Victor Hugo et l’océan dans « Les Travailleurs de la mer » : une lecture géographique
Louis MARROU
Professeur université la Rochelle
Article complet
L’ouvrage « Les Travailleurs de la mer » fait partie des romans « maritimes » de Victor Hugo. Il raconte une fabuleuse histoire d’amour entre Gilliatt, une jeune insulaire, les îles Anglo-Normandes et la Manche. Les « travailleurs » de la mer sont, sous la plume d’Hugo, essentiellement les marins qui assurent les liaisons entre l’archipel de La Manche (Channel Islands) et les côtes françaises (Saint Malo). C’est surtout Gilliatt, une sorte de forcené solitaire qui va lutter plusieurs semaines, seul, au milieu des flots pour tenter de sauver un navire donné comme perdu, abandonné sur un écueil.

Pour le géographe, l’intérêt du roman repose sur la description des états de la mer. V. Hugo se fait marin, océanographe, insulaire. La mer vit sous sa plume par temps de tempête ou sous un épais brouillard. C’est aussi une description des métiers de la mer, ceux dont la tâche est de relier les hommes, d’une côte à l’autre, d’un port à l’autre. La date d’écriture du roman rend cette fresque passionnante. La traction à vapeur s’immisce dans des mouvements maritimes de tout temps dominés par les tenants de la marine à voile. La concurrence est rude, les intérêts divergent, le progrès divise. V. Hugo se fait enfin géographe du terraqué comme dans ce premier chapitre ajouté sur « L’archipel de la Manche ». Sa description englobe toutes les facettes de ce groupe d’îles tombés entre la France et l’Angleterre et sur lequel Hugo observe, la France et les temps qui changent.


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