EXPOSITIONS SCIENTIFIQUES

Béatrice COLLIGNON,
Responsable des expositions scientifiques, 1997-1999

et Valérie GELÉZEAU
Responsable des expositions scientifiques à partir de 2000

 

L'article complet

Depuis la création du FIG, les Expositions scientifiques sont un des lieux privilégiés de la rencontre entre le grand public et la communauté des géographes, car elles proposent une vitrine didactique de la recherche en géographie, dans son foisonnement, sa richesse et sa diversité.

Les posters, qui accordent une grande place à l’iconographie, permettent par ailleurs d’initier le grand public et les scolaires à des outils essentiels de la géographie, souvent mal connus et moins privilégiés dans les conférences, débats et tables rondes. Aisément accessibles à tous, ils permettent la compréhension de phénomènes parfois complexes. L'espace bi-dimensionnel des panneaux permet d'échapper à la linéarité, nécessaire mais artificielle et parfois trompeuse, des discours que l'on peut lire ou entendre. Chacun d'eux constitue une unité de lecture et peut se lire indépendamment des autres, mais participe aussi à la construction du sens global des expositions.

Les matériaux présentés peuvent apporter aux enseignants du secondaire et du supérieur l’illustration d’un cours, la matière d’un TD, l’idée d’une sortie de terrain, tout en concrétisant le volet pédagogique du travail de recherche par la valorisation directe de travaux de première main. Certaines des expos présentées en 1999 feront d’ailleurs l’objet d’un “Document IG” dans de prochains numéros de L’information Géographique.


La nature apprivoisée… du jardin au grand parc naturel


Le laboratoire Espace et Cultures développe une approche, à différentes échelles et sur tous les continents, de la relation entre l’espace et la culture des sociétés. Politiques d'aménagement, de protection et d'embellissement de la nature, sont révélatrices des modalités variées de cette relation. Les parcs nationaux marins, en Europe comme au Canada, symbolisent ce nouvel état d'esprit accordé à la protection de la nature. Á une autre échelle, l’aménagement d’une forêt historique largement modelée par l'homme (Fontainebleau) donne tout son sens à la notion de protection de la. Á Boston, l’organisation en réseau des parcs forme un véritable système, par lequel s’établit à la fois le lien avec la campagne environnante et la circulation dans un environnement naturel à l'intérieur de la ville. Enfin, la pratique des jardins se manifeste dans toutes les sociétés. En France, les usages des parcs et des jardins publics constituent une clé de lecture pour une meilleure compréhension des sociétés qui produisent et utilisent ces espaces de liberté et de rêve ; en Corée du Sud, le jardin de Piwòn, au cœur de Séoul, est un merveilleux exemple de nature poétique préservée, où l'aménagement d'un jardin secret renvoie au symbole de l'harmonie universelle. (+2 photos)

Laboratoire Espace et Cultures (CNRS/Université Paris IV)

Coordonateur : Francine Barthe.


Le banal aboli ou la reconnaissance des lieux de petite nature


Ilots boisés, mares, nature en ville, partagent une certaine trivialité environnementale par leur caractère de nature ordinaire. Or, leur importante biodiversité, leur dispersion spatiale, leur perception sociale dénuée de tensions, en font un formidable laboratoire de recherches en environnement. Ces entités, jusqu’à présent délaissées, se révèlent des sources de savoir indispensables pour expliquer des phénomènes aux dimensions plus amples.

Intégrés dans une démarche multi-échelle ouverte, les données issues du terrain ou de l’imagerie numérique (photographies aériennes, images satellitale, radar et hyperspectrale), associés aux derniers outils informatiques permettent une vision plus large de l’objet d’étude et d’aboutir à la simulation animée d’un paysage virtuel. Celle-ci devient un outil d’aide à la décision et à la gestion territoriale.

La connaissance de la “ Nature ” ne peut plus se passer de celle de son contexte environnemental et la Géographie en mesure toutes les dimensions. Ainsi, la confrontation entre des objets ordinaires et des techniques d’analyse d’images perfectionnées montre que l’étude fine des plus petites entités, situées entre nature et culture, reste plus que jamais nécessaire. (+1 figure)

Centre de Biogéographie-Ecologie (CNRS/ENS)

Coordonateur : Marc Galochet.


L'impact des orages en milieu urbain

Les orages, dont les menaces sont bien connues (foudre, grêle, etc), s’accompagnent souvent de précipitations intenses qui peuvent avoir des conséquences désastreuses, comme à Nîmes en 1988 ou à Vaison-la-Romaine en 1992 (plus de 3 mm par minutes et plus de 100 mm par heure). Ces phénomènes météorologiques de forte intensité sont rares : il tombe, en moyenne, une fois tous les 20 ans des précipitations de 200 mm par 24 heures, dans les régions montagneuses du Sud-Est de la France, et de 80 mm par 24 heures dans le Nord, comme en région parisienne.

Les effets des pluies orageuses sont pourtant en nette augmentation en France, surtout en milieu urbain et y compris, ce qui est un paradoxe, dans le Nord. Des orages d’intensité même modeste, comme celui qui s’est abattu sur la région parisienne le 30 mai 1999, provoquent des inondations, des glissements de terrain, des phénomènes d’érosion. L’urbanisation est souvent un facteur aggravant des risques orageux, car la multiplication des surfaces imperméables ne facilite pas l’évacuation des eaux de ruissellement. Des inondations originales surviennent alors dans des secteurs qui échappent aux crues hydrologiques naturelles. Le ruissellement urbain s’accompagne aussi de l’engorgement des réseaux d’épuration des eaux usagées et de l’augmentation de la pollution des cours d’eau menaçant les ressources en eau potable.

L’orage survenu le 30 mai 1999 en région parisienne est un cas typique, a priori peu exceptionnel du point vue climatique, ayant entraîné des dégâts considérables et des victimes (3 morts, 12 blessés, 110 000 foyers privés d’élecricité, 120 km de bouchons), malgré les dispositifs d’alerte et de prévision-prévention. La démarche géographique, en analysant des complexités spatiales, en milieu fortement urbanisé, et des interdépendances qui lient les contraintes naturelles et les sociétés humaines, permet d’expliquer l’ampleur des conséquences de ces événements.

Pierre Pech

Laboratoire de géographie physique (CNRS/Université de Paris I)


Et si l'eau venait à manquer ?


L’eau, élément indispensable à la vie, est une ressource abondante à la surface de la Planète Bleue : 1,7 milliards de Km3, partagés entre eaux océaniques, eaux glacées et eaux continentales, constituent le réservoir dans lequel plusieurs milliards d’hommes puisent sans aucune sagesse. Qu’elle soit renouvelable ou fossile, elle est très inégalement distribuée et ne se trouve pas toujours là où les hommes en ont besoin.

L’eau malgré son abondance risque-t-elle de manquer ?

Au Sahara en particulier, des stocks d’eaux fossiles, constituent des réservoirs aquifères essentiels. Non renouvelables, ces eaux ne sont pas inépuisables et méritent la mise en place d’un dispositif de préservation afin d’éviter le gaspillage actuel.

La stratégie de la gestion de l’eau et de son partage, source de conflits, est un enjeu politique majeur. (+ 1 carte)

Laboratoire PRODIG (CNRS/Paris I, IV, VII)

Coordonateur : André Simonin,


L’écosystème corallien : entre nature et sociétés


Longtemps considérés comme des écosystèmes éminemment fragiles, sensibles aux perturbations naturelles et aux agressions anthropiques, les édifices coralliens font pourtant preuve, dans le temps, d’une robustesse exceptionnelle si l’on considère qu’ils ont, non seulement survécu mais évolué pendant plus de 250 millions d’années.

Cependant la plupart des récifs coralliens bordent des pays aujourd’hui en voie de développement et, dans ce contexte, de nouvelles contraintes pèsent sur leur stabilité et leur développement. L’accroissement de la pression démographique, conjuguée à des aménagements littoraux aux conséquences parfois mal évaluées, les menacent lourdement. A l’échelle de la planète, leur situation est désormais critique : on estime que 10% des récifs sont irrémédiablement condamnés.

Des études approfondies et appliquées, en assurant une meilleure compréhension du fonctionnement des écosystèmes récifaux, permettent d’améliorer leur gestion et, en retour, de préserver les enjeux socio-économiques cruciaux des régions concernées. Les chercheurs s’intéressent aussi aujourd’hui aux récifs coralliens parce qu’ils sont des témoins des caractères environnements passés et contemporains. Les informations qu’ils “ mémorisent ” constituent, entre autres, des outils de prédilection pour l’étude des échanges entre l’atmosphère et l’océan aux latitudes intertropicales, échanges essentiels à la compréhension de la dynamique climatique terrestre.

Frédéric Bessat

Université de Paris IV/CEA


Titres des autres expositions présentées au FIG 1999 :

“ Environnement et Aménagement : interactions sociétés/natures ” (Laboratoire LADYSS - CNRS/Universités Paris I, VIII, X) ; “ Environnement, Paysage et Aménagement : une approche géographique ” (Association des géographes de Franche-Comté ) ; “ Géographie du développement durable… et géographie politique de l'environnement ” (Laboratoire ERMES-IRD et DEA éTÉS, Orléans).

 

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 99