PROTECTION CONTRE LA MER OU REPLI STRATéGIQUE
quelleS stratÉgieS FACE AUX RISQUES D’éROSION - SUBMERSION CÔTIERE ?

Catherine MEUR-FEREC
Professeur Université Bretagne
Valérie MOREL
Maître de conférence Université Artois
Article complet
Les côtes sont animées par une dynamique particulièrement active, résultant de processus naturels qui leur confèrent une mobilité intrinsèque, parfois exacerbée par les actions humaines. En outre, l’accélération contemporaine de la remontée du niveau relatif des mers et des océans laisse prévoir l’accentuation de cette mobilité.

Or, lorsqu'elle entre en résonance avec les enjeux des sociétés, cette dynamique côtière devient source de risques. D’une part, le trait de côte tend à reculer vers les terres, d’autre part, les installations humaines se concentrent toujours plus près de la mer. L’évolution naturelle et l’occupation humaine des rivages ont ainsi abouti au cours du siècle passé à un prévisible "télescopage". Ces dynamiques convergentes sont à l’origine de l’émergence, puis de la multiplication des risques liés à la mobilité du trait de côte, qui tendent à se généraliser sur la plupart des littoraux urbanisés du monde.

Aujourd'hui, les cas critiques de constructions détruites par l'érosion ou la submersion restent encore exceptionnels sur le littoral français, mais ils sont appelés à se multiplier puisque la densification des installations en bord de côte n'a pas pu être arrêtée par les politiques d'aménagement du littoral. Il y a donc urgence à réfléchir à une stratégie à long terme, offrant plusieurs options selon les caractéristiques des espaces considérés.

Des exemples seront développés en France métropolitaine (Nord-Pas-de-Calais, Languedoc-Rousillon) et en Guyane française.

Malgré tout un dispositif d'acteurs et d'outils, et une doctrine générale assez clairement établie, la gestion des risques côtiers en France pose de nombreux problèmes sur le terrain. On constate que, dans la pratique, des freins voire des blocages nuisent à une gestion durable du rivage. Ces obstacles tiennent beaucoup aux « coups partis », ces constructions réalisées sans soucis de durabilité et dont la protection contre la mer pose aujourd’hui question. En ce qui concerne la prévention, et donc l’avenir et les générations futures, les difficultés viennent principalement des divergences d'échelles spatio-temporelles dans la prise en compte des risques, de l'imbrication de problématiques impliquant l'intérêt général et les intérêts particuliers, et donc finalement des difficultés d'articulation entre le local et le global.

Quoi qu’il en soit, et que l’on s’oriente, suivant les cas, vers le renforcement de la défense contre la mer ou le repli stratégique, la reconnaissance des côtes comme territoire à risques est un point essentiel à toute politique de prévention et de gestion raisonnée.


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