginalisée d’Indonésie.

- Une province en guerre contre le pouvoir central

Au moment du tsunami, Aceh est en effet agitée par un conflit de près de trente ans dont les racines remontent cependant bien plus loin (Clavé et al., sous presse). Dès 1953, Jakarta remet en cause l’autonomie dont la province d’Aceh jouit de fait depuis plusieurs années, en l’intégrant à la grande province de Sumatra Nord. Quelques années plus tard le conflit reprend sous une autre forme. Reprochant à Jakarta une politique défavorable au développement social et économique d’Aceh, un riche homme d’affaire de Pidie, Hasan Di Tiro, fonde le Mouvement pour Aceh Libre (GAM - Gerakan Aceh Merdeka) en 1976. Il déclare unilatéralement l’indépendance de la région, marquant son opposition au régime de l’Ordre Nouveau qu’il qualifie d’ « impérialiste javanais ».

En 1998, la chute du président Suharto met fin à 32 ans d’autoritarisme et marque le début d’une période de réforme nationale, la Reformasi, qui s’accompagne d’une certaine accalmie militaire dans la région d’Aceh. Fin 2002 est signé un Accord de Cessation d’Hostilité entre le gouvernement indonésien et le GAM. L’accord prend cependant fin en 2003 après plusieurs provocations et actions violentes commises par les deux parties (Reid, 2004 ; Robinson, 1998). Suivant ces événements la présidente Megawati Soekarnoputri déclare l’état d’urgence. Les négociateurs du GAM sont arrêtés et plus de 30 000 militaires sont envoyés à Aceh en quelques jours, s’ajoutant aux 23 000 déjà en poste (Fig. 9). La province est immédiatement fermée aux étrangers, aux organismes humanitaires ainsi qu’à la presse internationale. C’est dans ce contexte d’isolement que la région est balayée par le tsunami et que le gouvernement n’a d’autre choix que d’ouvrir progressivement la province. Les réticences des premiers jours s’expliquent donc par l’opération militaire qui, en cours la veille du tsunami, n’avait pas pour intention de composer sur le terrain avec des organisations humanitaires internationales.

Fig. 9. Militaires portant secours aux populations civiles à Lhok Nga (cliché : F. Lavigne, janvier 2005)

Avant la catastrophe, la région est donc dans une situation politique et sécuritaire instable. De plus, elle a déjà son lot de victimes, de populations déplacées et de pertes matérielles. Le nombre de victimes du conflit est estimé par Amnesty International à 15 000 depuis le début de la rébellion, les populations déplacées atteignent 300 000 personnes sur la côte est en 2000, réparties sur 31 camps de fortune (Fau, 2005), et à la veille du tsunami plus de 10 000 maisons sont en attente de reconstruction. L’impact du tsunami vient donc se surimposer à des déséquilibres préexistants qui complexifient la gestion de la catastrophe et la prise en charge des victimes (Gaillard et al., 2008). Ces déséquilibres sont matériels et humains, mais ils concernent également les structures sociales et politiques locales.

- Des structures sociales et politiques affaiblies

Durant les années de guerre, l’organisation politique et sociale des villages est progressivement brisée, résultant à la fois de la politique de centralisation nationale de l’Ordre Nouveau, et des efforts déployés pour amoindrir les moyens de contestation de la province. En 1979, une loi impose une unification nationale des structures administratives en Indonésie à l’échelle des villages, en imposant le modèle de la commune javanaise, le desa. Dès lors, l’organisation socio-spatiale du système acihais est fondamentalement modifiée. Celle-ci repose en effet sur le mukim, sorte de fédération villageoise regroupant plusieurs gampong et dont le critère d’appartenance était la fréquentation d’une même mosquée pour la prière du vendredi. Le mukim, sous l’autorité de l’imam mukim (chef religieux), est le ciment d’une communauté sociale et d’un territoire dont les ressources sont gérées en commun. Un système de recrutement des cadres tributaire d’une hiérarchie administrative vient remplacer la manière dont les geuchik (chef de gampong) étaient choisis par un conseil élu démocratiquement au sein du village. Le nouveau découpage change ainsi entièrement le rapport des communautés locales entre elles et à leur environnement. L’amoindrissement des formes d’autorité locale, avec la disparition des institutions acihaises, entraine une remise en cause du processus décisionnel, pénalisant les capacités d’organisation et d’autogestion des communautés (Fau, 2003).

En termes de gestion du territoire et des populations, cette dégradation des structures politiques et sociales forme donc un handicap important qui joue un rôle considérable lors des phases d’urgence et de réhabilitation post-tsunami. Durant ces phases, les capacités de mobilisation et de gestion des ressources humaines et territoriales sont hautement sollicitées. Malheureusement, dans certaines régions, le faible leadership et la perte de tout un patrimoine culturel ne permettent pas de répondre de manière satisfaisante aux besoins

- Un appauvrissement de longue date

Le troisième facteur influençant l’impact de la catastrophe tient à la situation économique. Celle-ci se dégrade depuis des décennies et place la province d’Aceh dans une situation de marge par rapport à sa voisine de Sumatra Nord. Aceh a pourtant connu une grande prospérité économique dans le passé en raison des routes maritimes qui se sont développées à son avantage. Durant les trente dernières années, l’implantation de nouvelles industries pétrolières et gazifières n’a pas profité à la région. Le kabupaten (préfecture) d’Aceh Utara, où l’exploitation de gaz a débuté en 1971, est un des plus pauvres de l’archipel. Les capitaux des entreprises présentes à Aceh ne font en effet que transiter par la province et alimentent directement les caisses de l’Etat central. L’organisation de la filière rizicole ne profite pas non plus à la province et elle constitue un autre exemple de la périphérisation d’Aceh. Les surplus rizicoles d’Aceh, exporté dans leur intégralité vers Medan à des prix dérisoires, favorisent surtout le marché urbain. Dans le milieu des années 1990, le prix du riz est si bas que certains paysans d’Aceh sont contraints de vendre leurs terres, essentiellement à de grands propriétaires terriens de Medan, et de devenir ouvriers agricoles sur leurs anciennes terres pour subvenir aux besoins de leurs familles (Fau, 2003).

Conclusion

Le tsunami du 26 décembre 2004 engendra la 3e catastrophe liée à un aléa naturel la plus meurtrière de tous les temps (après les séismes de 1976 en Chine et ???). L’ampleur de la catastrophe s’explique d’abord par un événement exceptionnel par sa magnitude, avec des vagues de plus de 20 m, voire localement 30 m de hauteur. La répartition des hauteurs d’eau et des runup que nous avons cartographiée sert aujourd’hui de base aux modélisations numériques. Couplée à d’autres observations et mesures, dont le niveau d’endommagement du bâti, les cartes produites ont permis de mettre en évidence la zone de déferlement du tsunami en différents secteurs distants de plus de 2 km du rivage, ce qui n’avait encore jamais été observé auparavant.

Cependant, la magnitude du tsunami ne peut expliquer à elle seule l’ampleur de la catastrophe, qui se produisit dans un contexte politique, économique et social particulièrement désastreux. Dans un contexte de guerre civile, le conflit d’Aceh est à l’origine du déplacement de populations montagnardes vers les étroits espaces littoraux, de difficultés à accéder aux ressources, de pauvreté, d’insécurité alimentaire, de violences physiques et de tortures, de stratégies politiques défavorables aux classes les plus pauvres de la population…. D’où un sentiment de crainte généralisé, ainsi qu’une liberté de mouvement restreinte qui a très certainement énormément joué lors de la catastrophe. A l’inverse, à Simeulue, épargnée par le conflit, aucune crainte ne limitait les victimes dans leur choix de s’enfuir vers les montagnes.

L’urgence a été difficile à gérer, et la reconstruction subit les conséquences des dérèglements de la province : lenteur, corruption, manque de concertation. L’influence de la catastrophe sur la société acihaise n’est cependant pas encore mesurable dans sa totalité, elle ne le sera que qu’une fois les phases de réhabilitation et de reconstruction totalement terminées. Ces phases apparaissent d’autant plus primordiales que le 15 août 2005 le gouvernement indonésien et le GAM ont signé un accord de paix à Helsinki, mettant fin à près de trente années de conflit. Le gouvernement indonésien a accordé à la province le droit d’établir des partis politiques locaux, ce que la constitution indonésienne interdit en principe, et Irwandi Yusuf, un ancien membre des services de renseignements du GAM, a été élu comme gouverneur de la province en décembre 2006. Un nouvel équilibre politique semble ainsi se dessiner, il reste maintenant aux autres secteurs à suivre.

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