L’océan sous pression :
quel avenir pour l’homme ?

Philippe VALLETTE
Directeur Général de NAUSICAA
Co- Président du Réseau Océan Mondial


Résumé
A. Le fonctionnement de notre planète bleue


Tous les océans communiquent entre eux ; en fait, il existe un seul Océan mondial qui couvre près des trois quarts de notre planète. Et la France a une responsabilité particulière dans la gestion de la Planète Bleue. En effet, son territoire maritime est le deuxième du monde après celui des Etats-Unis.


Ce monde aquatique d’une profondeur moyenne de 3 800 m, en trois dimensions, et d’une densité supérieure à celle de l’air est en mouvement perpétuel. Les grands courants parcourent le globe en surface, mais aussi en profondeur. Au cours de ses déplacements, l’Océan échange en permanence des gaz, de l’eau et de la chaleur avec l’atmosphère et les continents. Il joue donc un rôle majeur dans la machine climatique planétaire et il détermine les conditions qui règnent à la surface de la Terre. Ainsi, l’Océan est à la base du système qui permet la vie sur notre planète.


L’océan régule les températures terrestres et le cycle de l’eau. La formidable quantité d’énergie provenant du Soleil se répartit à la surface du globe. L’océan possède une grande inertie thermique : il absorbe et restitue l’énergie solaire très lentement, constituant ainsi un immense réservoir de chaleur dont la capacité de stockage représente 1200 fois celle de l’atmosphère. L’eau emmagasine de la chaleur au niveau des tropiques et la restitue à l’atmosphère dans les hautes latitudes, modérant les variations de température à la surface du globe. Il limite aussi le réchauffement en stockant le gaz carbonique émis par les activités humaines. 27 % des émissions anthropiques de CO2 sont absorbées par l’Océan.


L’année 2010 sera l’année de la biodiversité dans le monde. Qu’en est-il de la biodiversité marine ? Aujourd’hui, seules 230 000 espèces ont été répertoriées dans tous les océans de la planète, or, selon les spécialistes, le milieu océanique abriterait entre un et dix millions d’espèces ! 2 % seulement des très grands fonds marins ont été explorés, et on ne sait presque rien de la faune abyssale.


Certains écosystèmes marins, comme les régions d’upwellings, les récifs coralliens ou les zones humides littorales, possèdent une biodiversité et une productivité exceptionnelle. Cette réserve de vie océanique est une source de nourriture essentielle pour de nombreuses populations dans le monde qui tirent la majeure partie de leurs protéines animales des produits de la pêche.


En plus de la production de ces ressources, les écosystèmes marins assurent un certain nombre de services écologiques. Le phytoplancton qui produit plus d’oxygène que toutes les forêts terrestres réunies et qui fixe le carbone par le processus de la photosynthèse influence la composition de l’atmosphère. Les espèces vivantes et les écosystèmes contribuent à dépolluer l’eau et les sédiments. Ainsi, les zones d’estuaires jouent un rôle dans l’épuration des eaux continentales. Des animaux comme l’holothurie ou l’arénicole nettoient le sable en se nourrissant des particules organiques qu’il contient. Les espèces marines jouent également un rôle dans le maintien des sols le long du littoral. Les mangroves et les récifs sont un rempart contre les vagues qui assaillent le littoral, les végétaux fixent les plages et limitent leur érosion, les barrières récifales et les forêts de mangrove protègent les îles contre l’assaut de la mer lié à la montée des eaux et protègent les côtes lors des ouragans…


Cette biodiversité joue un rôle essentiel dans l’équilibre écologique global de la planète : plus elle est importante, plus le milieu marin sera résistant aux perturbations comme le réchauffement climatique et plus il sera apte à jouer son rôle de régulateur dans la machine climatique mondiale. Cette capacité de résilience est essentielle pour maintenir la capacité de l’océan à résister aux changements importants dus aux activités humaines, notamment le changement climatique.


B. L’homme et l’océan


Aujourd’hui, l’un des bouleversements majeur auquel doit faire face la planète est celui du réchauffement climatique. D’ici à 2100, un accroissement de température entre 1,8 et 4°C est prévu selon les modèles. Une étude du MIT publiée en mai 2009 évoque même la probabilité d’une hausse de la température moyenne à la surface de la Terre de 5,2°C ! C’est une perturbation majeure de l’ensemble du milieu naturel à laquelle nous devons nous préparer. Le milieu océanique s’est déjà réchauffé jusqu’à 3 000 m de profondeur.

Déjà la répartition des espèces se trouve perturbée : certaines se déplacent vers des latitudes plus froides, d’autres gagnent des zones plus profondes, d’autre encore s’adaptent ou disparaissent. L’accroissement du CO2 absorbé par les eaux augmente aussi l’acidification de l’océan et des organismes comme les coraux, mais également les coquillages, ou même le phytoplancton, ne peuvent plus édifier leur squelette calcaire ; des écosystèmes entiers sont ainsi menacés.



L’eau est également un enjeu important auquel l’homme doit faire face. La quantité d’eau disponible pour les fonctions vitales des êtres vivants est limitée sur terre. Seul 0,001 % de toute l’eau sur terre est facilement utilisable par la biosphère et par l’homme ! Actuellement, 25 % de la population mondiale manque d’eau, et 40 % ne possède pas de système d’épuration. L’océan, par son rôle primordial dans le cycle de l’eau est un acteur majeur de l’équilibre hydrique sur la planète.


Mais il n’est pas l’abri des pollutions de toute sorte, loin de là ! Comme le reste de la planète, il subit de plein fouet les atteintes à l’environnement, car il est le réceptacle de toutes nos activités. 80 % de la pollution marine est d’origine terrestre. Ces polluants proviennent parfois de très loin à l’intérieur des continents. Ils sont transportés par l’eau ou l’air. Les bassins versants collectent les eaux des rivières et les eaux de ruissellement qui se déversent dans l’océan. Et les vents emportent les substances toxiques émises dans l’atmosphère qui voyagent sur de grandes distances avant de se déposer sur le sol ou en mer. Emportés par les courants, ces polluants voyagent au bout du monde … Et cette pollution souvent invisible a un impact sur les milieux marins, mais aussi sur la santé humaine : les maladies causées par la pollution des eaux côtières coûtent chaque année 13 milliards de dollars !



Près de 150 « zones mortes » existent dans l’océan mondial, soit deux fois plus qu’en 1990. Leur formation est liée à l’arrivée massive d’engrais et de polluants chimiques dans l’océan par le biais des rivières. Très pauvres en oxygène, ces régions sont désertées par les poissons et autres espèces marines. Même les abysses, ne sont pas à l’abri de nos déchets. Des millions de déchets en plastique, en verre, ou autre matériaux s’accumulent au fond des mers. Dans les eaux froides et obscures des abysses, ils se dégradent difficilement et peuvent subsister pendant plusieurs centaines d’années !



Une histoire d’eau : de la rivière à l’Océan, tout va à la mer.


En 2003, Jean-Michel Cousteau entreprend une expédition sur la lointaine île de Kure – dans les îles du nord-ouest d’Hawaï. Des paysages magnifiques, une faune extraordinaire et un parfum de « bout du monde »…Mais l’expédition révèle des surprises inquiétantes… certains rivages d’îlots isolés sont jonchés de milliers de déchets en plastique provenant du monde entier … cette région est une zone de convergence des courants et se comporte comme une « autoroute » de la pollution pour tout le Pacifique Nord. Ces débris en plastique sont couverts d’œufs de poissons et les albatros les avalent puis les régurgitent dans le bec de leurs poussins qui en meurent. La pollution n’a ni nationalité, ni frontière…


Les côtes, à l’interface de la terre et de la mer, sont particulièrement exposées aux dégradations liées aux activités humaines. Une grande partie de nos activités sont concentrées sur le littoral qui abrite les trois-quarts des plus grandes villes du monde ! C’est là que vit environ la moitié de la population humaine. D’ici environ 30 ans, cette population va doubler.


La pression due à la pêche, le trafic maritime, l’urbanisation, le tourisme, le développement d’installations industrielles est déjà trop forte, mais elle va encore s’intensifier. Pourtant, les zones côtières sont les régions où se concentre 90% de la vie marine



C. Gérer l’océan et ses ressources


Globalement, le poisson a assuré à plus de 2,9 milliards de personnes au moins 15 pour cent de leur apport en protéines animales. La production officiellement débarquée plafonne à 85 millions de tonnes depuis quelques années. En effet, 80 % des stocks de poissons sont exploités au maximum ou surexploités. Et pourtant, les pêches et l’aquaculture, que ce soit de façon directe ou indirecte, jouent un rôle essentiel dans les moyens d’existence de millions de personnes dans le monde. Selon la FAO, en 2006 on estime que 43,5 millions de personnes se livraient directement à la production de poisson, et que 4 millions d’autres personnes s’y livraient de manière occasionnelle.


Les premières constatations de surexploitation datent d’il y a plus de 50 ans. Dés 1946, on s’inquiète de la surexploitation des ressources en mer du Nord. En 1972, l’une des premières pêcheries du monde, celle de l’anchois du Pérou, s’effondre brutalement, suite à la conjonction d’un événement climatique - El Niño - et d’une forte exploitation. La morue de l’Atlantique Nord-Ouest, elle, a pratiquement disparu entre 1970 et 1992. Malgré les mesures de restriction de la pêche, ses stocks ne se reconstituent pas. En effet, aucune place ne reste vacante dans un écosystème. La niche écologique de cette espèce est occupée par d’autres…


L’augmentation de l’effort de pêche et une mauvaise gestion publique peuvent contribuer à la surexploitation des ressources halieutiques. Selon un rapport publié en 2009 par le Centre d’Analyse Stratégiques français, des estimations de la Banque mondiale ont permis d’évaluer le manque à gagner par rapport à l’optimum, si les pêches étaient bien gérées. Il serait de 57 milliards de dollars, à comparer avec un produit de la pêche s’élevant à 85 milliards de dollars. Globalement, la perte annuelle serait égale à 64 % de la valeur du poisson débarqué.



L’aquaculture elle, augmente considérablement. Elle alimente déjà 30% de notre consommation de produits de la mer. Mais elle pose un certain nombre de problèmes. D’une part, les poissons et les crustacés d’élevage sont souvent nourris avec des granulés à base de poissons issus de la pêche. D’autre part, l’aquaculture a parfois des conséquences environnementales mal maîtrisées, comme celle liés à l’emploi d’antibiotiques ou à la pollution qui contamine le milieu naturel.


La vie marine et côtière a une importance économique et sociale considérable qui n’est pas seulement lié à l’approvisionnement en ressource alimentaires. Cette biodiversité est aussi une véritable banque de gènes et de molécules nouvelles pour l’industrie pharmaceutique ou chimique.

La valeur des services offerts par la biodiversité marine est également rarement prise en compte. Des calculs ont cependant été effectués pour évaluer ces services. La valeur économique d’une mangrove est évaluée entre 200 000 et 900 000 dollars par km² et par an et celle des récifs de 100 000 à 600 000 dollars par km²/an. Or, protéger un km² de récif ne coûte que 1 000 dollars par an !

L’Océan, c’est aussi de gigantesques gisements de métaux et de minéraux. L’homme exploite depuis longtemps le sel, les graviers, l’or, le diamant ou l’étain dans les eaux peu profondes. Les nodules polymétalliques riches en fer, manganèse, cuivre ou nickel qui reposent entre 4 000 et 6 000 m de fond sur les plaines abyssales intéressent plusieurs pays. Mais leur extraction ne s’est pas développée car n’est pas actuellement rentable. Les océanographes ont aussi constaté sur les volcans sous-marins du Pacifique, entre 400 et 4 000 m de fond, la présence d’encroûtements minéraux à base de cobalt qui renferment également de nombreux métaux très recherchés : titane, nickel, platine… Les dépôts de sulfures polymétalliques qui se forment autour des cheminées hydrothermales sont encore plus riches en éléments convoités par l’industrie, tels que l’or, l’argent, le cuivre, le chrome, le mercure, le plomb ou le zinc… Il faut que le prix de ces matières soit très élevé pour que l’exploitation rapporte des bénéfices. Mais quelles seraient les conséquences sur l’environnement ?




L’homme extrait depuis longtemps le pétrole et le gaz en mer. Aujourd’hui, l’océan profond est un nouvel Eldorado qui cache d’immenses gisements d’énergie suffisants pour assurer le développement d’une humanité en pleine croissance pendant des siècles… Les plates-formes offshores représentent environ 22 % des réserves mondiales en pétrole et 37 % de celles de gaz. Aujourd’hui, on extrait du pétrole à 1 650 m de profondeur dans le Golfe du Mexique et au large du Brésil. Le prix de l’or noir augmente et il devient rentable de pomper de plus en plus profond. On envisage aujourd’hui une extraction entre 3 000 et 5 000 m ! Pour s’approprier ces trésors énergétiques, plusieurs pays ont demandé une extension de leurs Zones Économiques Exclusives. Quant aux gisements d’hydrates de méthane des fonds océaniques, ils représenteraient une source potentielle de carbone deux fois plus importante que toutes les réserves connues au monde de gaz naturel, de pétrole et de charbon ! Mais leur exploitation intensive pourrait dégrader les pentes du talus continental. De plus, ces composés sont très instables ; or le méthane est un gaz à effet de serre dix fois plus efficace que le CO2 !



L’Océan représente également un intérêt stratégique, militaire et une voie de communication essentielle. 90% du transport international de marchandises s’effectue par voie des mers. Les enjeux économiques du fret maritime sont très importants. Mais la recherche d’une rentabilité maximum entraîne des risques considérables : pour les personnes, pour les navires et leurs cargaisons et pour l’environnement. Une autre menace est prise très au sérieux par l’OMI : l’invasion d’espèces étrangères par le biais du transport maritime. Chaque année, les navires qui circulent d’une mer à l’autre transportent 3 à 5 milliards de tonnes d’eau de mer de ballast contenant jusqu’à 7000 espèces marines différentes. Ces organismes une fois relâchés loin de leurs eaux d’origine, peuvent entrer en compétition avec des espèces locales et les éliminer.


Pourtant, le transport maritime est un moyen de transport relativement peu polluant par rapport au transport routier car il contribue faiblement aux émissions de gaz à effet de serre (à la tonne transportée). L’amélioration des normes du transport (âge des navires, augmentation des pétroliers à double coque) et des technologies d’extraction a permis de faire des progrès considérables en limitant le nombre et l’ampleur des accidents et des fuites, mais il reste difficile de faire appliquer  les réglementations et de remonter des chaînes de responsabilités complexes et opaques.




De tous temps, les hommes ont combattu entre eux pour la maîtrise des mers. Les pays puissants se devaient d’être de grandes nations maritimes afin d’assurer leurs routes commerciales et leur suprématie militaire sur la planète. L’océan mondial est toujours un enjeu géopolitique majeur. Si quelques pays développés tentent d’imposer leur loi sur les mers, le développement d’accords et de conventions internationales permet de réguler l’accès, la sécurité et l’appropriation de ce milieu d’une telle importance stratégique. La souveraineté d’un Etat s’étend sur ses eaux et une frange d’eau côtière de 12 milles marins maximum de large. Les ZEE, ou Zones Economique Exclusives, s’étendent jusqu’à 200 milles des côtes au moins et 350 milles au plus : les Etats peuvent en exploiter les ressources et y conduire des recherches. Elles couvrent environ 40 % de la surface océanique. Au-delà, s’étendent les eaux internationales. Le domaine maritime français, qui couvre plus de 11 millions de km2, est le deuxième du monde (après les Etats-Unis).


La mer est indispensable à la survie matérielle de l’humanité, mais pas seulement… Source d’inspiration, elle a nourri l’imaginaire et les rêves des peuples du monde. Espace de liberté, de plaisir et d’aventure, elle participe aussi à nos loisirs, à nos cultures… Pour toutes ces raisons, l’Océan joue un rôle majeur dans notre vie, même si nous habitons loin des côtes.



D. Agir pour la planète bleue


La surexploitation et la dégradation des milieux est rapide : ce n’est pas seulement les espèces, mais des écosystèmes tout entiers qui disparaissent : 30 % des récifs du monde sont très dégradés et 60% pourraient l’être d’ici 2030. 35 % des forêts de mangroves ont été coupées (jusqu’à 80 % dans certains pays). La plupart des côtes sont touchées par l’érosion. Les conséquences sont environnementales, mais aussi sociales et économiques. La pauvreté et la baisse des ressources alimentaires augmentent dans les pays du Sud.


La mise en place de zones de gestion intégrée au travers des réseaux d’Aires Marines Protégées est essentielle pour la production de nourriture et l’économie locale pour les régions côtières (estuaires, marais littoraux, mangrove, récifs, herbiers). On compte environ 4 600 Aires Marines Protégées dans le monde correspondant à moins de 0,6% de la surface des océans (2,2 millions de km2)! Par comparaison, 9% des surfaces terrestres sont protégées.


Le réseau de Large Marine Ecosystems (Grands Ecosystème Marins) permet une protection globale des zones fragiles en prenant en compte leur rôle dans la régénération de la biodiversité et des ressources vivantes dans l’ensemble de la région. Pour l’instant, une cinquantaine de pays dans le monde participent à ce projet conduit en collaboration par les Nations Unies et de nombreux partenaires comme la COI (Commission Océanographique Intergouvernementale/ UNESCO), le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) et la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration).




L’accès aux ZEE constitue souvent une importante monnaie d’échange entre nations : certains pays vendent des droits de pêche dans leurs eaux. Les Etats y instaurent des mesures de préservation et des règlementations mais les 60 % restant de la surface des océans sont soumis à une législation internationale insuffisante pour garantir son exploitation raisonnée. Pourtant c’est là que se trouvent l’essentiel des richesses vivantes, des ressources minérales et énergétiques qui excitent la convoitise de nombreux pays.



La pression sur les océans ne fait que croître. La convention sur la Pêche et la conservation des Ressources Biologiques de Haute Mer ainsi que la convention sur l’Exploitation des Espèces Migratrices ont posé les bases d’une gestion des ressources vivantes, mais ne protègent pas les grands fonds où les guyots sont ratissés par les chaluts qui détruisent les coraux et exterminent des populations entières de poissons particulièrement fragiles… La mise au point d’une convention internationale sur la pêche en eau profonde est en discussion actuellement et elle soutenue par de nombreux pays dont la France.




La Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer, qui pose un cadre juridictionnel pour l’utilisation, l’exploitation et la préservation des océans et de leurs ressources née en 1982 est entrée en vigueur en 1994. La plupart des pays l’ont signé et chaque année se tient à l’ONU un processus consultatif informel sur le droit de la mer.

Aujourd’hui, les instances intergouvernementales militent pour la mise en place d’une gouvernance de l’océan. Seule une gestion trans-sectorielle et internationale peut être efficace à long terme, comme par exemple la Politique maritime intégrée adoptée l’année dernière par la Commission européenne.



Mais la sauvegarde du milieu marin n’est pas exclusivement une affaire de spécialiste ou celle des habitants du littoral. C’est notre affaire à tous. D’où l’importance d’informer et de sensibiliser le grand public. Car ce sont les citoyens qui consomment, agissent chaque jour et élisent les décisionnaires. La mise en place d’un mouvement mondial, comme le Réseau Océan Mondial, qui rassemble des institutions et organisations en contact avec le public, a pour objet de faire changer les comportements individuels, et ainsi d’agir massivement et globalement



La préservation de l’Océan mondial passe aussi par plus de moyens pour la recherche publique, et davantage d’implication des entreprises privées. L’information transmise au public -mais aussi aux décideurs politiques qui doivent prendre des décisions - doit être utile et pertinente ce qui exige une meilleure compréhension des mécanismes de la vie dans l’océan ; le secteur privé a aussi un rôle à jouer dans les décisions de gestion du patrimoine maritime qui doivent être prises. Le Forum global pour les océans, côtes et îles rassemble tous les acteurs impliqués.


Partout dans le monde, de grands progrès ont été réalisé ces dernières années au niveau de la préservation de l’ensemble de l’Océan mondial que soit au niveau de la gestion internationale de la pêche, la protection du littoral, l’augmentation de la sécurité en mer, ou encore la diminution des émissions polluantes pour de nombreux produits dangereux…. La prise de conscience récente de l’importance, mais aussi de la fragilité du milieu marin a permis d’entreprendre ces efforts importants pour l’avenir de la Planète Bleue. Mais ce n’est que très récemment que les politiques ont commencé à prendre en compte la nécessité d’une approche globale, international qui intègre tous les secteurs d’activité liés à l’Océan. Les hautes mers et les grands fonds sont encore trop peu protégés, les problèmes d’environnement majeur comme le réchauffement sont également particulièrement inquiétants.


Pourtant il y a urgence. Les décisions qui seront prises dans les années à venir pour gérer, l’Océan mondial, patrimoine commun de l’humanité seront déterminantes pour les générations futures. Nous sommes tous Citoyens de l’Océan et nous pouvons tous agir pour que la mer continue à nous assurer une planète habitable demain.







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ffs