NATURE, GÉOGRAPHIE, ENVIRONNEMENT.

ENSEIGNEMENT DE LA GÉOGRAPHIE ET NATURE

Yvette VEYRET

Professeur à l'Université Paris 7

Résumé par Christophe Clavel

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1.  La géographie enseignée : du naturalisme à l’environnement.

    a) La géographie naturaliste.

    Au XIXème siècle, la géographie est la science qui étudie l’homme et la société dans le milieu physique, considéré comme le facteur majeur. C’est le temps du déterminisme. Cette situation perdure jusque dans les années 1970. Programmes et manuels de l’enseignement secondaire reflètent cette " géographie à tiroirs " : relief, climat, végétation, population, géographie rurale, géographie urbaine…

    b) La géographie sans milieu.

    Puis vient la rupture. La société technoscientifique issue des Trente Glorieuses se croit capable de dominer la nature. On traite désormais de l’espace, et non plus du milieu, qui tend à disparaître des manuels. La géographie s’ancre dans les sciences sociales.

    c) La géographie : une science sociale qui utilise des données physiques.

    En même temps, des mouvements écologistes insistent sur les relations nature/société, mais envisagées seulement à travers les catastrophes, les effets négatifs des sociétés sur le milieu. A partir des années 1980, l’analyse environnementale trouve sa place dans la géographie.

     

2. Les données physiques dans l’analyse géographique.

    a) Le milieu comme ressource, contrainte ou risque.

    Les facteurs essentiels de l’organisation de l’espace terrestre et de la transformation des paysages sont à chercher dans les actions multiples des sociétés humaines. Mais ces actions doivent tenir compte des caractères mêmes de la surface rugueuse de la terre. Les facteurs physiques s’analysent aujourd'hui en termes de ressources, de contraintes ou de risques pour les sociétés. Tout aménagement suppose la compréhension des données physiques, pour s’y adapter ou les dépasser.

    b) Connaître le géosystème.

    La connaissance du géosystème, au centre duquel se trouve la société, est donc nécessaire. Nécessaire la connaissance du cycle de l’eau, qui doit permettre d’estimer l’importance de la ressource pour la société concernée ; nécessaire la connaissance des formes et dynamiques littorales pour comprendre leur impact sur l’aménagement des côtes et réciproquement…

    c) Des sociétés globalement moins dépendantes du milieu.

    L’analyse environnementale en géographie est ainsi une démarche systémique qui ne se réduit pas à la litanie des catastrophes écologiques véhiculée par les médias. Certes, il y a des catastrophes, mais les sociétés modernes sont également à l’origine de progrès indéniables, comme la qualité de l’eau potable ou la maîtrise économique des écarts thermiques ou pluviométriques. Quoique paradoxalement plus fragiles face à certains risques (crues, tempêtes), nos sociétés sont aujourd'hui moins dépendantes des faits de nature.

 

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