FORÊT ET FILIÈRE BOIS, DE LA RÉORGANISATION STRUCTURELLE AU DÉVELOPPEMENT DE L'ACTIVITÉ SYLVICOLE.

François BROTTES


député de l’Isère, est président du groupe d’études sur la forêt, le bois, le meuble
et l’ameublement à l’Assemblée Nationale.

 

L'article complet

Dans notre pays, la superficie forestière a doublé depuis le XIXème siècle, la diversité des essences est soigneusement maintenue par des générations de forestiers et la multifonctionnalité est parfaitement assimilée, les forestiers français pratiquant pour ainsi dire la multifonctionnalité comme Monsieur Jourdain faisait de la prose...sans le savoir.

Dès lors, quels sont les points qui nous amènent à considérer qu’il y a une certaine urgence à réorganiser les structures forestières actuelles ?

D’abord, il convient de rappeler que parler de forêt, sans parler à la fois de l’ensemble de la filière bois et des attentes environnementales des populations, relève d’une vision restrictive, qui ne peut que porter tort à l’ensemble des acteurs de ce secteur. Il est même indispensable de renverser l’ordre établi en la matière. C’est en effet en partant d’abord des besoins de l’aval pour ensuite remonter vers l’amont, que nous pourrons envisager d’établir un constat et de réorienter les objectifs de ce secteur.

Ensuite, nul ne peut ignorer désormais que la filière forêt-bois française ne peut que se situer dans un cadre international. Cette lecture nous amène à constater deux points essentiels. Premièrement, la balance commerciale du secteur est globalement déficitaire. Deuxièmement, les enjeux environnementaux à l’échelle de la planète doivent être pris en considération, et clairement explicités, de façon à éviter, face à la déforestation sans scrupule qui affecte certaines régions du monde, tout amalgame entre ces pratiques condamnables et une augmentation des prélèvements parfaitement compatible avec la ressource disponible, comme c’est le cas en France.

Dès lors, ce double éclairage nous amène à nous poser la question de la réorganisation de la filière comme un défi à relever au plus vite pour développer harmonieusement ce secteur en stimulant ses atouts.

Ceci implique deux actions très complémentaires.

Du côté du « très aval », à savoir des consommateurs de bois, il s’agit de faire en sorte que la différence soit clairement établie entre le bois lié à la déforestation et celui provenant de forêts gérées de façon durable. Un système doit donc être trouvé pour identifier l’origine des produits mis à la disposition du consommateur final, ce qui implique également des efforts à faire en matière de traçabilité, en vue d’une labellisation normalisée, reconnue et efficace.

Du côté du « très amont », une règle du jeu, commune mais adaptable à chaque massif forestier, et donc respectueuse des spécificités de chaque type de forêt existant en France, doit être prioritairement établie. Cela exige que la nécessité d’une certification de nos forêts soit acceptée par tous, afin que sa mise en œuvre puisse se faire dans le cadre d’une concertation permanente entre les différents acteurs du secteur et des territoires concernés ; les pouvoirs publics devront jouer tout leur rôle en la matière, en inscrivant leur démarche dans le contexte international, avec notamment le lancement du Pan European Certification Council.

Après le rapport Bianco, les éléments positifs du budget 2000, la charte Construction-Environnement-Bois, le décret loi sur l’air et la future loi de modernisation forestière sont autant d’éléments convergents qui permettront de réussir à concilier une gestion forestière durable avec la compétitivité de la filière.

 

Haut de la page 

Retour au menu général

 Actes 99