Les vendéens et la mer : la course du Vendée Globe,
une déclinaison maritime du modèle vendéen d’innovation ?

 Jean RENARD
Professeur émérite, Université de Nantes
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La multiplication des courses au large depuis moins d’un demi-siècle a fait redécouvrir la mer au grand public et donc la géographie de ce qui couvre les deux tiers de notre globe. C’est là un phénomène de société dont les géographes ne sauraient se désintéresser.

Parmi ces courses, le tour du monde, en solitaire et sans escale, sur des bateaux de jauge identique (monocoques de 60 pieds), est la dernière aventure, sans doute en est-elle la plus prestigieuse par sa démesure.

Cette course mythique en est à sa sixième édition et son succès ne se dément pas. Elle constitue le dernier avatar des relations entretenues entre la mer et les vendéens.

L’intervention se propose d’examiner l’histoire de la course, l’origine des participants, coureurs et sponsors, les difficultés des organisateurs successifs, les multiples incidents, voire accidents, liés au parcours suivi, du golfe de Gascogne aux quarantièmes rugissants et cinquantièmes hurlants, via les Açores, le pot au noir, l’anticyclone de Sainte-Hélène, les mers du sud autour du continent Antarctique, le cap Horn et la remontée le long des côtes du Brésil.

L’intervention insistera surtout sur les nombreux liens tissés entre la course et l’économie du département de la Vendée, et plus globalement de la façade atlantique de notre pays.

L’analyse des retombées médiatiques (plus de mille journalistes accrédités au dernier départ) sur la station balnéaire des Sables-d’Olonne ; la mobilisation des industriels du département et des régions voisines, ainsi que de toute la filière nautique de la « sailing valley » de Brest à la Rochelle en tant que sponsors ; la promotion des ports et des chantiers navals de plaisance de la façade atlantique ; la stratégie de communication mise en œuvre par les élus du Conseil général ; la ferveur populaire entretenue par de multiples canaux (presse régionale, écoles, village vitrine installé dans le port de plaisance) ; les défis technologiques tant dans la conception des bateaux que dans la connaissance des conditions météorologiques et de la position des concurrents,  seront les différents aspects examinés au travers de cette conférence (ou autre formule en fonction des vœux du conseil scientifique du FIG).

La Vendée littorale est désormais connue, appréciée et visitée, non plus pour ses marins pêcheurs et ses conserveries, ses plages et ses grands ensembles immobiliers, mais tout autant sinon plus par les courses au large dont la course du Vendée Globe est le flambeau. In fine on devra s’interroger afin de savoir s’il ne s’agit pas là de la dernière expression du modèle vendéen d’innovation, dans sa version littorale, et dont les traits et caractéristiques ont été rappelés il y a peu par Jean Robert Pitte dans la préface d’un ouvrage consacré au « Succès du bocage ».


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